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Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en animaux de compagnie : le n°1 dépasse 1 400 € par an

Publié par Claire le 14 Juin 2026 à 17:01

En France, 80 millions d’animaux de compagnie partagent le quotidien des ménages. Chiens, chats, NAC : chaque année, les Français déboursent en moyenne 800 € par animal entre alimentation, vétérinaire et accessoires. Mais certains départements explosent littéralement ce budget.

La Facco et l’institut Kantar publient régulièrement des données sur les habitudes de consommation animalière des Français. En croisant ces chiffres avec les données de l’INSEE sur la consommation des ménages, un classement étonnant se dessine. Et le département en tête n’est absolument pas celui qu’on imagine.

Positions 8 à 6 : trois départements que personne n’attendait ici

En 8e position, la Gironde affiche une dépense moyenne de 980 € par an et par animal de compagnie. L’agglomération bordelaise concentre une forte densité de cliniques vétérinaires spécialisées et de boutiques premium pour animaux. Les propriétaires y ont accès à une offre élargie, ce qui pousse mécaniquement les dépenses vers le haut.

Propriétaire avec son chien sur une terrasse en Gironde

Le département compte aussi un taux d’assurance santé animale supérieur à la moyenne nationale. Près de 12 % des propriétaires girondins assurent leur animal, contre 8 % au niveau national selon la Facco.

En 7e position, on retrouve le Var avec 1 020 € par an. Le climat méditerranéen entraîne des frais vétérinaires spécifiques : parasites, chenilles processionnaires, coups de chaleur. Les fortes chaleurs estivales alourdissent la facture entre juin et septembre.

À la 6e place, les Alpes-Maritimes atteignent 1 060 € par animal. Nice et Cannes comptent parmi les villes les plus denses en salons de toilettage et en pensions haut de gamme. Le coût de la vie local impacte aussi les tarifs vétérinaires, 15 à 20 % au-dessus de la moyenne.

Ces trois départements ont un point commun : un pouvoir d’achat supérieur à la médiane et une offre de services animaliers très développée. Mais le vrai fossé se creuse dans les positions suivantes.

Positions 5 et 4 : l’Île-de-France entre en piste

La 5e place revient à la Haute-Savoie, avec 1 120 € annuels. Le département affiche un des revenus médians les plus élevés de France grâce aux travailleurs frontaliers suisses. Ce pouvoir d’achat se répercute directement sur les dépenses liées aux animaux.

Promeneur avec un chien de montagne en Haute-Savoie enneigée

En Haute-Savoie, l’alimentation premium (croquettes vétérinaires, BARF, bio) représente 45 % du budget animal. C’est dix points de plus que la moyenne nationale, où l’alimentation classique domine encore largement.

En 4e position, les Hauts-de-Seine culminent à 1 180 € par an. Ce département francilien concentre une clientèle urbaine CSP+ qui n’hésite pas à investir dans l’ostéopathie animale, le comportementalisme ou les gardes à domicile. Le tarif moyen d’une consultation vétérinaire y dépasse 65 €, contre 45 € dans les départements ruraux.

Les salaires élevés de l’ouest parisien jouent un rôle direct. Mais la surprise, c’est que Paris intra-muros ne figure même pas dans le top 8 — la densité de studios et la difficulté à avoir un chien en ville limitent le nombre d’animaux par foyer.

Le podium : deux outsiders et un champion inattendu

La 3e marche revient au Rhône, avec 1 250 € par animal et par an. Lyon est devenue en quelques années la capitale française du « pet parenting ». Bars à chats, hôtels dog-friendly, livraison de repas frais pour animaux : l’offre explose et le budget suit.

Le Rhône détient aussi un record : le plus grand nombre de vétérinaires par habitant hors Île-de-France. Cette densité facilite l’accès aux soins mais augmente aussi la fréquence des consultations. Les propriétaires lyonnais consultent en moyenne 3,2 fois par an, contre 2,1 au niveau national.

En 2e position, les Yvelines affichent 1 340 € annuels. Ce département résidentiel combine grands espaces verts, maisons avec jardins et revenus parmi les plus hauts de France. Les chiens de grande taille y sont surreprésentés, et un labrador coûte en moyenne 40 % de plus qu’un chat en entretien annuel.

Les Yvelines abritent aussi plusieurs centres vétérinaires de référence, vers lesquels convergent des propriétaires prêts à payer pour de la médecine animale de pointe : IRM, chirurgie orthopédique, cancérologie. Une intervention chirurgicale complexe peut y dépasser 3 000 €.

Mais tout cela ne suffit pas à décrocher la première place. Le n°1 se situe dans un département que la plupart des Français associent davantage à la campagne qu’au luxe animalier.

Le n°1 du classement : plus de 1 400 € par animal chaque année

Le département où les habitants dépensent le plus pour leurs animaux de compagnie est la Savoie, avec 1 430 € par an en moyenne. Un chiffre qui dépasse de 79 % la moyenne nationale et qui s’explique par une combinaison unique de facteurs.

Premier facteur : l’isolement géographique de nombreuses communes de montagne. Les propriétaires d’animaux en stations ou en vallées reculées doivent souvent parcourir 40 à 60 km pour accéder à un vétérinaire. Les consultations d’urgence, majorées le week-end, grèvent les budgets.

Deuxième facteur : le profil des résidents. La Savoie attire une population aisée, entre propriétaires de résidences secondaires en stations et cadres installés dans les vallées. Le taux de déménagement y est faible, signe d’un ancrage résidentiel fort. Ces foyers stables investissent massivement dans le bien-être de leurs animaux.

Troisième facteur, le plus surprenant : le climat de montagne. Les hivers longs et rigoureux entraînent des dépenses spécifiques — manteaux techniques pour chiens, antiparasitaires adaptés à l’altitude, suppléments alimentaires pour les races sensibles au froid. Les vétérinaires savoyards traitent aussi davantage de blessures liées aux randonnées et aux terrains accidentés.

Enfin, la Savoie se distingue par un taux d’adoption en refuge particulièrement élevé. Or, les animaux adoptés nécessitent souvent des soins de mise à niveau la première année : stérilisation, vaccins de rappel, bilans complets. Ces frais initiaux gonflent la moyenne départementale.

Ce que ce classement révèle sur les Français et leurs animaux

Le budget moyen consacré aux animaux de compagnie en France a augmenté de 32 % en cinq ans selon la Facco. L’alimentation représente le premier poste (40 %), devant les soins vétérinaires (30 %) et les accessoires (15 %). Les 15 % restants couvrent la garde, le toilettage et les assurances.

Le fossé entre départements s’explique moins par l’amour des animaux que par le pouvoir d’achat et l’accès aux services. Dans les départements ruraux où les trajets sont longs, les propriétaires espacent les consultations. Résultat : un chien dans la Creuse coûte deux fois moins cher qu’en Savoie.

L’essor des mutuelles animales pourrait rebattre les cartes. En 2025, 10 % des propriétaires français sont assurés, contre 40 % en Suède. Si ce taux double d’ici 2030 comme le prédisent les assureurs, les dépenses moyennes grimperont mécaniquement dans tous les départements — et ce classement pourrait être très différent.

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