27 octobre : le jour où le métro de New York a ouvert ses portes, et où Roberto Benigni est né
Un 27 octobre, un maire de New York a pris les commandes d’un train dans un costume de cérémonie. Un autre 27 octobre, une scène de théâtre a vu naître un poète qui allait boire jusqu’à en mourir. Et un petit pays alpin a décidé, d’un seul coup, qu’il ne voulait plus de sa propre armée.
Cette date regorge d’histoires qu’on ne raconte presque jamais. Certaines ont changé la façon dont des millions de gens se déplacent, d’autres ont failli faire basculer le monde.
Commençons par le plus spectaculaire : une inauguration qui a lancé une révolution souterraine.
Le jour où New York a plongé sous terre
Le 27 octobre 1904, à 14 h 35, le maire George McClellan prend les commandes d’une rame inaugurale, à l’hôtel de ville de New York. Il refuse de rendre la manette et conduit lui-même le train sur plusieurs stations.
À 19 heures, le métro ouvre au public. Dans la soirée, plus de 100 000 New-Yorkais s’y engouffrent pour un ticket à 5 cents.

Le premier tronçon relie l’hôtel de ville à Harlem, sur environ 14 km. Les stations affichent des mosaïques, des voûtes carrelées et des lustres, comme des salons souterrains.
Aujourd’hui, ce réseau compte 472 stations, un record mondial. Mais le détail le plus étonnant se trouve dans le mur de la station de l’hôtel de ville, aujourd’hui fermée au public. Pourquoi a-t-on abandonné ce joyau architectural quarante ans plus tard ?
Ce que personne n’avait prévu avec Roosevelt
Le 27 octobre 1858 naît à New York Theodore Roosevelt, futur 26e président des États-Unis. Il deviendra, à 42 ans, le plus jeune chef d’État américain de l’histoire, après l’assassinat de McKinley.
Enfant maladif et asthmatique, il se lance dans la boxe et l’exercice intensif pour se fortifier. Cette obsession du corps forgera son image d’homme d’action.
C’est lui qui lance la construction du canal de Panama et qui crée plusieurs parcs nationaux. Il reçoit même le prix Nobel de la paix en 1906, une première pour un Américain.
Et pourtant, son nom est surtout resté attaché à un objet qu’on trouve dans toutes les chambres d’enfants. Lequel ?
Le peluche qui porte son surnom
En 1902, lors d’une partie de chasse dans le Mississippi, Roosevelt refuse d’abattre un ourson attaché à un arbre. Un caricaturiste immortalise la scène dans la presse.

Un confiseur de Brooklyn, Morris Michtom, s’en inspire et fabrique un ours en peluche, qu’il baptise « Teddy’s Bear ». Le succès est immédiat.
Le surnom « Teddy » colle désormais à des milliards de peluches dans le monde. Roosevelt n’a jamais touché un centime sur cette invention.
Mais si l’on revient en 1938, c’est un tout autre type d’hommage qui l’attend dans le Dakota du Sud.
1938 : quatre visages dans la montagne
Le 31 octobre 1941 s’achèvent les travaux du mont Rushmore, où figure Roosevelt aux côtés de Washington, Jefferson et Lincoln. Sa sculpture, commencée en 1937, est inaugurée au cours d’une cérémonie dans les années suivantes.
Le chantier a employé près de 400 ouvriers entre 1927 et 1941, sans qu’aucun ne meure sur place, un fait rare pour l’époque.
Pourquoi ce chiffre n’a-t-il jamais été vraiment expliqué ? Les archives parlent d’un contrôle de sécurité très strict, avec des mineurs reconvertis en sculpteurs.
Autriche, 1955 : le pays qui a choisi de ne plus s’allier
Le 26 octobre 1955, le Parlement autrichien vote la loi de neutralité perpétuelle, après le départ des troupes d’occupation alliées. Le 27 octobre, la décision est commentée dans toute l’Europe.
Le pays vient de retrouver sa souveraineté après dix ans de partage entre quatre puissances. Il choisit de ne rejoindre aucun bloc de la guerre froide.
