Les 8 poissons les plus consommés en France : le saumon n’est pas seul en tête et le n°1 surprend tout le monde
Chaque Français consomme en moyenne 34 kg de produits de la mer par an, selon FranceAgriMer. C’est bien au-dessus de la moyenne européenne. Pourtant, quand on leur demande quel poisson domine leur assiette, la plupart se trompent.
Le saumon ? Il est là, évidemment. Mais il n’est pas forcément là où tu l’imagines. Et surtout, le numéro 1 du classement est un poisson que beaucoup considèrent comme un simple « poisson du vendredi » sans prestige. Voici les 8 espèces qui dominent les étals et les caddies français, données FranceAgriMer et France Filière Pêche à l’appui.
Les outsiders du classement : positions 8 à 6
En huitième position, le merlan. Ce poisson blanc à la chair fragile est un classique des cantines et des poissonneries de quartier. Il représente environ 2,3 % des volumes de poisson achetés par les ménages français.

Son prix accessible — rarement au-dessus de 10 € le kilo — explique sa présence. Les anciens l’adorent, les jeunes l’ignorent. C’est typiquement le poisson que ta grand-mère te servait sans te demander ton avis.
En septième position, le bar. Aussi appelé loup en Méditerranée, il a longtemps été réservé aux restaurants. Mais l’essor de l’élevage aquacole a fait chuter son prix moyen autour de 12-15 € le kilo pour le bar d’élevage.
Résultat : sa consommation a bondi de 18 % en dix ans selon les données de la filière pêche. Il séduit les amateurs de cuisine simple, puisqu’un bar au four avec du citron ne demande aucune compétence particulière.
En sixième position, le lieu noir. Moins connu que son cousin le cabillaud, il partage pourtant les mêmes qualités : chair blanche, goût doux, peu d’arêtes. Son avantage décisif, c’est le prix — environ 30 % moins cher que le cabillaud.
Les industriels l’utilisent massivement dans les plats préparés surgelés. Quand tu manges un « filet de poisson pané », il y a de fortes chances que ce soit du lieu noir. Mais un poisson discret et populaire commence à changer la donne dans le haut du classement.
Le ventre mou qui n’en est pas un : positions 5 et 4
Cinquième position : la sardine. Oui, ce petit poisson en boîte que certains restaurants remettent au goût du jour pèse lourd dans les statistiques. La France est le premier consommateur européen de sardines en conserve, avec plus de 15 000 tonnes par an rien qu’en boîtes.

Son atout santé joue aussi : riche en oméga-3, peu chère — entre 1,50 € et 4 € la boîte selon la gamme. Les nutritionnistes la recommandent régulièrement comme alternative aux poissons gras plus coûteux. Sa consommation a progressé de 12 % entre 2020 et 2024.
En quatrième position, la truite. Souvent considérée comme un poisson « de rivière pour pêcheurs du dimanche », elle est pourtant le deuxième poisson d’élevage le plus produit en France. La production aquacole française tourne autour de 32 000 tonnes par an.
La truite fumée a explosé : elle représente désormais 40 % de la consommation totale de truite, selon FranceAgriMer. Son positionnement « alternative au saumon fumé, mais française et moins chère » fonctionne à plein. Et justement, parlons du saumon.
Le podium commence ici — et il réserve un choc
Troisième position : le saumon. Surprise ? Pas qu’il soit dans le top 3, mais qu’il ne soit « que » troisième. Le saumon reste le poisson préféré des Français quand on les interroge en sondage. Pourtant, en volume réellement acheté, il est devancé par deux espèces.
Les Français en consomment environ 4,2 kg par personne et par an. Le saumon fumé pèse un tiers de ce volume, surtout pendant les fêtes de fin d’année. Mais son prix moyen — autour de 18 € le kilo frais, jusqu’à 40 € le kilo fumé — freine les achats réguliers.
Le saumon est aussi celui qui divise le plus. Les débats sur la qualité des produits d’élevage norvégien et les accusations de pollution des fjords ont refroidi une partie des consommateurs. Entre 2019 et 2024, sa progression a ralenti de moitié par rapport à la décennie précédente.
Deuxième position : le cabillaud. Le roi de la morue, le poisson des fish and chips, le pilier des cantines. Le cabillaud (aussi vendu sous le nom de morue quand il est salé et séché) représente environ 14 % des achats de poisson frais en France.
Sa chair blanche et son goût neutre en font le « poulet de la mer » : il convient à tout le monde, ne sent pas trop fort et se cuisine de mille façons. Mais les stocks sauvages de cabillaud en Atlantique Nord sont en tension. Le prix a grimpé de 25 % en cinq ans, selon les relevés des mareyeurs.
Malgré cette hausse, les Français ne lâchent pas. Les courses alimentaires incluent quasi systématiquement du cabillaud surgelé, en particulier dans le nord de la France. Reste le numéro 1, et il pourrait te déstabiliser.
Le numéro 1 que personne ne cite en premier
Première position : le thon. Pas le thon rouge de Méditerranée à 200 € le kilo. Le thon en conserve. Cette petite boîte que 89 % des foyers français ont dans leur placard, selon Kantar Worldpanel.
La France consomme chaque année plus de 230 000 tonnes de thon, tous formats confondus. C’est le poisson le plus acheté en grande surface, et de très loin. La conserve représente à elle seule près de 65 % de ce volume.
Son prix imbattable — entre 1 € et 3 € la boîte de 200 g — en fait un réflexe alimentaire. Salade, pâtes, sandwich, pizza : le thon se glisse partout sans effort. Selon FranceAgriMer, la consommation de thon en boîte a encore progressé de 5 % en 2024, dopée par l’inflation qui pousse les ménages vers les protéines les moins chères.
Le thon albacore et le listao dominent les approvisionnements français. Mais des questions émergent sur la surpêche dans l’océan Indien et le Pacifique. Plusieurs ONG alertent sur l’état des stocks de listao, qui fournit la majorité des conserves vendues en Europe.
Ce que ce classement révèle sur nos habitudes
Le top 3 — thon, cabillaud, saumon — à lui seul représente plus de 55 % de la consommation française de poisson. Cette concentration inquiète les spécialistes, qui plaident pour une diversification vers des espèces locales et moins menacées.
Le prix reste le premier critère d’achat. Les poissons qui montent dans le classement — sardine, truite, lieu noir — sont tous positionnés sous les 12 € le kilo. Ceux qui stagnent ou reculent, comme le bar sauvage ou le saumon premium, dépassent les 20 €.
La conserve écrase le frais. Plus de 40 % du poisson consommé en France l’est sous forme de conserve ou de surgelé, selon les dernières données disponibles. Le rayon frais des poissonneries, lui, perd du terrain chaque année.
Alors, tu aurais deviné que le thon en boîte battait le saumon et le cabillaud ? La prochaine fois que tu ouvriras machinalement une conserve pour ta salade du midi, tu sauras que 67 millions de Français font exactement la même chose.