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Selon les botanistes, cette vivace plantée en juin attire les abeilles et fait fuir les moustiques

Publié par Elodie le 11 Juin 2026 à 14:29

Les moustiques reviennent, les abeilles disparaissent, et vous cherchez une solution qui ne pue pas le chimique à dix mètres. Et si une seule plante, installée en pleine terre ou en pot ce mois-ci, réglait les deux problèmes d’un coup ? Cette vivace parfumée est un aimant à pollinisateurs et un cauchemar pour les moustiques. Encore faut-il savoir laquelle choisir — et surtout comment la planter pour qu’elle tienne ses promesses.

Une plante à double casquette que les jardiniers redécouvrent

Plantation d'un pied de monarde en godet dans un jardin ensoleillé

On parle de la monarde, aussi appelée Monarda. Cette vivace originaire d’Amérique du Nord appartient à la famille des Lamiacées, la même que la menthe et le thym. Ses fleurs ébouriffées, rouges, roses ou violettes, explosent de juin à septembre.

Femme souriante touchant des fleurs de monarde rouges avec abeilles

Ce qui rend la monarde unique, c’est la composition de son feuillage. Ses feuilles contiennent du thymol et du géraniol, deux molécules que les entomologistes identifient comme des répulsifs naturels contre les moustiques. Le simple froissement des feuilles libère ces composés dans l’air ambiant.

Côté pollinisateurs, c’est le jackpot. La forme tubulaire de ses fleurs est parfaitement adaptée aux abeilles, bourdons et papillons. Une étude de l’Université du Kentucky a montré que la monarde fait partie des dix vivaces les plus visitées par les abeilles au jardin.

Autrement dit, elle attire ce que vous voulez voir et repousse ce que vous détestez entendre bourdonner à 3 heures du matin. Mais attention : toutes les monardes ne se valent pas.

Quelle variété choisir pour un vrai effet répulsif

Il existe une quinzaine d’espèces de monardes. Deux sortent du lot pour le combo anti-moustiques et pollinisateurs. La Monarda didyma, dite monarde écarlate, produit les fleurs rouges les plus spectaculaires. C’est aussi celle dont le feuillage est le plus riche en huiles essentielles.

La Monarda fistulosa, la monarde sauvage, offre des fleurs lavande plus discrètes mais une rusticité supérieure. Elle résiste jusqu’à -30 °C et tolère mieux la sécheresse. Pour les balcons, la variété naine ‘Petite Delight’ ne dépasse pas 40 cm et s’adapte parfaitement à la culture en pot.

Le piège classique ? Acheter une monarde hybride ornementale dont le parfum a été sélectionné pour l’esthétique, pas pour l’efficacité. Vérifiez toujours que l’étiquette mentionne didyma ou fistulosa. Le prix tourne autour de 5 à 8 € en godet dans les jardineries. C’est moins cher qu’un spray anti-moustiques qui dure deux semaines.

Reste à savoir où et comment l’installer pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même. Et c’est là que beaucoup de jardiniers se plantent — littéralement.

Le bon emplacement fait toute la différence

La monarde aime le soleil, mais pas la canicule sèche. L’emplacement idéal : 5 à 6 heures de soleil direct le matin, avec une ombre légère l’après-midi aux heures les plus chaudes. C’est exactement ce que proposent un massif orienté est ou le pied d’un mur exposé sud-est.

En plein sud sans protection, le feuillage grille et la plante cesse de produire les huiles essentielles qui repoussent les moustiques. L’effet répulsif disparaît avec le stress hydrique. C’est le même principe qu’avec les plantes anti-moustiques en pot : sans les bonnes conditions, elles ne servent à rien.

Le sol doit être frais mais drainé. La monarde déteste avoir les pieds dans l’eau stagnante, qui favorise l’oïdium, sa principale maladie. Si votre terre est argileuse, ajoutez une pelletée de compost et du sable grossier au fond du trou de plantation.