Cette neutralité reste inscrite dans la Constitution. Elle explique pourquoi Vienne est devenue un siège d’organisations internationales et un lieu d’espions en tout genre.
Mais un autre événement, quelques années plus tard, a failli tourner au drame mondial.
Octobre 1962 : le samedi où tout a failli basculer
Le 27 octobre 1962 est surnommé le « samedi noir » de la crise des missiles de Cuba. Un avion espion américain U-2 est abattu au-dessus de l’île par un missile soviétique, et son pilote, Rudolf Anderson, est tué.
À ce moment précis, plusieurs conseillers de Kennedy poussent pour des frappes aériennes immédiates. Le président choisit d’attendre.
Le même jour, un sous-marin soviétique, le B-59, est pris en chasse par des destroyers américains au large de Cuba. À bord, trois officiers doivent décider ensemble s’il faut lancer une torpille nucléaire.
Deux sont favorables. Le troisième, Vassili Arkhipov, refuse. Sa voix a probablement évité une guerre atomique.
Le lendemain, Khrouchtchev annonce le retrait des missiles. Mais que s’est-il dit, ce soir-là, dans le dos de tout le monde ?
Ces célébrités nées un 27 octobre
Le 27 octobre est aussi un jour de naissances étonnantes. Roberto Benigni voit le jour en 1952 en Toscane : il décrochera trois Oscars pour « La vie est belle », en 1999, dont celui du meilleur acteur.
Simon Le Bon, chanteur de Duran Duran, naît en 1958 à Bushey, dans le Hertfordshire. Le groupe vendra plus de 100 millions de disques dans le monde.
Côté poésie, Dylan Thomas naît en 1914 à Swansea, au pays de Galles. Il meurt à 39 ans à New York, après avoir, dit la légende, avalé dix-huit whiskys d’affilée.
Citons aussi Sylvia Plath, née en 1932 à Boston : la poétesse américaine reste l’une des voix les plus lues du XXe siècle.
Mais il y a un nom que tout le monde connaît et qu’on ne rattache jamais à cette date.
Le violoniste du diable, né un 27 octobre
Niccolò Paganini naît à Gênes le 27 octobre 1782. Il devient un virtuose si extraordinaire que ses contemporains le soupçonnent d’avoir passé un pacte avec le diable.
Ses doigts, dit-on, s’allongent de façon étrange, probablement à cause d’un syndrome génétique rare qui rendait ses articulations hyperflexibles.
À sa mort, en 1840, l’Église refuse de l’enterrer. Sa dépouille voyage de ville en ville pendant plus de trente ans avant de trouver un cimetière.
Si cette histoire vous intrigue, d’autres dates du calendrier cachent des destins tout aussi fous.
L’anecdote qu’on ne vous a jamais racontée
Le 27 octobre 1971, la République démocratique du Congo change de nom pour devenir le Zaïre, sur décision du président Mobutu. Il impose aussi à tous ses concitoyens d’abandonner leurs prénoms chrétiens.
Il exige également la disparition des costumes occidentaux, remplacés par un habit appelé « abacost », contraction de « à bas le costume ». Lui-même se fait appeler Mobutu Sese Seko Nkuku Ngbendu wa Za Banga.
Cette traduction approximative donne « le guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter ». Le Zaïre redeviendra Congo en 1997, à la chute du dictateur.
Et si on vous disait que cette même nuit, à des milliers de kilomètres, une autre révolution vestimentaire avait lieu ?
Ce qu’il faut retenir de ce 27 octobre
Un maire qui prend les commandes d’un train, un sous-marin qui retient son souffle, un violoniste que l’on dit possédé : le 27 octobre ressemble à un roman aux chapitres éclatés.
Cette date nous rappelle que l’histoire se joue parfois sur une décision de dernière minute, prise par une seule personne face à un bouton. Un officier qui dit non, un président qui patiente, un peuple qui change de nom.
Si vous aimez ces plongées dans le calendrier, découvrez comment Hitler a validé un plan fou en Afrique le 26 octobre, la veille de cette date. Et pour remonter encore plus loin, voyez comment Azincourt a brisé la chevalerie française.