Tour Eiffel : en 1889, on la montait à pied pour quelques francs — ce qu’elle coûte aujourd’hui
Imagine : on est en 1889, tu viens d’arriver à Paris pour l’Exposition universelle. Devant toi, une immense carcasse de fer que beaucoup de Parisiens trouvaient franchement moche. Aujourd’hui, c’est le monument le plus photographié de France. Entre les deux, tout a bougé.

Billet, façon de monter, foule, couleur, lumières : on met la Dame de fer en mode « avant / maintenant ». Et certains écarts sont franchement inattendus.
Le jour où la Dame de fer a ouvert ses portes
La Tour est inaugurée le 31 mars 1889, avant l’ouverture de l’Exposition universelle qui marque le centenaire de la Révolution. À l’époque, elle culmine à 300 mètres, ce qui en fait la plus haute construction du monde. Elle le restera jusqu’en 1930.
Mais ce jour-là, pas de grande foule. Les ascenseurs ne sont pas encore prêts, et la montée se fait d’abord à pied. Gustave Eiffel lui-même gravit les marches pour hisser le drapeau tricolore au sommet.
Et ce n’est que le début des différences. Parce que ce que tu payais pour grimper, lui, est loin d’avoir le même ordre de grandeur qu’aujourd’hui.
Le billet : de quelques francs à plusieurs dizaines d’euros
En 1889, le prix d’entrée dépendait de l’étage. Il fallait compter quelques francs pour accéder aux différents niveaux, et la montée à pied était bien moins chère que l’ascenseur. À l’époque, c’était déjà une dépense pour beaucoup de visiteurs.
Aujourd’hui, la logique est inversée sur certains points. Le tarif varie selon l’âge, le niveau visé et le mode de montée : escaliers ou ascenseur, deuxième étage ou sommet. Les tarifs évoluent régulièrement, donc le plus sûr reste de vérifier sur le site officiel de la Tour avant de réserver.
Une chose n’a pas changé : le sommet reste le privilège le plus cher. Mais comment arrivait-on là-haut sans les cabines modernes ? La réponse est plus sportive qu’on ne l’imagine.
Monter : des marches aux ascenseurs, une vraie révolution
Au départ, on grimpait. Les escaliers étaient le cœur de l’expérience pour les premiers étages. Les ascenseurs, eux, arrivent par étapes, avec des systèmes hydrauliques conçus spécialement pour s’adapter à la courbure des piliers.
Ce choix technique était un défi à part entière. Les cabines devaient suivre une trajectoire inclinée, pas un simple puits vertical. C’était de l’ingénierie de pointe pour l’époque.
Aujourd’hui, les ascenseurs restent un élément central de la visite. Ils transportent chaque jour des milliers de personnes jusqu’aux étages. Les escaliers, eux, existent toujours pour les plus courageux, mais seulement jusqu’à un certain niveau.
Reste une question : combien de personnes montent vraiment chaque année ? Le contraste avec 1889 est vertigineux.
Les visiteurs : de la curiosité à la ruée mondiale
Lors de l’Exposition universelle de 1889, la Tour a attiré environ deux millions de visiteurs en quelques mois. Pour l’époque, c’était un chiffre énorme, et la preuve que ce monument controversé fascinait déjà.
Aujourd’hui, la fréquentation se compte en millions par an. La Tour Eiffel figure régulièrement parmi les monuments payants les plus visités au monde, avec une affluence qui peut dépasser six millions de visiteurs certaines années.
Autre point amusant : elle n’était pas censée durer. Prévue pour vingt ans, elle était promise à la démolition. Ce qui l’a sauvée tient en un mot, et l’histoire est racontée dans cette histoire de démolition évitée.
Mais la foule, ce n’est qu’un côté de la médaille. Il y a aussi l’entretien d’un colosse de fer, et là, les chiffres donnent le tournis.
La peinture : un chantier qui ne s’arrête jamais
La Tour a changé plusieurs fois de couleur depuis 1889. Elle est passée par des teintes rougeâtres, puis jaunâtres, avant d’adopter son fameux brun actuel. Aujourd’hui, elle n’est d’ailleurs pas peinte d’une seule couleur, mais de trois nuances de brun, comme l’explique ce détail de teintes.
Pourquoi autant de soin ? Parce que le fer rouille. Repeindre régulièrement la structure est une obligation de conservation, pas un caprice esthétique. Le chantier revient environ tous les sept ans.
Sur plus d’un siècle, ça représente une quantité de peinture colossale. Un chiffre précis circule d’ailleurs sur ce sujet, avec un détail que personne ne remarque, détaillé dans cet article sur les tonnes de peinture.
Et côté solidité, la Tour cache d’autres chiffres vertigineux, comme ses millions de rivets, que tu retrouveras dans ces chiffres fous sur les rivets.

L’éclairage : du gaz aux scintillements qui font rêver
En 1889, la Tour est illuminée pour impressionner les visiteurs de l’Exposition. L’éclairage de l’époque repose sur des technologies bien plus rudimentaires que celles d’aujourd’hui, et le spectacle visait surtout à marquer les esprits.
Aujourd’hui, la Tour brille chaque soir, et son scintillement horaire est devenu un rituel parisien. Les touristes attendent l’heure pile pour filmer le spectacle, et les Parisiens lèvent encore les yeux, même après des années.
Le monument a aussi servi de décor à des moments forts, culturels ou festifs. Les célébrations nationales, les concerts et les événements internationaux l’utilisent comme toile de fond, comme lors du retour d’une grande voix évoqué dans ce moment sous la Tour.
Au fond, qu’est-ce qui reste de 1889 dans la Tour de 2026 ? La réponse est plus subtile qu’un simple tableau comparatif.
Ce qui n’a jamais changé (et ce qui a tout changé)
La silhouette, d’abord. Malgré les critiques des artistes de l’époque, elle n’a quasiment pas bougé. C’est la même structure de fer, la même élégance géométrique, le même défi lancé au ciel.
Ce qui a changé, c’est notre regard. Là où 1889 y voyait une prouesse industrielle contestée, 2026 y voit un emblème national. La Tour est devenue un symbole mondial, copié en miniature partout, même si ces souvenirs ne viennent pas toujours d’où on le croit, comme le montre cette enquête sur les mini-Tours.
Elle fait aussi vibrer le vent. Elle oscille légèrement, déplaçant chaque jour un volume d’air impressionnant, un phénomène expliqué dans cet article sur l’oscillation.
Billet, ascenseurs, foule, peinture, lumières : tout a évolué, sauf l’essentiel. Et si tu veux creuser l’histoire du lieu à travers les dates marquantes, jette un œil à cette éphéméride du 15 juillet, qui rappelle un anniversaire important pour la Dame de fer.
