Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Jardinage

Adieu les thuyas : ces 4 haies que les pépiniéristes plantent vraiment en septembre

Publié par Elodie le 14 Août 2026 à 22:30

Le thuya, on le connaît tous : cette haie sombre et un peu triste qui borde des milliers de jardins français depuis les années 80. Sauf qu’il a un gros défaut caché.

Ses racines superficielles pompent l’eau en surface, ses branches se dégarnissent par le bas avec l’âge, et surtout, il est toxique pour les chiens et les chats qui grignotent son feuillage. Résultat : les pépiniéristes ne le recommandent quasiment plus.

Alors par quoi le remplacer, concrètement, et surtout : quand planter pour ne pas se planter ? Voici les 4 haies que les pros conseillent vraiment cette année.

Pourquoi septembre change tout pour une haie qui tient dans le temps

La règle d’or des pépiniéristes tient en une phrase : on plante une haie en automne, jamais en plein été. En septembre, le sol est encore chaud des mois précédents, mais l’air se rafraîchit et les pluies reviennent.

Cette combinaison est idéale : les racines ont le temps de s’installer avant l’hiver, sans que la plante ait à lutter contre la chaleur et la sécheresse en même temps. Un arbuste planté en septembre part avec 6 mois d’avance sur un arbuste planté au printemps.

À l’inverse, une plantation en mai ou juin oblige à arroser presque tous les jours la première année, sous peine de voir la haie jaunir puis mourir. Le calendrier de plantation après les Saints de Glace le confirme : le printemps reste possible, mais il demande bien plus d’efforts d’arrosage.

Reste à savoir quelles essences profiter de cette fenêtre. Et la première alternative au thuya n’est pas forcément celle à laquelle on pense.

Jardinière souriante devant une haie de charme

Le charme, la valeur sûre que tout le monde sous-estime

Contrairement au thuya, le charme (Carpinus betulus) est un feuillu, pas un conifère. Sa particularité : il garde ses feuilles mortes, marron et sèches, tout l’hiver, ce qui donne un effet persistant sans en être vraiment un.

Sa croissance est modérée, environ 30 à 40 cm par an, ce qui en fait une haie facile à densifier et à contenir. Il tolère très bien la sécheresse une fois installé, et surtout, il n’est absolument pas toxique pour les chats et les chiens.

Côté prix, comptez entre 4 et 8 € le plant en racines nues à l’automne, contre 12 à 20 € en conteneur. L’espacement recommandé est de 3 à 4 plants au mètre linéaire pour une haie dense rapidement.

C’est l’option la plus économique et la plus robuste du lot. Mais si vous cherchez du feuillage vraiment persistant toute l’année, il faut regarder ailleurs.

Le laurier du Portugal, l’anti-thuya par excellence

C’est LA star des pépiniéristes en ce moment. Le laurier du Portugal (Prunus lusitanica) coche toutes les cases : feuillage persistant vert foncé brillant, croissance rapide (40 à 60 cm par an), et une résistance à la sécheresse bien supérieure au thuya une fois enraciné.

Il tolère aussi le froid jusqu’à -15°C environ, ce qui le rend viable presque partout en France. Son feuillage dense forme un écran opaque en 3 à 4 ans, ce qui en fait un excellent brise-vue.

Attention toutefois : ses fruits, comme ceux de son cousin le laurier-cerise, sont légèrement toxiques en grande quantité. À réserver aux jardins où les animaux ne broutent pas le feuillage bas.

Prix moyen : 15 à 25 € le plant en pot de 40-60 cm. Espacement conseillé : 2 à 3 plants au mètre pour une haie dense rapidement.

Homme plantant un laurier du Portugal en septembre

L’osmanthus, l’option discrète que peu de gens connaissent

Moins connu que le laurier, l’osmanthus (Osmanthus x burkwoodii) a pourtant tout pour plaire : feuillage persistant compact, croissance lente à modérée (15 à 25 cm par an), et une floraison blanche discrète et parfumée au printemps.

Sa croissance plus lente en fait une haie qui demande moins de taille : une à deux fois par an suffisent, contre 2 à 3 tailles pour le laurier ou le thuya. C’est un vrai gain de temps sur le long terme.

Il résiste bien à la sécheresse une fois établi et n’est pas répertorié comme toxique pour les chiens et les chats, contrairement au thuya et au laurier-cerise. Un vrai plus pour les foyers avec animaux.

Comptez 20 à 35 € le plant, un budget plus élevé compensé par un entretien réduit sur la durée. Espacement : 60 à 80 cm entre chaque pied.

Le photinia, pour ceux qui veulent de la couleur toute l’année

Dernière option, et non des moindres : le photinia ‘Red Robin’. Sa particularité, c’est ses jeunes pousses rouge vif au printemps et à l’automne, qui contrastent avec le vert foncé du feuillage plus ancien. Une haie qui change de couleur, ça n’a rien à voir avec la monotonie du thuya.

Sa croissance est rapide, 30 à 40 cm par an, et son feuillage persistant offre une occultation efficace dès la 3e année. Il tolère bien la sécheresse et le calcaire, et n’est pas toxique pour les animaux domestiques.

Comme l’explique un article dédié, le photinia est déjà annoncé comme l’arbuste qui va remplacer massivement les haies classiques dans les jardins en 2026.

Prix : 15 à 22 € le plant en pot. Espacement : 3 plants au mètre linéaire pour un effet dense rapidement.

Couple de retraités devant une haie de photinia colorée

Le tableau comparatif pour trancher en un coup d’œil

Pour résumer, voici les 4 candidats face à face sur les critères qui comptent vraiment : croissance, prix et sécurité animale.

Charme : croissance 30-40 cm/an, feuillage marcescent (garde ses feuilles sèches l’hiver), 4-8 € le plant, non toxique, taille 2 fois/an.

Laurier du Portugal : croissance 40-60 cm/an, persistant, 15-25 € le plant, fruits légèrement toxiques, taille 2-3 fois/an.

Osmanthus : croissance 15-25 cm/an, persistant et parfumé, 20-35 € le plant, non toxique, taille 1-2 fois/an seulement.

Photinia : croissance 30-40 cm/an, persistant et coloré, 15-22 € le plant, non toxique, taille 2 fois/an.

Trois de ces quatre options sont sans danger pour les chiens et les chats. Un détail loin d’être anodin quand on sait que certains végétaux du jardin représentent déjà un vrai danger pour les animaux, sans même parler de toxicité directe.

Le geste à ne pas oublier avant de planter

Autre point que les pépiniéristes rappellent systématiquement : préparer le sol avant de mettre en terre. Une fosse de plantation deux fois plus large que la motte, enrichie en compost, change radicalement la reprise.

Pensez aussi à pailler généreusement au pied de chaque plant juste après la plantation. Cela limite l’évaporation et protège les jeunes racines des premiers frimas de novembre.

Attention également à la réglementation : tailler une haie à la mauvaise période peut coûter jusqu’à 150 000 € d’amende à cause de la nidification des oiseaux. Un point à garder en tête une fois la haie bien installée.

Dernier conseil de pro : n’arrosez pas tous les jours après la plantation d’automne. Un arrosage copieux une fois par semaine suffit largement, la pluie fera le reste du travail jusqu’au printemps.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *