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Saints de glace passés : voici semaine par semaine ce que vous pouvez enfin planter sans risque

Publié par Elsa Fanjul le 06 Mai 2026 à 10:20

Mamert, Pancrace et Servais ont fait leurs valises. Les Saints de glace 2026 sont officiellement terminés depuis le 14 mai, et avec eux la menace des dernières gelées tardives qui terrorisent les jardiniers chaque printemps. Résultat : votre potager entre dans sa phase la plus excitante de l’année. Tomates, courgettes, basilic, poivrons… Tout ce que vous avez protégé, couvé, bichonné sous abri peut enfin rejoindre la pleine terre. Encore faut-il savoir quoi planter quand, et dans quel ordre. Voici le calendrier complet, semaine par semaine, pour ne rien rater jusqu’à fin mai.

Pourquoi le 15 mai change tout au potager

Si vous avez suivi les conseils sur l’erreur classique avant le 14 mai, vos plants ont attendu sagement à l’abri. Bonne nouvelle : la patience paie. Après les Saints de glace, la probabilité de gel nocturne chute drastiquement sur la quasi-totalité du territoire français. En météorologie, on considère que le risque devient inférieur à 5 % après cette date dans les plaines et les zones littorales.

Jardinier plantant un pied de tomate après les Saints de glace

Concrètement, le sol a accumulé suffisamment de chaleur pour que les racines des plants frileux s’installent sans stress thermique. La température du sol dépasse généralement les 12-14 °C à 10 cm de profondeur — le seuil minimal pour que les solanacées (tomates, poivrons, aubergines) et les cucurbitacées (courgettes, concombres, melons) démarrent vraiment leur croissance.

Attention toutefois : certains anciens ne plantaient pas avant la Saint-Urbain, le 25 mai. En altitude (au-dessus de 600-700 m) ou dans les vallées encaissées du Massif Central et des Vosges, cette prudence reste justifiée. Adaptez le calendrier ci-dessous en décalant d’une semaine si vous jardinez en zone montagneuse.

Mais pour la majorité d’entre nous, le feu vert est donné. Et le timing est serré : chaque jour compte pour maximiser la saison de récolte. Voici comment organiser vos plantations en trois vagues successives.

Semaine du 15 au 21 mai : les impatients en premier

C’est la semaine des stars du potager, celles qui n’attendaient que ça. Les tomates passent en tête de liste. Que vous ayez des plants de cœur de bœuf, de Roma ou de cerises, c’est maintenant. Le secret d’une bonne reprise ? Enterrer le plant profondément, jusqu’aux premières vraies feuilles. La tige enterrée développe des racines adventives qui renforcent considérablement le pied.

Les courgettes suivent immédiatement. Un plant de courgette bien installé mi-mai peut produire ses premiers fruits dès la dernière semaine de juin. Prévoyez 1 mètre d’espacement entre chaque pied — ces plantes sont voraces en espace et en nutriments. La courgette reste d’ailleurs l’un des légumes les plus faciles pour les débutants : difficile de la rater.

Plantation de courgette en pleine terre avec paillage

Les aubergines rejoignent aussi la pleine terre cette semaine. Plus frileuses encore que les tomates, elles adorent la chaleur qui s’accumule dans le sol après mi-mai. Placez-les contre un mur exposé sud si possible. Le paillage au pied change radicalement la récolte en maintenant chaleur et humidité constantes.

Côté aromatiques, le basilic peut enfin sortir. Cette plante déteste les nuits fraîches — en dessous de 10 °C la nuit, il dépérit. Mi-mai, les nuits dépassent ce seuil presque partout en France métropolitaine. Plantez-le près de vos tomates : les deux s’entendent à merveille, au jardin comme dans l’assiette.

N’oubliez pas les poivrons. Comme les aubergines, ils exigent de la chaleur. La terre à 15 °C est leur minimum de confort. Les anciens attendaient un signal bien précis pour les récolter, mais la plantation, elle, c’est maintenant ou jamais pour espérer des fruits avant septembre.

Votre liste pour cette première semaine : tomates, courgettes, aubergines, poivrons, basilic. C’est déjà un potager complet. Mais la deuxième vague réserve elle aussi de belles surprises.

Semaine du 22 au 28 mai : les grimpants et les gourmands

Le sol a gagné encore quelques degrés. C’est le moment idéal pour installer les plantes qui ont besoin d’un sol vraiment réchauffé et d’une terre meuble. Les concombres arrivent en force. Semés directement en pleine terre ou repiqués depuis des godets, ils germent en 5 à 8 jours quand le sol dépasse 16 °C. Évitez simplement de les placer juste à côté des tomates : les deux plantes se disputent les mêmes nutriments et sont sensibles aux mêmes maladies.

Les haricots verts — qu’ils soient nains ou à rames — trouvent aussi leur place cette semaine. Semez-les directement en pleine terre par poquets de 5 graines. La levée est spectaculaire : en 8 jours, les premières feuilles percent. Associez-les intelligemment avec des carottes ou des pommes de terre pour profiter de leur capacité à fixer l’azote dans le sol.

C’est aussi la semaine des courges en tous genres : butternut, potimarron, pâtisson. Elles ont besoin d’un sol riche et chaud. Creusez un trou de 30 cm, remplissez-le de compost mûr, puis installez le plant. En parlant de courges, saviez-vous que la courge luffa remplace les éponges en plastique ? Originale et utile.

