Le Futuroscope n’était pas un parc d’attractions à son ouverture en 1987 : voici ce que les premiers visiteurs y découvraient
Imaginez un champ. Des terres agricoles, un ciel du Poitou, et pas grand-chose autour. Au milieu des années 80, c’est le décor qu’on trouve à dix kilomètres au nord de Poitiers.
Et pourtant, c’est ici qu’un homme a décidé de faire sortir de terre une « vitrine du futur ». Pas des montagnes russes, pas des mascottes : de l’image et de la technologie.
Le parc que des millions de Français connaissent aujourd’hui pour ses attractions à sensations n’a pas commencé comme ça du tout.
Un pari fou lancé depuis la Vienne
L’homme derrière le projet s’appelle René Monory. Figure politique de la Vienne, il a une idée en tête : faire de son département un pôle tourné vers les technologies de demain.
Pour convaincre, il présente la maquette du projet à la télévision régionale. Une maquette, à l’époque, c’est tout ce qu’il y a à montrer. Le reste n’existe pas encore.
Le pari est audacieux : miser sur l’image, la science et l’innovation dans un coin de campagne. Un parc de loisirs, oui, mais pas celui auquel on pense.
Alors, que pouvait bien y voir un visiteur au moment de franchir les portes ? La réponse est plus surprenante qu’on ne l’imagine.
31 mai 1987 : ce que les premiers visiteurs découvraient vraiment

Le Futuroscope ouvre ses portes le 31 mai 1987. Pas de grand huit à l’horizon. L’affiche repose sur deux attractions majeures.
La première, c’est le Kinémax : une salle de cinéma géant, pensée pour plonger le spectateur dans l’image. Une expérience que peu de gens avaient vécue à l’époque.
La seconde, c’est le Pavillon du Futuroscope. Un lieu consacré à la découverte des technologies, dans l’esprit même du projet imaginé par René Monory.
Autour, le site propose aussi une zone ludique et une petite usine robotisée. Oui, une usine. Des robots au travail, à regarder comme on regarderait un spectacle.
Le décor est posé : des pavillons aux formes géométriques, une ambiance très année 80, et une promesse simple. Venir voir de quoi demain serait fait.
Mais un parc uniquement tourné vers la technologie peut-il séduire durablement les familles ? Le Futuroscope allait devoir évoluer.
Le grand virage que personne n’avait vu venir
Avec le temps, le parc s’écarte peu à peu d’un thème purement technologique et devient progressivement un grand parc de loisirs.
Dans les années 1990, il est surnommé « Le parc européen de l’image ». Il concentre alors l’une des plus fortes densités au monde de techniques de projection cinématographique innovantes.
Mais dans les décennies suivantes, il se renouvelle. Les attractions et spectacles deviennent plus ludiques, plus thématisés, voire franchement sensationnels.
Le cinéma reste une signature, mais il n’est plus seul. Le parc apprend à parler aux familles autrement qu’avec des écrans géants.
Et ce n’est que le début de la transformation. Car le site a fini par s’agrandir bien au-delà de ce que Monory avait présenté sur sa maquette.
Ce que le Futuroscope est devenu aujourd’hui
Au début des années 2020, le site se développe en véritable resort. Il rassemble le parc d’attractions historique, un parc aquatique couvert baptisé Aquascope et des hôtels thématisés.
On y trouve aussi une esplanade et des activités indépendantes, comme le vol en soufflerie ZerOGravity ou la salle d’événements Arena Futuroscope. Le tout porte le nom de Futuroscope Xperiences depuis mai 2024.
Autour du parc s’étend la Technopole du Futuroscope, une zone d’activités technologiques et de formation. Son développement est lié au parc depuis sa conception : l’ADN technologique n’a donc jamais vraiment disparu.
Côté chiffres, le parc a accueilli 1,92 million de visiteurs en 2022. Depuis son ouverture en 1987, il a dépassé les 60 millions de visiteurs cumulés.
Le Futuroscope a par ailleurs été distingué à trois reprises par le Thea Award, décerné par la Themed Entertainment Association.
Pratique à savoir : le site est accessible par l’autoroute A10 (sortie n° 28), par les bus Vitalis depuis Poitiers, et par le TGV ou le TER via la gare du Futuroscope.
Et si on avait tous oublié d’où il vient ?

La prochaine fois que vous passerez devant ses pavillons, souvenez-vous que ce parc est né d’une maquette montrée à la télé régionale. Et qu’il ne promettait ni frissons ni manèges, mais une plongée dans l’image.
C’est d’ailleurs le sort de bien des lieux qu’on croit connaître par cœur : ils ont changé, parfois radicalement. Vous avez grandi avec les piscines municipales ? Regardez ce rituel disparu des années 70. Ou plongez dans les manèges oubliés des fêtes foraines, dont les moins de 30 ans n’ont aucune idée.
Et si les parcs à thème vous fascinent, vous serez peut-être surpris par ce projet de parc géant qui fait déjà grincer des dents en France. Comme quoi, l’avenir des parcs d’attractions n’a pas fini de nous surprendre.