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Les 8 villes françaises où les habitants gagnent le moins : la n°1 est sous les 1 400 € nets par mois

Publié par Claire le 19 Mai 2026 à 17:02

En France, le salaire médian tourne autour de 2 100 € nets par mois selon l’INSEE. Mais dans certaines villes, les habitants vivent avec bien moins que ça — parfois à peine plus que le SMIC, voire en dessous. On a épluché les données de l’INSEE et de l’Observatoire des inégalités pour identifier les 8 communes de plus de 20 000 habitants où le revenu médian est le plus faible. Et la ville en tête du classement ne se trouve ni dans le Nord, ni en banlieue parisienne.

Un écart qui se creuse entre les territoires

Avant de plonger dans le décompte, un chiffre qui pose le décor. L’écart de revenu médian entre la commune la plus riche et la commune la plus pauvre de France dépasse les 40 000 € par an. Autrement dit, selon ta ville de résidence, tu peux gagner trois à quatre fois plus que ton voisin à poste équivalent.

Personne inquiète consultant sa fiche de paie dans sa cuisine

Ces inégalités territoriales ne sont pas nouvelles, mais elles s’aggravent. D’après l’Observatoire des inégalités (rapport 2024), les villes à faibles revenus cumulent souvent un taux de chômage élevé, une part importante de familles monoparentales et un tissu économique fragile. Des départements entiers peinent à offrir des emplois stables, ce qui tire mécaniquement les salaires vers le bas.

Résultat : dans les villes que tu vas découvrir, le revenu médian par unité de consommation tombe parfois sous la barre des 1 100 € par mois. On est loin des moyennes nationales. Et le top 3 va probablement bousculer tes certitudes.

Positions 8 à 6 : le Nord et la banlieue parisienne en première ligne

N°8 — Denain (Nord) : environ 1 520 € nets/mois de revenu médian. Ancienne ville minière, Denain n’a jamais totalement digéré la désindustrialisation des années 1980. Le taux de pauvreté y dépasse 45 %, l’un des plus élevés de France métropolitaine. Malgré des programmes de rénovation urbaine, le bassin d’emploi reste sinistré.

N°7 — Sarcelles (Val-d’Oise) : environ 1 490 € nets/mois. À seulement 15 km de Paris, Sarcelles affiche un revenu médian inférieur de 30 % à la moyenne nationale. La ville concentre une forte proportion de logements sociaux — plus de 60 % du parc — et un accès difficile à l’emploi qualifié malgré la proximité de la capitale.

N°6 — Creil (Oise) : environ 1 470 € nets/mois. Creil est un cas emblématique de ces villes moyennes du nord de l’Île-de-France prises en étau. Trop loin de Paris pour profiter de son dynamisme, trop près pour développer une identité économique propre. Le taux de chômage y atteint 22 %, soit le double de la moyenne nationale.

Trois villes, un schéma commun : passé industriel, décrochage économique et une jeunesse qui peine à trouver des débouchés. Mais les positions suivantes montrent que ce phénomène dépasse largement le quart nord-est de la France.

Positions 5 et 4 : deux villes que tu ne soupçonnes pas

N°5 — Béziers (Hérault) : environ 1 460 € nets/mois. Surprise pour beaucoup : une ville du sud de la France dans ce classement. Béziers, malgré son ensoleillement et son cadre de vie, affiche un taux de pauvreté de 33 %. La viticulture, pilier historique de l’économie locale, s’est effondrée depuis les années 2000. Le tourisme ne compense pas.

Centre-ville d'une commune du sud de la France

Avec un loyer moyen parmi les plus bas de France, Béziers attire pourtant des retraités et de jeunes ménages. Mais des loyers bas reflètent aussi une réalité économique tendue : quand les revenus sont faibles, le marché immobilier s’ajuste à la baisse.

