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Les 8 départements français où les habitants ont le plus de jardins : le n°1 n’est pas à la campagne

Publié par Claire le 28 Mai 2026 à 17:06

En France, posséder un bout de terrain à soi reste un rêve pour des millions de ménages. Mais tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Selon les données de l’INSEE sur le parc des résidences principales, certains territoires affichent des taux de maisons individuelles avec jardin qui dépassent les 80 %. Et le numéro 1 du classement n’est absolument pas celui qu’on imagine.

Ce que les chiffres de l’INSEE révèlent sur nos jardins

Pour établir ce classement, on s’appuie sur la part des résidences principales de type « maison individuelle » disposant d’un terrain attenant, selon les données du recensement INSEE et de l’enquête Logement. En France métropolitaine, environ 56 % des ménages vivent en maison individuelle. Mais derrière cette moyenne se cachent des écarts considérables d’un département à l’autre.

Vue aérienne de maisons individuelles avec jardins en France

Sans surprise, les grandes métropoles tirent la moyenne vers le bas. À Paris, moins de 4 % des logements sont des maisons. Mais dès qu’on s’éloigne des centres urbains denses, les proportions explosent. Ce qui est plus surprenant, c’est exactement elles explosent le plus. Car ce ne sont pas toujours les départements les plus ruraux qui trustent le haut du tableau.

Avant de découvrir le podium, un premier groupe de départements plante déjà le décor.

Positions 8 à 6 : le grand Ouest tire son épingle du jeu

8ᵉ — La Mayenne (53) : environ 78 % de maisons avec jardin. Ce département discret de 307 000 habitants affiche l’un des taux d’urbanisation les plus faibles de France. Laval, sa préfecture, reste une ville à taille humaine où les pavillons avec terrain dominent largement, même en centre-ville. Le prix médian du foncier y tourne autour de 25 € le m², ce qui explique des loyers parmi les plus bas du pays.

7ᵉ — La Vendée (85) : environ 79 % de maisons avec jardin. Département le plus dynamique des Pays de la Loire en termes de construction neuve, la Vendée a massivement misé sur le pavillon individuel depuis les années 1970. Résultat : quatre logements sur cinq sont des maisons. Les lotissements s’étalent autour de La Roche-sur-Yon, des Sables-d’Olonne et de Challans, souvent avec des parcelles de 500 à 800 m².

Couple jardinant dans un grand potager de l'Ouest français

6ᵉ — Les Deux-Sèvres (79) : environ 79,5 % de maisons avec jardin. Niort, la capitale des mutuelles, est entourée de communes périurbaines où le jardin est la norme. Le département bénéficie aussi d’un tissu de petites villes (Bressuire, Parthenay, Thouars) où l’habitat collectif reste marginal. Ici, les dépenses de chauffage sont compensées par un coût du logement très accessible.

Ces trois départements partagent un point commun : un tissu urbain éclaté et un foncier bon marché. Mais le cœur du classement réserve une vraie surprise géographique.

Positions 5 et 4 : la diagonale verte reprend ses droits

5ᵉ — Le Gers (32) : environ 80 % de maisons avec jardin. Le département le moins densément peuplé de France métropolitaine (après la Lozère) affiche logiquement un taux record de maisons individuelles. Auch, sa préfecture, ne compte que 22 000 habitants. Dans le Gers, le jardin n’est pas un luxe, c’est une évidence — et les potagers y sont souvent plus grands que les appartements parisiens.

4ᵉ — Le Lot-et-Garonne (47) : environ 81 % de maisons avec jardin. Entre Agen et Villeneuve-sur-Lot, ce département agricole du Sud-Ouest cultive son art de vivre au jardin. La particularité ? La taille moyenne des terrains y est l’une des plus généreuses de France, avec des parcelles dépassant souvent les 1 000 m². Vivre hors de la ville y est la règle, pas l’exception.

