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Les 8 villes françaises où les habitants paient le moins d’impôts sur le revenu : la n°1 est à moins de 800 € par an

Publié par Claire le 20 Juin 2026 à 17:01

En France, l’impôt sur le revenu varie considérablement d’une ville à l’autre. Certaines communes affichent des montants moyens si bas qu’on pourrait croire à une erreur de calcul. D’autres, pourtant réputées modestes, réservent de vraies surprises.

La Direction générale des finances publiques (DGFiP) publie chaque année les données fiscales commune par commune. En croisant ces chiffres avec les statistiques de l’INSEE sur les revenus déclarés, un classement inattendu émerge. Et le podium n’a rien à voir avec ce que tu imagines.

Pourquoi l’écart est aussi spectaculaire entre deux villes

L’impôt sur le revenu dépend du revenu fiscal de référence de chaque foyer, pas de la ville elle-même. Mais certaines communes concentrent des populations aux revenus modestes, ce qui tire la moyenne vers le bas. En 2024, le montant moyen d’impôt sur le revenu par foyer fiscal imposé en France métropolitaine s’élevait à environ 4 690 €.

Personne consultant ses documents fiscaux avec surprise

Les villes de ce classement sont toutes sous la barre des 2 000 €. Certaines descendent même sous les 1 000 €. Un écart qui s’explique par la structure économique locale : forte proportion d’ouvriers, de retraités à petite pension ou de travailleurs à temps partiel.

À l’inverse, des communes comme Neuilly-sur-Seine dépassent les 18 000 € de moyenne. L’écart entre la ville la plus taxée et la moins taxée est donc supérieur à un facteur 20. Mais avant de découvrir le bas du classement, commençons par les positions les plus « élevées » de ce top.

Positions 8 à 6 : des villes du Nord et de l’Est que peu soupçonnent

En 8ᵉ position, on trouve Roubaix (Nord). L’ancienne capitale du textile affiche un impôt moyen sur le revenu par foyer imposé d’environ 1 920 €. Le taux de pauvreté y dépasse 44 %, l’un des plus élevés de France métropolitaine selon l’INSEE.

En 7ᵉ position, Mulhouse (Haut-Rhin) descend à environ 1 840 €. La ville, qui compte parmi les bassins d’emploi les plus tendus d’Alsace, voit ses revenus médians stagner depuis dix ans.

Vue aérienne d'une ville industrielle du nord de la France

En 6ᵉ position, Calais (Pas-de-Calais) se place à environ 1 780 €. Le revenu médian par unité de consommation y est inférieur de 30 % à la moyenne nationale. La ville portuaire subit les effets cumulés de la désindustrialisation et d’un chômage structurel élevé.

Ces trois villes partagent un point commun : une histoire industrielle glorieuse suivie d’un déclin économique brutal. Mais les positions suivantes montrent que le phénomène dépasse largement le Grand Nord.

Positions 5 et 4 : quand le Sud s’invite dans le classement

En 5ᵉ position, Béziers (Hérault) casse le cliché du Midi prospère. L’impôt moyen y tourne autour de 1 650 €. Avec un revenu médian de 15 800 € par an et par unité de consommation, la ville se situe 25 % sous la moyenne nationale.

Le vignoble environnant a longtemps porté l’économie locale. Mais la crise viticole et le vieillissement de la population ont profondément transformé le tissu fiscal. Près d’un habitant sur trois est retraité, souvent avec de petites pensions.

En 4ᵉ position, Perpignan (Pyrénées-Orientales) affiche environ 1 520 €. Le département est régulièrement cité parmi ceux où l’épargne des habitants est la plus faible. Le taux de chômage local dépasse les 14 %, soit presque le double de la moyenne nationale.

Deux villes du Sud dans le top 5, voilà qui bouscule l’image des terrasses ensoleillées et du rosé insouciant. Et le podium réserve encore plus de surprises.

Le podium : trois villes où l’impôt moyen passe sous les 1 300 €

La 3ᵉ position revient à Denain (Nord). Cette commune de 20 000 habitants, coincée entre Valenciennes et Douai, affiche un impôt moyen d’environ 1 280 €. Le revenu médian y est l’un des plus faibles de France : à peine 13 200 € par an et par unité de consommation.

Denain a perdu ses hauts fourneaux dans les années 1980. Quarante ans plus tard, la ville n’a jamais retrouvé son niveau d’emploi d’avant. Le taux de pauvreté y frôle 47 %, selon les dernières données INSEE.

En 2ᵉ position, Grigny (Essonne) fait mentir ceux qui pensent que l’Île-de-France est synonyme de hauts revenus. L’impôt moyen sur le revenu y tombe à environ 1 050 €. La commune de 30 000 habitants, connue pour sa Grande Borne, affiche un taux de pauvreté de 45 %. Le revenu médian stagne autour de 12 500 € par an.

Grigny est aussi l’une des villes où les loyers sont parmi les plus bas d’Île-de-France. Ce qui attire des foyers modestes, renforçant encore l’écart fiscal avec les communes voisines. Mais une ville fait encore mieux — ou plutôt, encore moins.

La n°1 : moins de 800 € d’impôt moyen par foyer

Roubaix a déjà été citée en 8ᵉ position à l’échelle des foyers imposés. Mais si l’on regarde le montant moyen d’impôt rapporté à l’ensemble des foyers fiscaux (imposés et non imposés), c’est une autre commune qui domine ce classement : Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise).

À Garges-lès-Gonesse, l’impôt moyen sur le revenu par foyer fiscal tombe à environ 780 €. Sur les 16 000 foyers fiscaux de la commune, plus de 60 % ne sont tout simplement pas imposables. Parmi ceux qui le sont, la moyenne reste inférieure à 1 900 €.

Le revenu médian par unité de consommation y est de 12 100 €, soit 40 % de moins que la moyenne nationale. La commune de 42 000 habitants, située à 15 km de Paris, concentre une population jeune : l’âge médian est de 31 ans, contre 41 ans au niveau national.

Cette jeunesse explique en partie le faible montant fiscal. Beaucoup de foyers sont composés de jeunes actifs en début de carrière ou de familles nombreuses dont le quotient familial réduit mécaniquement l’impôt. Le taux de chômage local avoisine 18 %.

Ce que ce classement révèle sur la France de 2025

Sur les huit villes du classement, cinq sont situées dans les Hauts-de-France ou en Île-de-France. Le mythe d’une France du Nord riche face à un Sud pauvre est largement dépassé. La fracture est désormais urbaine : elle sépare les centres métropolitains prospères de leurs périphéries déclassées.

En 2024, 16,8 millions de foyers fiscaux français n’étaient pas imposables, soit environ 43 % du total. Dans les villes de ce classement, ce taux grimpe systématiquement au-dessus de 55 %. La concentration de foyers non imposables dans certaines communes crée un effet de cumul que les moyennes nationales masquent complètement.

Ces données interrogent aussi la notion même de richesse en France. Quand le seuil officiel de « richesse » est fixé à environ 3 860 € nets par mois pour une personne seule, les habitants de ces villes en sont souvent très loin.

Et toi, tu aurais deviné que la ville où l’on paie le moins d’impôt sur le revenu se trouve à un quart d’heure du périphérique parisien ?

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