Les melons peuvent tenter leur chance, surtout dans la moitié sud de la France. Prévoyez un paillage plastique noir pour capter la chaleur et un voile de forçage pour les premières nuits si votre région est ventée. Au nord de la Loire, préférez les variétés précoces comme le Petit Gris de Rennes.

Côté aromatiques, ajoutez la coriandre, le persil plat (semis direct) et la ciboulette si vous ne l’avez pas encore installée. Un mot sur la menthe : plantez-la impérativement en pot enterré. Sans cette précaution, elle dévore un potager entier en quelques mois.

À ce stade, votre potager ressemble déjà à quelque chose de sérieux. Mais la dernière semaine de mai permet d’optimiser chaque mètre carré restant.

Semaine du 29 mai au 4 juin : les derniers ajustements

Pas de panique si vous avez pris du retard. La fin mai reste une excellente fenêtre pour de nombreux légumes. Les piments et piments doux supportent très bien une plantation tardive — ils produiront jusqu’aux premières fraîcheurs d’octobre. Les céleris-branches s’installent aussi à cette période.

Potager en mai avec tomates tuteurées et fleurs compagnes

C’est le dernier moment pour semer les haricots si vous ne l’avez pas fait la semaine précédente. Vous pouvez aussi tenter un semis direct de courgettes : en graines plutôt qu’en plants, elles rattraperont leur retard grâce à la chaleur de juin. Comptez 50 à 60 jours entre le semis et la première récolte.

Les patates douces, très tendance au potager depuis quelques années, se plantent idéalement cette dernière semaine de mai. Elles nécessitent un sol à 20 °C minimum pour s’enraciner correctement. Buttez-les régulièrement comme des pommes de terre classiques.

Profitez-en aussi pour remplir les espaces vides avec des fleurs compagnes comme les cosmos, capucines et soucis. Elles attirent les pollinisateurs, repoussent certains parasites et ajoutent de la couleur entre les rangs de légumes. Les œillets d’Inde, eux, font des merveilles au pied des tomates et des pommes de terre.

Les jardiniers les plus organisés penseront aussi à protéger préventivement leurs plantations des pucerons et à installer une simple soucoupe d’eau pour attirer les oiseaux auxiliaires. La prévention vaut toujours mieux que le traitement.

Les 5 réflexes qui font la différence à la plantation

Planter au bon moment ne suffit pas. Quelques gestes simples séparent un potager moyen d’un potager généreux. Premier réflexe : arroser abondamment le trou de plantation avant d’y déposer le plant. Pas après. L’eau en fond de trou attire les racines vers le bas et favorise un enracinement profond, plus résistant aux sécheresses de juillet-août.

Deuxième réflexe : pailler immédiatement. Tonte de gazon séchée, paille, feuilles mortes — peu importe le matériau. Ce geste divise par trois les arrosages, même en pleine canicule. Cinq centimètres d’épaisseur minimum pour être efficace.

Troisième réflexe : ne plantez jamais en plein soleil à midi. Préférez la fin d’après-midi, après 17 h. Le plant a toute la nuit pour s’acclimater sans stress hydrique. Les jardiniers qui plantent le matin voient souvent leurs feuilles flétrir dans l’heure — le choc thermique est trop violent.

Quatrième réflexe : pour les tomates spécifiquement, retirez les premières fleurs si votre plant en porte déjà. Contre-intuitif, mais redoutablement efficace. L’énergie se concentre sur l’enracinement plutôt que sur la fructification. Les fruits viendront plus tard, plus nombreux et plus gros.

Cinquième réflexe : tuteurez dès le jour de la plantation, pas trois semaines après quand le plant s’affale. Pour les tomates, un tuteur de 1,50 m minimum. Pour les haricots à rames, des rames de 2 m. Pour les concombres, un grillage vertical qui libère de l’espace au sol. Anticiper le tuteurage évite de blesser les racines en plantant les tuteurs trop tard.

Le récap visuel : votre mini-calendrier de plantation post-Saints de glace

15-21 mai : tomates, courgettes (plants), aubergines, poivrons, basilic. Les incontournables qui n’attendent plus.

22-28 mai : concombres, haricots verts (semis direct), courges (butternut, potimarron), melons (sud de la Loire), coriandre, menthe (en pot enterré). Les gourmands et les grimpants.

29 mai – 4 juin : piments, céleris, patates douces, semis directs de courgettes et haricots tardifs, fleurs compagnes (capucines, œillets d’Inde, cosmos). Les finitions et l’optimisation.

Ce calendrier fonctionne pour la majorité du territoire français en plaine. Si vous jardinez en montagne ou dans une vallée froide, décalez chaque phase d’une bonne semaine. Et si la météo annonce un épisode frais inattendu — ça arrive même après les Saints de glace — un simple voile d’hivernage posé le soir sur vos plants suffit à les protéger d’une nuit à 3-4 °C.

Dernier conseil, et pas des moindres : ne brûlez surtout pas vos déchets verts pour préparer le terrain. L’amende peut atteindre 750 €. Compostez-les plutôt — votre potager vous remerciera l’année prochaine. Bon jardinage, et bonne récolte cet été.

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