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Retournez vos vieilles jardinières grises avant de les casser : sans ces 2 lettres, prudence obligatoire

Publié par Elodie le 25 Sep 2026 à 10:54
Jardinière grise en fibrociment retournée sur l'herbe

Grise, rectangulaire, posée depuis des décennies au bord d’une allée : cette jardinière héritée des grands-parents ne paie pas de mine. Beaucoup s’apprêtent à la casser à la masse pour la jeter aux gravats sans se poser de question. Sauf qu’un simple coup d’œil sous le bac peut tout changer avant de sortir l’outil.

Un matériau star des années 1950 à 1990, retrouvé dans des millions de jardins

Le fibrociment a connu son âge d’or entre les années 1950 et 1990, apprécié pour sa résistance et son prix modique. On le retrouve sur les toitures, les canalisations, les bardages, mais aussi sur ces bacs à fleurs rectangulaires installés le long d’un muret ou d’une terrasse, un peu à la manière du montage de récupérateur d’eau que certains jardiniers bricolent sans se douter des risques cachés d’un matériau ancien.

Le souci, c’est que ce ciment renforcé de fibres a longtemps intégré de l’amiante, minéral prisé pour sa résistance au feu. La substance est classée cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer dès 1977, vingt ans avant son interdiction en France, entrée en vigueur le 1er janvier 1997 via le décret n° 96-1133.

Trois décennies plus tard, des millions de jardinières fabriquées avant cette date dorment encore dans les jardins français. Un bac amianté ressemble en tout point à un bac sans amiante : même gris, même texture, même poids, un peu comme certaines fissures de maison qui cachent des causes très différentes derrière une apparence identique.

Les deux lettres qui changent tout : où et comment les chercher

Face à cette incertitude, plusieurs syndicats de traitement des déchets appliquent un principe de précaution strict : tout matériau susceptible de contenir de l’amiante doit être considéré comme tel. Une seule échappatoire existe pour lever le doute sans analyse en laboratoire.

Les lettres « NT », pour « New Technology », gravées sous le bac ou sur son rebord, signalent un fibrociment fabriqué sans amiante, avec des fibres de cellulose ou de PVA en remplacement. Sans ce marquage, et surtout si la jardinière affiche visiblement plusieurs décennies, mieux vaut la traiter comme un déchet amianté, exactement comme on suivrait un protocole précis avant une installation dans le jardin.

Le marquage peut aussi avoir été effacé par des décennies d’intempéries ou apparaître sur un rebord latéral difficile à repérer. Dans le doute, l’absence totale de mention lisible équivaut à une absence de garantie : la jardinière doit être manipulée avec les mêmes précautions qu’un matériau réglementé, au même titre que certains prélèvements en forêt encadrés par la loi.

Gants, masque et sac double pour déchets de ciment

Le geste qui libère les fibres : ce qu’il faut absolument éviter

Une jardinière amiantée posée depuis cinquante ans dans un coin de jardin ne représente en elle-même aucun risque, comme le rappelle l’équilibre discret de certains recoins de nature qu’on n’a jamais besoin de perturber pour qu’ils restent inoffensifs. Les risques liés à l’amiante viennent uniquement de l’inhalation de fibres libérées dans l’air ambiant.

Le danger surgit au moment où l’on intervient physiquement dessus. Un coup de masse, un perçage, un simple frottement répété : ces gestes anodins projettent dans l’air des fibres invisibles et inodores. Ces fibres inhalées ne provoquent aucun symptôme immédiat, mais peuvent déclencher des décennies plus tard des cancers de la plèvre ou des cancers broncho-pulmonaires.

L’Ademe recommande d’éviter de casser, scier ou brosser le matériau, d’humidifier légèrement le bac, et de porter gants, lunettes et masque FFP3. Les débris se placent dans un double sac étanche portant la mention « Amiante », avant dépôt en déchèterie selon les règles fixées par chaque collectivité. Dans le Puy-de-Dôme, le Valtom limite ainsi la collecte gratuite à 150 kg par foyer et par an, soit l’équivalent de quatre jardinières.

Un bac déjà fissuré ou éclaté change toute la donne : il n’est plus considéré comme intègre et doit être pris en charge par une entreprise certifiée, son dépôt en déchèterie devenant interdit. Trente secondes pour retourner le bac et chercher les deux lettres valent mieux qu’une masse sortie trop vite. La vieille jardinière de grand-mère méritait bien ce petit détour avant le grand ménage de printemps.

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