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Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en chauffage : le n°1 dépasse 2 200 € par an

Publié par Claire le 25 Mai 2026 à 17:02

Chaque hiver, la même question revient : combien va coûter la facture de chauffage ? Selon les données du ministère de la Transition écologique et de l’ADEME, les écarts entre départements sont spectaculaires. Certains Français paient presque le double de la moyenne nationale. Et le département le plus gourmand en énergie de chauffage n’est pas celui qu’on imagine — il ne se situe ni en montagne, ni dans le Grand Est.

Femme inquiète devant sa facture de chauffage

Ce que révèlent les chiffres de l’ADEME sur la facture énergétique

En France, un ménage dépense en moyenne 1 590 € par an pour se chauffer, selon les dernières données consolidées de l’ADEME (Agence de la transition écologique). Ce chiffre englobe toutes les énergies : gaz, électricité, fioul, bois et pompes à chaleur.

Mais cette moyenne cache des réalités très différentes. Le climat local, le type de logement, l’isolation et le combustible utilisé font varier la note du simple au double. Dans certains départements, les maisons anciennes chauffées au fioul ou à l’électricité directe font grimper l’addition bien au-delà des 2 000 € annuels.

Les départements où les habitants déménagent le plus ne sont d’ailleurs pas toujours ceux où la vie coûte le moins cher. Et quand on regarde la carte du chauffage, on comprend vite pourquoi certains Français hésitent à rester.

Positions 8 à 5 : des factures déjà salées

N°8 — Haute-Marne (52) : 1 820 € par an en moyenne. Ce département de la région Grand Est cumule un hiver rigoureux et un parc de logements vieillissant. Près de 38 % des ménages se chauffent encore au fioul, un combustible dont le prix a explosé depuis 2022.

N°7 — Cantal (15) : 1 850 € par an. L’altitude moyenne du Cantal dépasse 700 mètres. Résultat : la saison de chauffe dure facilement sept mois, d’octobre à avril. Le bois reste le premier combustible, mais les maisons en pierre volcanique, souvent mal isolées, laissent filer la chaleur.

Village du Cantal avec cheminées fumantes en hiver

N°6 — Meuse (55) : 1 880 € par an. Autre département du Grand Est, la Meuse partage les mêmes caractéristiques que la Haute-Marne : climat continental, hivers longs et un taux de logements classés F ou G au DPE parmi les plus élevés de France. Si tu es propriétaire, mieux vaut vérifier ton diagnostic énergétique obligatoire avant de recevoir la note.

N°5 — Haute-Saône (70) : 1 910 € par an. La Haute-Saône ne fait jamais la une des médias, mais ses habitants connaissent bien la morsure du froid. Températures moyennes hivernales autour de 2 °C, habitat dispersé en zone rurale et peu d’accès au réseau de gaz naturel : l’électricité d’appoint fait grimper la facture.

Ces quatre départements partagent un point commun : des logements anciens éloignés des grandes métropoles, où les travaux de rénovation énergétique peinent à arriver. Mais la suite du classement réserve des surprises bien plus marquantes.

Positions 4 et 3 : la barre des 2 000 € est franchie

N°4 — Creuse (23) : 2 020 € par an. La Creuse est l’un des départements les moins peuplés de France, avec à peine 116 000 habitants. Ici, les maisons sont grandes, souvent en pierre, et l’isolation thermique date parfois des années 1970. Près de 42 % des logements sont chauffés au fioul ou à l’électricité directe, deux sources parmi les plus coûteuses.

Pour un département où les salaires figurent parmi les plus bas de France, la part du budget consacrée au chauffage devient un vrai problème de pouvoir d’achat. Certains ménages y consacrent plus de 10 % de leurs revenus, ce qui les place en situation de précarité énergétique selon la définition officielle.

N°3 — Nièvre (58) : 2 080 € par an. La Nièvre combine un climat semi-continental avec des hivers froids et humides, et un parc immobilier particulièrement ancien. Plus de 60 % des résidences principales ont été construites avant 1975, soit avant la première réglementation thermique. Le département affiche aussi l’un des taux les plus élevés de passoires thermiques : près d’un logement sur quatre est classé F ou G.

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Et pourtant, la Nièvre n’est pas au sommet de ce classement. Les deux départements suivants battent tous les records.

Le n°2 : un département que les vacanciers adorent

N°2 — Allier (03) : 2 150 € par an. Voilà un résultat qui surprend. L’Allier n’est pas perçu comme un département glacial. Pourtant, Moulins, sa préfecture, enregistre en moyenne 80 jours de gel par an — davantage que Strasbourg.

Le vrai problème de l’Allier, c’est la combinaison de trois facteurs : un habitat rural dispersé, une très faible couverture en gaz de ville (moins de 30 % des communes sont raccordées) et des revenus médians parmi les plus modestes de métropole. Les habitants se rabattent sur le fioul et les convecteurs électriques, deux solutions énergivores.

Résultat : la facture annuelle dépasse allègrement les 2 100 €, soit 35 % de plus que la moyenne nationale. Mais un département fait encore pire, et ce n’est ni un département de montagne ni un territoire du nord-est.

Le n°1 : plus de 2 200 € par an, et ce n’est pas en montagne

N°1 — Cher (18) : 2 240 € par an en moyenne. Oui, le département du Cher, en plein centre de la France. Bourges, sa capitale, ne figure dans aucun palmarès des villes les plus froides. Et pourtant, c’est ici que les Français dépensent le plus pour chauffer leur logement.

L’explication tient en trois chiffres. D’abord, 67 % des résidences principales du Cher ont été construites avant 1975. Ensuite, 44 % des ménages utilisent le fioul ou l’électricité comme source principale de chauffage. Enfin, la superficie moyenne des logements y est de 105 m², bien au-dessus de la moyenne nationale de 91 m² — plus de surface à chauffer, c’est mécaniquement plus cher.

Ajoutons que le Cher subit un climat continental atténué, avec des hivers régulièrement sous zéro et une humidité qui accentue la sensation de froid. Les habitants chauffent longtemps, souvent six mois complets, dans des maisons qui perdent beaucoup d’énergie par les murs et les fenêtres.

C’est un cas d’école de ce que l’ADEME appelle la « précarité énergétique structurelle » : des logements énergivores occupés par des ménages aux revenus modestes, dans des zones où les alternatives (gaz, pompes à chaleur, réseaux de chaleur) sont rares. Pour ceux qui cherchent à vivre dans une ville au coût de la vie bas, le prix du chauffage est un paramètre souvent oublié qui change complètement le calcul.

Ce que ce classement dit de la fracture énergétique française

Un détail frappe quand on regarde la carte : les huit départements de ce classement se trouvent tous dans le centre et le centre-est de la France. Aucun département de montagne (Savoie, Hautes-Alpes) n’y figure. La raison est simple : les zones de montagne ont massivement rénové leur parc immobilier et bénéficient d’une bonne couverture en bois-énergie et en pompes à chaleur.

Le vrai facteur, ce n’est pas le froid. C’est la qualité du bâti et l’accès aux énergies modernes. Un logement bien isolé à Briançon coûte moins cher à chauffer qu’une maison des années 1960 à Bourges. La difficulté à trouver un emploi dans ces mêmes territoires rend la situation encore plus délicate pour les ménages concernés.

Avec la hausse prévue des prix de l’énergie en 2026 et le durcissement des règles sur les passoires thermiques, la facture pourrait encore grimper dans ces départements. Et toi, tu aurais deviné que le Cher battait tous les records ?

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