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Thuyas qui brunissent : le geste gratuit des pépiniéristes avant de sortir la tronçonneuse

Publié par Elodie le 09 Sep 2026 à 9:41
Haie de thuyas brunie et dégarnie dans un jardin

Dans des milliers de jardins de lotissements français, les haies de thuyas plantées dans les années 1980 se dégarnissent et jaunissent chaque année davantage. Beaucoup de propriétaires pensent déjà à la tronçonneuse et redoutent la facture qui suit. Pourtant, avant d’en arriver là, les pépiniéristes appliquent un geste simple, gratuit, qui suffit souvent à relancer une haie qu’on croyait perdue.

Un brunissement qui panique, mais qui n’annonce pas toujours la fin

Le scénario se répète dans tous les jardins de lotissement : la haie de thuyas jaunit, se troue, et donne l’impression que tout est mort à l’intérieur. Ce type de conifère a une espérance de vie d’environ quarante ans, avec un système racinaire superficiel qui s’épuise vite dans les sols compactés.

Le plus souvent, ce brunissement révèle simplement un manque de lumière au cœur de la haie, et non une maladie. Mais une fois affaibli, le thuya devient une proie facile pour le bupreste, un coléoptère xylophage, et pour le champignon Phytophthora cinnamomi qui attaque les racines.

Là, le dépérissement dépasse le simple souci esthétique. Avant de louer une tronçonneuse ou de contacter un paysagiste, la Société Nationale d’Horticulture de France recommande d’observer et de tester l’arbre. C’est précisément dans cette logique que les professionnels commencent par un geste gratuit avant toute intervention de taille.

Le curage, ce geste gratuit qui rouvre la lumière

Le principe s’appelle le curage, et il est étonnamment physique. Les conifères comme le thuya possèdent peu de bourgeons latents sur le vieux bois, et leur enveloppe verte dense bloque la lumière, ce qui tue les aiguilles internes sans qu’aucune maladie ne soit en cause.

Le pépiniériste enfile des gants épais et frotte l’intérieur des branches pour faire tomber les écailles sèches accumulées. Ce geste ouvre des « puits de lumière » et chasse au passage les acariens qui s’y installent en silence.

Ce nettoyage se pratique fin février-mars ou début septembre, hors périodes de gel ou de canicule. Plusieurs professionnels enchaînent trois micro-interventions gratuites avant même d’envisager la moindre coupe, pour juger réellement du potentiel de la haie. C’est aussi l’occasion de vérifier les règles imposées par la mairie avant toute intervention lourde, ou de comparer avec des haies alternatives si le diagnostic tourne mal.

Mains gantées nettoyant l'intérieur d'une haie de conifères

Le test qui décide entre sauvetage et arrachage à 1 500 €

Après le curage vient l’étape décisive : couper une branche et observer le bois. Si plus de 30 % du bois apparaît sec et brun, la haie est généralement considérée comme condamnée. Arrosages massifs et engrais ne changent alors plus grand-chose.

Autre piège à connaître : le thuya ne repart jamais sur du vieux bois. Une taille trop sévère dans la zone brune crée des trous définitifs, impossibles à combler. Si le bois reste majoritairement clair et vivant, en revanche, le curage associé à une taille en trapèze, plus large à la base qu’au sommet, laisse enfin la lumière atteindre le pied de la haie, par petites touches respectant la règle des 30 % de volume vert maximum supprimé à chaque passage.

Quand les attaques de bupreste ou de Phytophthora s’installent, la marge de manœuvre se réduit fortement et l’arrachage devient inévitable. Comptez entre 45 et 75 € le mètre linéaire pour l’abattage, le dessouchage et l’évacuation, soit jusqu’à 1 500 € pour une haie de 20 mètres. Certaines communes, via leur Plan Local d’Urbanisme, financent jusqu’à la moitié de ces frais pour encourager une haie plus champêtre. Avant de replanter, une règle s’impose aussi : tout végétal dépassant 2 mètres doit être implanté à au moins 2 mètres de la limite séparative, sous peine de créer un trouble de voisinage.

Un simple frottement à mains gantées peut donc éviter une facture à quatre chiffres. Avant de sortir la tronçonneuse, mieux vaut d’abord se salir les mains. Et vous, votre haie brunit-elle déjà, ou tient-elle encore le choc ?

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