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Les 8 départements français où les habitants dépensent le plus en médicaments : le n°1 dépasse 600 € par an

Publié par Claire le 25 Juin 2026 à 17:02

Chaque Français dépense en moyenne 480 € par an en médicaments remboursés et non remboursés, selon les données de la DREES et de l’Assurance maladie. Mais derrière cette moyenne nationale se cachent des écarts spectaculaires entre départements.

Certains territoires dépassent allègrement les 600 € annuels par habitant. Et le numéro 1 du classement n’a rien à voir avec la densité médicale ou le vieillissement qu’on imaginerait. Voici le décompte, du 8ᵉ au 1ᵉʳ.

Du 8ᵉ au 6ᵉ : trois territoires où la pharmacie pèse lourd

Pharmacienne remettant des médicaments à une cliente âgée

En 8ᵉ position, on trouve le Var. Avec une population dont 32 % a plus de 60 ans selon l’INSEE, ce département de la Côte d’Azur affiche une dépense moyenne de 538 € par habitant et par an en médicaments.

Le climat doux attire les retraités, et avec eux les traitements chroniques. Hypertension, diabète, cholestérol : les prescriptions longue durée gonflent mécaniquement la facture locale.

En 7ᵉ position, les Alpes-Maritimes suivent la même logique avec 545 € par an. Nice concentre à elle seule une densité de pharmacies parmi les plus élevées de France, avec 42 officines pour 100 000 habitants.

Plus surprenant, la 6ᵉ place revient au Pas-de-Calais, à 552 € par habitant. Ici, ce n’est pas l’âge qui explique tout. Le département affiche l’un des taux de maladies chroniques les plus élevés du pays, notamment pour le diabète de type 2. Les habitants y consultent aussi davantage leur médecin que la moyenne nationale.

Mais ces trois départements ne sont que l’entrée en matière. Les cinq suivants franchissent un autre palier.

5ᵉ et 4ᵉ : deux outsiders que personne n’attendait

La 5ᵉ place revient à l’Hérault, avec 561 € de dépenses annuelles par habitant. Montpellier, ville étudiante et dynamique, fait pourtant monter la moyenne. L’explication tient en partie à la forte prévalence d’affections de longue durée (ALD) dans le département : près de 22 % de la population est en ALD, contre 18 % au niveau national.

Vue aérienne du centre-ville de Montpellier en été

En 4ᵉ position, le Nord affiche 573 € par habitant. Ce département, le plus peuplé de France avec 2,6 millions d’habitants, combine plusieurs facteurs. Le taux de pauvreté y dépasse 19 %, contre 14,5 % en moyenne nationale.

Or les études de l’IRDES montrent un lien direct entre précarité et consommation de médicaments. Les pathologies liées au mode de vie — tabagisme, sédentarité, alimentation — y sont plus fréquentes. Les habitants dorment aussi moins que dans d’autres régions, un facteur aggravant pour la santé globale.

Le podium, lui, réserve les vraies surprises de ce classement.

La 3ᵉ marche : un département du Sud qui bat des records

Les Bouches-du-Rhône décrochent la 3ᵉ place avec 589 € par habitant et par an. Marseille, deuxième ville de France, concentre des inégalités de santé considérables. Certains arrondissements affichent une espérance de vie inférieure de 6 ans à d’autres quartiers de la même ville.

Le département compte plus de 420 000 personnes en ALD. La consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs y dépasse la moyenne nationale de 15 %, selon les données de la CPAM. Les villes où l’on vit le plus vieux ne se trouvent d’ailleurs pas dans cette zone.

Avec près de 2 millions d’habitants, l’effet volume joue aussi. Plus la population est dense et diverse socialement, plus les disparités de santé se creusent. Et la pharmacie en est le miroir direct.

Pourtant, deux départements font encore plus fort, et l’un d’eux va casser toutes les idées reçues.

Le dauphin : un territoire en souffrance sanitaire

La 2ᵉ place revient à l’Aisne, avec 608 € par habitant et par an. Ce département picard, souvent oublié des classements, vit une réalité sanitaire préoccupante. L’Aisne cumule un taux de chômage de 12,4 %, une densité médicale parmi les plus faibles du pays et un vieillissement accéléré.

Résultat : les habitants compensent le manque de médecins par une consommation médicamenteuse plus importante. Avec seulement 58 médecins généralistes pour 100 000 habitants (contre 88 en moyenne nationale), les consultations sont plus rares mais les ordonnances plus chargées.

L’Aisne fait partie de ces départements enclavés où l’accès aux soins reste un combat quotidien. Les pharmacies y jouent un rôle de premier recours bien au-delà de la simple délivrance de boîtes.

Mais le numéro 1 du classement se situe encore 40 € au-dessus. Et il n’est ni dans le Nord ni en zone rurale.

Le n°1 : plus de 650 € par habitant, et ce n’est pas Paris

Le département où les habitants dépensent le plus en médicaments en France est le Lot-et-Garonne, avec 653 € par an et par habitant. Un chiffre supérieur de 36 % à la moyenne nationale.

Ce territoire du Sud-Ouest, peuplé de 330 000 habitants seulement, affiche le profil type du sur-consommateur médicamenteux. L’âge médian y atteint 47 ans, contre 41 ans au niveau national. Plus d’un habitant sur quatre a dépassé les 65 ans.

Mais le vieillissement n’explique pas tout. Le Lot-et-Garonne présente aussi un taux de bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) supérieur de 25 % à la moyenne. Cette aide, réservée aux revenus modestes, couvre intégralement les médicaments, ce qui supprime le frein financier à la consommation.

Le département cumule également un maillage pharmaceutique dense pour sa taille : 46 pharmacies pour 100 000 habitants. L’accès facile aux officines, combiné à une population âgée aux revenus modestes, crée un cocktail qui propulse la dépense bien au-delà de ce qu’on observe dans des zones pourtant plus peuplées.

À titre de comparaison, Paris ne figure même pas dans le top 15. Les Parisiens dépensent en moyenne 425 € par an en médicaments, soit 35 % de moins que les habitants du Lot-et-Garonne. La densité médicale de la capitale (148 médecins pour 100 000 habitants) permet un suivi plus régulier et des prescriptions plus ciblées.

Ce que ce classement révèle sur la France

Au-delà des chiffres bruts, ce top 8 dessine une carte sanitaire qui recoupe largement celle des inégalités sociales. Les départements qui dépensent le plus en médicaments sont rarement les plus riches. Ils partagent trois caractéristiques : une population vieillissante, un taux de maladies chroniques élevé et une précarité marquée.

La question du niveau de revenus par région joue un rôle paradoxal. Dans les territoires modestes, la gratuité des soins via la CSS augmente mécaniquement la consommation de médicaments. Dans les zones aisées, les habitants se tournent davantage vers la prévention et les médecines alternatives.

Selon la DREES, la France reste le 3ᵉ pays européen en consommation de médicaments par habitant, derrière la Grèce et le Portugal. Et toi, tu aurais deviné que le Lot-et-Garonne battait tous les records ?

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