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Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en jeux d’argent : le n°1 dépasse 1 500 € par an

Publié par Claire le 28 Juin 2026 à 17:01

Chaque année, les Français misent plus de 12 milliards d’euros en jeux d’argent et de hasard. Loto, paris sportifs, jeux à gratter, PMU : l’offre n’a jamais été aussi vaste. Mais tous les territoires ne jouent pas avec la même intensité.

L’Autorité nationale des jeux (ANJ) publie régulièrement des données sur les mises par département. Et le classement réserve de vraies surprises. Le département qui dépense le plus n’est ni Paris, ni un territoire particulièrement riche. Décompte de la 8ᵉ à la 1ʳᵉ place.

Comptoir de tabac français avec tickets de jeux à gratter

Positions 8 à 6 : trois territoires que personne n’attendait dans ce classement

En 8ᵉ position, on retrouve les Alpes-Maritimes. Avec une dépense moyenne estimée à 980 € par habitant et par an, le département de Nice et Cannes dépasse largement la moyenne nationale de 680 €. La densité de points de vente FDJ et l’afflux touristique dopent les mises.

Mais ce n’est pas la Côte d’Azur qui mène la danse. Le département compte aussi une forte concentration de bureaux de PMU, historiquement très implantés dans le Sud-Est. Les paris hippiques y restent un rituel quotidien pour de nombreux retraités.

En 7ᵉ position, le Val-d’Oise affiche environ 1 020 € de mises annuelles par habitant. Ce département francilien, souvent associé aux villes de grande couronne, surprend par l’intensité de sa consommation de jeux. Les paris sportifs en ligne y connaissent une croissance fulgurante chez les 18-35 ans.

Bar PMU dans le nord de la France avec courses hippiques

La 6ᵉ place revient au Pas-de-Calais, avec près de 1 060 € dépensés par an et par habitant. Dans ce territoire où les salaires figurent parmi les plus bas de France, le poids des jeux d’argent dans le budget des ménages est proportionnellement bien plus lourd qu’ailleurs.

Le Pas-de-Calais cumule deux facteurs : un taux de chômage élevé et un réseau de bars-PMU très dense. C’est dans ces territoires fragilisés que la dépense relative explose. Mais les trois premiers du classement vont encore plus loin.

Positions 5 et 4 : quand la précarité et le rêve de jackpot se croisent

Le Nord décroche la 5ᵉ place avec 1 120 € de mises annuelles par habitant. Premier département de France par sa population, il concentre aussi un nombre record de points de vente. Lille, Roubaix, Tourcoing : les bureaux de tabac y vendent des jeux à gratter à un rythme effréné.

Selon les données de l’ANJ, les jeux à gratter représentent près de 40 % des mises dans le Nord. C’est un des taux les plus élevés du pays. Le ticket à 2 ou 5 € paraît anodin, mais multiplié par trois achats hebdomadaires, la facture grimpe à plus de 600 € par an rien que sur ce segment.

En 4ᵉ position, la Seine-Saint-Denis atteint environ 1 180 € par habitant et par an. Ce département, le plus jeune de France métropolitaine, est aussi celui où les habitants déménagent le plus souvent. La corrélation entre précarité économique et dépenses en jeux d’argent y est documentée depuis des années.

Les paris sportifs en ligne ont explosé en Seine-Saint-Denis depuis la Coupe du monde 2018. L’ANJ note que le département affiche le plus fort taux de joueurs actifs sur les plateformes numériques parmi les 18-25 ans. Un phénomène qui inquiète les associations de prévention.

Les deux premières places du classement révèlent un schéma encore plus marqué. Et le n°1 pulvérise tous les compteurs.

Le podium : la médaille de bronze revient à un territoire d’outre-mer

La 3ᵉ place est occupée par La Réunion, avec environ 1 280 € de mises par habitant et par an. L’île, où le taux de chômage dépasse 18 %, consacre une part disproportionnée de ses revenus aux jeux de hasard. Le Loto y est une véritable institution culturelle.

La Réunion détient le record national du nombre de gagnants Loto rapporté à sa population. En 2023, l’île a compté 7 millionnaires FDJ pour 900 000 habitants. Un ratio trois fois supérieur à la moyenne métropolitaine. Ces jackpots médiatisés alimentent le cercle : plus il y a de gagnants locaux, plus les habitants jouent.

Le PMU y est aussi très implanté malgré l’absence d’hippodrome actif. Les courses métropolitaines sont suivies en direct dans les bars, avec des mises qui démarrent dès 10 heures du matin. Un mode de vie ancré dans le quotidien réunionnais depuis des décennies.

La 2ᵉ place : un département du Sud qui casse les clichés

Les Bouches-du-Rhône décrochent la 2ᵉ position avec environ 1 380 € de mises annuelles par habitant. Marseille, à elle seule, concentre plus de 1 200 points de vente FDJ. C’est la ville de France qui en compte le plus après Paris.

Le département est aussi le premier marché français pour les paris sportifs. L’OM, le foot en général, les combats de MMA : chaque événement sportif génère des volumes de mises colossaux. L’ANJ estime que les Bouches-du-Rhône captent 6 % des paris sportifs nationaux alors qu’elles ne représentent que 3 % de la population.

Les jeux à gratter complètent le tableau. Dans les quartiers nord de Marseille, où le coût de la vie reste bas mais les revenus aussi, le grattage quotidien est un réflexe pour des milliers de foyers. Un sociologue de l’université d’Aix-Marseille parle de « taxe volontaire sur l’espoir ».

Reste le n°1. Et il ne se situe ni dans le Nord, ni en Île-de-France.

Le n°1 : ce département qui dépasse 1 500 € par an en jeux d’argent

La Corse décroche la première place avec plus de 1 540 € de mises annuelles par habitant. Rapporté à ses 355 000 résidents, ce chiffre est vertigineux. L’île de Beauté joue presque deux fois et demie plus que la moyenne française.

Plusieurs facteurs expliquent cette anomalie. D’abord, la densité de points de vente : la Corse compte un débit FDJ pour 280 habitants, contre un pour 450 en métropole. Ensuite, le PMU y est profondément enraciné. Les bars de village servent autant de cafés que de tickets de courses.

Mais c’est surtout la culture du jeu qui distingue la Corse. Le Loto, les paris, les jeux de cartes avec enjeux financiers font partie intégrante de la sociabilité locale. L’ANJ souligne que la Corse affiche aussi le taux de joueurs « excessifs » le plus élevé de France : 4,2 % de la population adulte, contre 2,7 % en moyenne nationale.

Le revenu médian corse n’est pourtant pas parmi les plus élevés du pays. Avec environ 21 400 € annuels par ménage, bien en dessous des régions les mieux payées, la part du budget consacrée aux jeux pèse d’autant plus lourd.

Ce que ce classement dit vraiment de la France

Le fil rouge de ce top 8 n’est pas la richesse. C’est souvent l’inverse. Les départements qui misent le plus sont rarement ceux où l’on gagne le mieux. Paris, malgré ses revenus élevés, ne figure même pas dans le classement.

L’ANJ alerte régulièrement sur la corrélation entre précarité et jeux d’argent excessifs. En 2024, 1,2 million de Français étaient considérés comme joueurs « à risque modéré » ou « excessif ». La moitié d’entre eux se concentre dans les 15 départements les plus modestes.

Les paris sportifs en ligne, en forte hausse chez les jeunes, redessinent aussi la carte. Des départements comme ceux où les habitants dorment le moins voient exploser les mises nocturnes sur des ligues étrangères. Et toi, tu aurais deviné que la Corse était numéro 1 ?

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