N°4 — Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : environ 1 430 € nets/mois. Difficile d’évoquer les inégalités territoriales sans parler du 93. Clichy-sous-Bois, tristement connue pour les émeutes de 2005, reste l’une des communes les plus pauvres d’Île-de-France. Plus de 43 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. L’arrivée du tramway T4 en 2019 puis du futur Grand Paris Express devrait améliorer le désenclavement, mais les effets concrets se font encore attendre.

À ce stade du classement, on constate un point commun : ces villes ne manquent pas de population — elles manquent d’emplois qualifiés et d’infrastructures économiques. Le podium va le confirmer de manière encore plus frappante.

Le podium : trois villes sous les 1 420 €

N°3 — Roubaix (Nord) : environ 1 410 € nets/mois. Roubaix est un paradoxe permanent. À quelques centaines de mètres de Lille, l’une des métropoles les plus dynamiques de France, la ville affiche un taux de pauvreté qui oscille autour de 46 %. Presque un habitant sur deux. L’ancienne capitale mondiale du textile n’a pas retrouvé son lustre malgré des initiatives comme La Piscine (musée) ou les programmes d’entrepreneuriat.

Le revenu médian par unité de consommation y est inférieur de 35 % à celui de Lille, pourtant distante de 12 minutes en métro. Un gouffre qui illustre une réalité connue des urbanistes : la proximité géographique n’efface pas les inégalités, elle les rend plus visibles.

N°2 — Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) : environ 1 400 € nets/mois. Autre ville du 93, Aubervilliers se distingue par un cumul de difficultés : taux de chômage à 24 %, part de familles monoparentales à 30 %, et un taux de non-diplômés parmi les plus élevés de la petite couronne parisienne. Les Jeux olympiques de 2024 ont apporté de nouvelles infrastructures sportives, mais la retombée économique pour les habitants reste marginale.

Et pourtant, Aubervilliers n’est « que » deuxième. La ville en tête du classement se trouve dans un tout autre contexte géographique.

N°1 : la ville où le revenu médian tombe sous les 1 400 €

Grigny (Essonne) : environ 1 370 € nets/mois de revenu médian. C’est la commune de plus de 20 000 habitants où les revenus sont les plus faibles de France métropolitaine, selon les dernières données disponibles de l’INSEE.

Grigny, c’est 29 000 habitants, une cité — la Grande Borne — classée parmi les quartiers prioritaires depuis des décennies, et un taux de pauvreté qui flirte avec les 50 %. La moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. En Essonne, département pourtant globalement aisé avec des villes comme Massy ou Saclay, Grigny fait figure d’anomalie statistique.

Un détail qui en dit long : la ville a été classée commune la plus pauvre de France à plusieurs reprises depuis 2014. Son maire, Philippe Rio, réclame depuis des années un « plan Marshall » pour les villes en grande difficulté. Les flux de déménagements montrent d’ailleurs que beaucoup de familles quittent ces territoires dès qu’elles le peuvent — ce qui concentre encore davantage la précarité.

Ce que ce classement révèle sur la France de 2025

Parmi ces huit villes, quatre sont en Île-de-France (Sarcelles, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers, Grigny), deux dans le Nord (Denain, Roubaix), une dans l’Oise (Creil) et une dans le sud (Béziers). Le mythe d’une France coupée en deux — Nord pauvre, Sud riche — ne tient pas.

Ce que ces données montrent, c’est plutôt un phénomène de « poches de pauvreté » enclavées au sein de zones parfois prospères. Grigny est à 30 km de Paris. Roubaix touche Lille. Le coût de la vie y est certes plus bas, mais les revenus chutent encore plus vite que les prix.

Selon l’Observatoire des inégalités, la France compte aujourd’hui 5,3 millions de personnes vivant avec moins de 940 € par mois. Une grande partie d’entre elles habite dans des villes comme celles de ce classement. Et toi, tu aurais deviné que la n°1 se trouvait en Essonne et pas dans le Nord ?

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