Logements vacants : les 7 départements les plus touchés, la Creuse à 17,6 % et un record à Paris
Plus de 3 millions de logements sont vides en France. Mais où se trouvent-ils vraiment ? Pas forcément là où tu le crois.
On a épluché les données pour dresser le top 7 des départements où la vacance pèse le plus lourd. Et il y a une surprise : un département ultra-tendu, que tout le monde fuit pour ses loyers, apparaît dans un autre classement, celui du nombre brut.
Un logement sur douze est vide, mais la moyenne cache tout
D’après l’Insee, 3,1 millions de logements étaient vacants en 2023 (hors Mayotte), soit 8,2 % du parc. Depuis 1990, leur nombre a grimpé de près de 1,2 million, soit environ 60 %.
Cette moyenne nationale gomme des écarts énormes. Dans certains départements, c’est plus d’une porte sur sept qui reste fermée. Le classement ci-dessous s’appuie sur un décompte 2026 par taux de vacance, relayé par Régions & Départements.
Commençons par le bas du podium, où se cachent trois départements bien ancrés dans le centre de la France.
Positions 7 à 5 : la France du milieu se vide
Au n°7, la Haute-Marne affiche 14,7 % de logements vacants, soit 12 843 logements. Plus de la moitié d’entre eux (53,3 %) sont vides depuis plus de deux ans. Ce ne sont donc pas de simples appartements entre deux locataires.
Le n°6 revient à l’Indre : 14,8 % et 18 445 logements vides. Le n°5, l’Allier, grimpe à 15,1 %. Avec 30 690 logements vacants, c’est même le plus gros volume de ce top 7 en métropole.

Ces trois départements ont un point commun : un territoire rural et une population qui diminue. L’Insee parle de « diagonale du vide » pour cette bande peu dense qui traverse le pays. Et ce n’est que le début de la descente.
Position 4 : ce département que les Parisiens adorent pour les week-ends
La Nièvre prend la 4e place avec 15,9 % de logements vacants. Cela représente 21 188 logements, dont 54 % restent vides depuis plus de deux ans. Un chiffre qui dit une vacance installée, pas passagère.
L’Insee la range dans les neuf départements métropolitains où le taux de vacance a gagné plus de 2,5 points entre 2009 et 2020 pour atteindre ou dépasser 11 %. La Creuse, les Ardennes, le Cher, l’Yonne, l’Indre, la Meuse, l’Orne et les Vosges y figurent aussi.
Pourtant, ces territoires attirent de plus en plus de retraités en quête de vie moins chère. Ceux qui quittent le Portugal pour une ville française n’ont pas fait ce choix par hasard. Mais le plus étonnant arrive avec les trois premières places.
Positions 3 et 2 : deux territoires d’outre-mer s’invitent
La Guyane décroche le bronze avec 16,4 % de logements vacants, soit 12 028 logements. La part de vacance de plus de deux ans y atteint 57,6 %. C’est l’un des taux les plus durables du classement.

Et la médaille d’argent revient à Mayotte, avec 17,6 % et 3 973 logements vacants. Le chiffre est identique à celui du leader, mais le volume est quatre fois plus faible. Ce qui change la lecture du classement.
Dans les territoires d’outre-mer, la vacance reflète souvent un parc ancien, des logements à réhabiliter ou des situations d’indivision. L’Insee notait déjà en 2020 que la Martinique (16,1 %) et la Guadeloupe (15,1 %) encadraient la Creuse (15,9 %). Reste à savoir qui est vraiment n°1 aujourd’hui.
Le n°1 : un département de 15 150 logements vides
C’est la Creuse, avec 17,6 % de logements vacants en 2026. Elle compte 15 150 logements vides, dont 58,6 % depuis plus de deux ans. C’est la part la plus élevée de tout le classement.
Autrement dit, plus d’un logement creusois sur sept est inoccupé. Et la majorité de ceux-ci le sont depuis longtemps. Ce département rural, l’un des moins peuplés de la métropole, voit son parc vieillir plus vite que sa population.
Une étude de la Cour des comptes, relayée par l’iFRAP, estime d’ailleurs la vacance dite structurelle à 10,6 % dans la Creuse. Elle atteint 8,8 % dans la Nièvre. Dans les zones tendues, elle plafonne à 1,5 % des logements pour plus de deux ans de vacance.
La vraie surprise : Paris est champion… d’un autre classement
Si tu comptes en nombre brut, le podium change totalement. Paris arrive en tête avec 105 785 logements vacants, devant le Nord (93 139) et les Bouches-du-Rhône (88 289). Pourtant, son taux n’est que de 9,4 %.
La capitale compte aussi 26 264 logements vides depuis plus de deux ans. Le Nord en recense 30 517, le plus grand nombre du pays. Une vacance durable en pleine ville, dans un marché pourtant tendu.
Voilà pourquoi la lecture est double. En volume, la vacance est urbaine et littorale. En proportion, elle est rurale et ultramarine. Dans les deux cas, ce sont des logements qui manquent à ceux qui en cherchent.
Ce que ce classement dit de la France de demain
La tendance est claire : les territoires qui perdent des habitants voient leur parc se vider, quand les grandes villes manquent de logements disponibles. Un paradoxe que la politique du logement peine à résoudre. Les départements où l’on déménage le plus ne sont d’ailleurs pas ceux qui se vident.
Et toi, tu aurais deviné que la Creuse passait devant les territoires d’outre-mer ? Ou que Paris comptait plus de 100 000 logements vides ?
Pour voir l’autre face de la carte, plonge dans l’histoire de ce département qui séduit les retraités. Et si les départs de la maison familiale te parlent, découvre ces pays où l’on quitte le nid si tard.