Pour les balcons, un pot d’au moins 30 cm de diamètre avec un fond drainant fait l’affaire. Associez-la à un géranium odorant pour multiplier l’effet barrière contre les insectes indésirables.

Planter en juin : le timing parfait (à une condition)

Juin est le mois idéal pour installer une monarde en godet. Les Saints de glace sont passés depuis un mois, le sol est réchauffé, et la plante a encore le temps de s’enraciner avant les grosses chaleurs de juillet.

La condition non négociable : arroser copieusement à la plantation, puis maintenir le sol frais pendant les trois premières semaines. Un paillage de 5 cm (paille, BRF ou feuilles mortes) réduit l’arrosage de moitié et garde les racines au frais. Selon les prévisions de Météo-France pour l’été 2026, les températures pourraient dépasser les normales dans plusieurs régions. Anticiper le paillage n’est pas un luxe.

Espacez les plants de 40 à 50 cm. La monarde s’étale par ses rhizomes, un peu comme la menthe. D’ailleurs, si vous connaissez les problèmes d’invasion de la menthe, rassurez-vous : la monarde est nettement moins agressive. Un simple coup de bêche au printemps suffit à contenir son expansion.

Comment décupler l’effet anti-moustiques

Planter la monarde, c’est bien. Maximiser son pouvoir répulsif, c’est mieux. Le secret que les botanistes rappellent sans cesse : les molécules répulsives se trouvent dans les feuilles, pas dans les fleurs. Il faut que ces molécules se retrouvent dans l’air pour éloigner les moustiques.

Le geste qui change tout : froisser quelques feuilles entre vos doigts et les disposer sur la table du dîner, ou les frotter directement sur la peau. Le géraniol contenu dans le feuillage est d’ailleurs un composant utilisé dans de nombreux répulsifs commerciaux. Certains jardiniers font aussi sécher les feuilles pour les brûler le soir en guise d’encens naturel.

Feuilles de monarde froissées sur une terrasse le soir en été

Pour créer une véritable barrière répulsive, associez la monarde à d’autres plantes complémentaires. L’agastache (une cousine à l’odeur anisée) et le basilic sacré renforcent l’arsenal olfactif. Plantées autour d’une terrasse, ces trois vivaces forment un rempart naturel bien plus agréable qu’une bougie à la citronnelle.

Et n’oubliez pas le réflexe de base : éliminer toute eau stagnante autour de chez vous. Aucune plante au monde ne compensera une soucoupe oubliée sous un pot où des dizaines de larves se développent en silence. Un contrôle hebdomadaire de 10 minutes divise la population de moustiques par deux.

Bonus : une plante qui se mange et qui soigne

La monarde n’est pas qu’un joli minois anti-moustiques. Les Amérindiens Oswego l’utilisaient en infusion bien avant l’arrivée des colons européens. Ses feuilles fraîches donnent une tisane au goût proche du thé Earl Grey — le bergamotier dont on tire l’huile de bergamote est d’ailleurs un cousin olfactif.

Les fleurs sont comestibles et ajoutent une touche colorée aux salades d’été. En phytothérapie, le thymol de la monarde est reconnu pour ses propriétés antiseptiques. Certains herboristes la recommandent en gargarisme contre les maux de gorge.

Pour les jardiniers qui cherchent aussi à attirer les oiseaux, bonne nouvelle : les graines de monarde séchées sur pied en automne nourrissent les chardonnerets et les mésanges. Une seule plante qui nourrit les abeilles en été, repousse les moustiques, parfume votre thé et régale les oiseaux en hiver — difficile de trouver un meilleur investissement à 6 € le godet.

Si vous avez un coin de jardin libre ou un grand pot sur le balcon, c’est maintenant qu’il faut agir. Dans trois semaines, les premières fleurs apparaîtront. Et les moustiques chercheront un autre jardin à coloniser.

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