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Cueillir les pommes du voisin qui dépassent chez vous peut coûter 45 000 euros cet été

Publié par Elodie le 27 Août 2026 à 8:03

Le jardin du voisin déborde un peu sur le vôtre, façon de parler. Ses branches de pommier passent par-dessus la clôture, chargées de fruits bien mûrs. Et là, forcément, la tentation pointe.

Après tout, si ça pend au-dessus de chez vous, c’est presque chez vous, non ? Cette idée, des milliers de Français se la font chaque été. Elle est fausse, et elle peut coûter cher.

Homme âgé tenté de cueillir des pommes du voisin

Ce que dit vraiment la loi sur les fruits qui débordent

Pommes tombées naturellement dans l'herbe du jardin

L’article 673 du Code civil est sans ambiguïté sur le sujet. Les branches qui surplombent votre jardin restent la propriété pleine et entière du voisin, tout comme les fruits accrochés dessus.

Peu importe que la branche dépasse de 10 centimètres ou d’un mètre cinquante au-dessus de votre pelouse. Vous n’avez le droit ni de couper cette branche vous-même, ni de cueillir ce qui y pousse.

C’est le même principe qui s’applique quand une branche du voisin déborde chez vous depuis des années : la propriété ne change pas avec le temps qui passe.

La règle qui change tout : posé ou tombé

Il existe pourtant une exception, et elle est simple à retenir. Dès qu’un fruit se détache naturellement de l’arbre et tombe seul dans votre jardin, il devient légalement le vôtre.

Aucune autorisation n’est nécessaire pour ramasser une pomme tombée au sol chez vous. La seule condition : ne pas avoir provoqué cette chute vous-même, d’une manière ou d’une autre.

Cette nuance, minuscule en apparence, sépare pourtant un geste parfaitement légal d’un vol caractérisé aux yeux de la loi.

Le geste qui vous fait basculer du bon côté de la loi

Secouer une branche, tirer dessus, ou utiliser une perche pour faire tomber des fruits « presque mûrs » : voilà exactement ce qu’il ne faut jamais faire. Ce geste anodin revient juridiquement à cueillir.

Et cueillir ce qui appartient au voisin, même par un moyen détourné, reste toujours considéré comme un vol par la justice.

Si le voisin s’estime lésé, il peut porter plainte. Le Code pénal prévoit alors jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende comme peine maximale pour ce type d’infraction.

Dans les faits, personne ne finit en prison pour trois pommes chapardées. Mais le juge tient compte du contexte, et une plainte peut vite pourrir une relation de voisinage installée depuis des années.

Comment transformer ce risque en bonne entente

Le plus simple reste encore d’en parler. Une autorisation écrite, ou même un simple accord verbal confirmé par message, suffit à couvrir la cueillette sans risque juridique.

Autre option qui fait ses preuves : proposer un partage de récolte. Un panier de pommes en échange de l’autorisation de cueillir change immédiatement l’ambiance entre voisins.

Si les branches débordantes deviennent vraiment gênantes, la loi permet aussi de demander au voisin de les élaguer. C’est d’ailleurs une règle méconnue sur les distances de plantation qui encadre plus largement les arbres en limite de propriété.

Les bons réflexes à adopter dès maintenant

Avant toute récolte, mieux vaut repérer précisément la limite du terrain : mur, grillage ou bornes visibles. Cela évite les malentendus, volontaires ou non.

Ensuite, on se limite strictement aux fruits déjà tombés de votre côté, sans jamais franchir la clôture pour aller chercher plus loin. La tentation de « juste ramasser » chez le voisin reste un terrain glissant.

Ces conflits de voisinage autour du jardin sont d’ailleurs monnaie courante : les litiges liés aux haies et aux limites de propriété explosent chaque année à la même période.

Voisins se partageant un panier de pommes récoltées

En résumé : les fruits tombés seuls chez vous sont à vous, ceux encore accrochés ne le sont jamais, et un simple mot au voisin évite bien des tracas. Un été sans embrouille, ça se cultive aussi.

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