On entre maintenant dans le top 3, là où les taux dépassent les 82 %. Et c’est ici que le classement commence à bousculer les certitudes.

Le podium : trois départements au-dessus de 82 %

3ᵉ — La Creuse (23) : environ 83 % de maisons avec jardin. Département le moins peuplé de France métropolitaine avec à peine 116 000 habitants, la Creuse est un territoire où l’habitat collectif est quasi inexistant en dehors de Guéret. Les maisons en pierre avec leur jardin clos définissent le paysage. Ironie du sort : ce département où tout le monde a un jardin est aussi l’un de ceux qui comptent le plus de personnes vivant seules.

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2ᵉ — L’Aveyron (12) : environ 83,5 % de maisons avec jardin. Rodez, Millau, Villefranche-de-Rouergue : les villes aveyronnaises restent modestes et entourées de hameaux où chaque habitation dispose de son terrain. L’Aveyron combine une tradition rurale forte avec un dynamisme démographique surprenant ces dernières années. Les néo-ruraux qui s’y installent cherchent justement ce que le département offre en abondance : de l’espace vert à perte de vue.

À ce stade, on pourrait penser que le numéro 1 est forcément un département ultra-rural, perdu au fin fond de la France profonde. Et c’est là que le classement prend tout le monde à contre-pied.

Le n°1 que personne ne voit venir

1ᵉʳ — Le Pas-de-Calais (62) : environ 84 % de maisons avec jardin. Oui, le Pas-de-Calais. Avec ses 1,47 million d’habitants, c’est de loin le département le plus peuplé de ce top 8. Et pourtant, il affiche le taux le plus élevé de maisons individuelles avec jardin de France métropolitaine.

Comment est-ce possible ? La réponse tient en un mot : l’urbanisme minier. Le bassin minier du Pas-de-Calais, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, a façonné un modèle d’habitat unique en France. Les corons — ces alignements de maisons ouvrières avec jardin à l’arrière — ont été construits par milliers entre 1850 et 1960 pour loger les familles de mineurs.

Résultat : des villes comme Lens, Liévin, Béthune ou Bruay-la-Buissière, malgré une densité de population importante, sont composées à plus de 85 % de maisons individuelles. Chaque coron disposait d’un jardin ouvrier de 200 à 400 m² où les familles cultivaient légumes et fruits pour compléter un salaire modeste.

Ce modèle a survécu à la fermeture des mines. Aujourd’hui encore, les anciens corons ont été réhabilités et leurs jardins restent cultivés. Les programmes de logements neufs dans le département continuent de privilégier massivement la maison individuelle avec terrain, portés par un foncier parmi les plus accessibles du nord de la France. À Lens, le prix médian au m² pour une maison tourne autour de 1 500 €, contre plus de 10 000 € en petite couronne parisienne.

Le Pas-de-Calais est aussi le département qui compte le plus de jardins familiaux et d’espaces de jardinage partagés, un héritage direct de la culture des corons. Les habitants y déménagent relativement peu, preuve d’un attachement fort à leur habitat.

Ce que ce classement dit de la France de 2025

La carte des jardins dessine une France à deux vitesses. D’un côté, les grandes métropoles où l’accès à un espace vert privatif relève du privilège. De l’autre, des territoires entiers — souvent perçus comme « en déclin » — où le jardin reste la norme pour huit ménages sur dix.

Le cas du Pas-de-Calais est le plus frappant : il prouve qu’un département densément peuplé peut offrir plus de jardins qu’un territoire rural déserté. Tout est affaire d’urbanisme et d’histoire. Les choix architecturaux du XIXᵉ siècle continuent de façonner notre rapport au logement.

Avec la montée des préoccupations alimentaires, écologiques et le besoin croissant d’espace depuis le Covid, de plus en plus de Français regardent vers ces villes accessibles où un jardin n’est pas un luxe. Et toi, tu aurais deviné que le Pas-de-Calais coiffait tout le monde au poteau ?

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