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Pourquoi septembre veut dire « sept » alors que c’est le 9e mois ? Un décalage de 27 siècles

Publié par Ambre Détoit le 08 Nov 2026 à 9:01

Prends ton calendrier et compte sur tes doigts. Septembre, c’est le neuvième mois. Pourtant son nom vient du latin pour « sept ».

Octobre (huit), novembre (neuf) et décembre (dix) font pareil : tous sont décalés de deux crans. Quelqu’un s’est trompé quelque part, et personne n’a jamais corrigé. Reste à savoir qui, et quand.

Quatre mois dont les noms mentent depuis l’Antiquité

Les noms viennent du latin : septem pour sept, octo pour huit, novem pour neuf et decem pour dix. Ce n’est pas un hasard ni une faute de frappe médiévale. Ces mots ont été posés par les Romains eux-mêmes.

À l’époque, ils étaient parfaitement exacts. September était bel et bien le septième mois de l’année, et December le dixième. Le problème, c’est que l’année n’avait pas le même point de départ qu’aujourd’hui.

Alors, où commençait-elle ? Pas du tout là où tu fêtes le Nouvel An.

Une année qui démarrait en mars, et qui comptait trop peu de jours

Selon la légende, le tout premier calendrier romain serait l’œuvre de Romulus, fondateur de Rome. Comme pour la fève de la galette des rois, on est ici à mi-chemin entre histoire et tradition. Ce calendrier ne comptait que dix mois, de mars à décembre.

Selon une source pédagogique, cela faisait une année de 304 jours seulement. Dans cette version, mars ouvrait la marche et décembre la fermait, donc le dixième mois s’appelait logiquement « dix ». Tout collait.

Et les jours restants ? Cette question-là a fini par poser un vrai problème.

Homme perplexe devant un calendrier ancien sur un bureau

Le jour où deux mois ont été glissés devant les autres

On attribue à Numa Pompilius, successeur légendaire de Romulus, un calendrier plus long. Il passe à douze mois, en ajoutant janvier et février. Le total grimpe alors à 355 jours, calé sur les cycles de la lune.

Voilà le coupable : ces deux nouveaux mois se sont retrouvés en tête de liste, ou en fin d’année selon les versions racontées. Dans les deux cas, les anciens mois numérotés ont glissé de deux rangs. Septembre est devenu neuvième, décembre douzième.

Personne n’a pensé à rebaptiser les quatre mois concernés. Les noms sont restés, et ils n’ont jamais bougé depuis.

Mais l’année a continué à commencer en mars pendant très longtemps, et ça, c’est la partie la plus déroutante.

Qui a décidé que l’année commencerait en janvier ?

Les Romains ont gardé mars comme début d’année jusqu’en 153 avant J.-C. À cette date, l’année s’est mise à débuter en janvier, mois du dieu Janus. Jules César a ensuite réformé le calendrier en profondeur.

Voilà pourquoi février, ex-dernier mois, est aujourd’hui le plus court et le plus bizarre. Il servait de variable d’ajustement : c’est lui qui encaissait les jours en trop ou en moins en fin d’année.

Mais l’histoire ne s’arrête pas à Rome, et la France a mis très longtemps à suivre.

Scribe romain gravant un calendrier sur une tablette de pierre

En France, l’année a longtemps commencé à Pâques

Au XVIe siècle, le jeune Charles IX fait son tour de France. Il constate que selon les diocèses, l’année débute à Noël, le 25 mars, le 1er mars ou à Pâques. Imagine la pagaille pour dater un contrat.

Pour uniformiser, il promulgue l’édit de Roussillon le 9 août 1564. Désormais, l’année démarre le 1er janvier dans tout le royaume. Avant cela, la règle la plus répandue, c’était Pâques.

Autrement dit, un Français de l’époque pouvait vivre un 1er janvier sans le moindre rapport avec une nouvelle année. Et ce n’est pas le seul mois rebaptisé au passage.

Et d’ailleurs, juillet et août ont aussi changé de nom

Dans le calendrier romain d’origine, juillet s’appelait Quintilis, le « cinquième ». Août était Sextilis, le « sixième ». Eux aussi suivaient la numérotation de départ.

La différence : ces deux-là ont été rebaptisés, en hommage à des personnages célèbres. Les quatre derniers mois, eux, ont échappé à toute opération de ce genre. Comme le STOP en anglais sur nos routes, ils sont restés figés par l’habitude.

Les Romains avaient d’ailleurs une façon étonnante de compter les jours du mois, sans semaines : calendes, nones et ides, qui tombaient à des dates variables selon les mois. Ils auraient sans doute trouvé notre lundi-dimanche bien exotique.

Le vocabulaire est plein de ces fossiles

Ces mois sont un fossile, comme les mots de couleur chez Homère disent quelque chose d’un monde disparu. La langue garde la trace de choix anciens, même quand ils n’ont plus de sens.

Notre calendrier mélange aussi la nature et la science. La tour Eiffel qui grandit en été en est un autre exemple : le quotidien cache souvent une histoire plus ancienne qu’on le croit.

Et le « allô » du téléphone ? Son origine vaut aussi le détour, parce qu’un mot banal peut cacher une vraie bataille.

La réponse en une phrase

Septembre s’appelle « sept » parce qu’il était le septième mois d’un calendrier romain qui commençait en mars, avant que deux mois ne soient ajoutés et que personne ne corrige les noms.

Reste une question : si Rome avait rebaptisé les quatre mois, aurait-on gardé nos repères pendant 2 700 ans ? Pour continuer dans les mystères du quotidien, découvre pourquoi le miel ne périme jamais, ou pourquoi le 1 n’est pas au même endroit sur ton téléphone et ta calculatrice.

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