Les 8 villes françaises où l’on va le plus au travail à vélo : Paris n’est même pas dans le top 15
Dans certaines villes françaises, le vélo n’est plus un loisir du dimanche : c’est carrément devenu le mode de transport principal pour aller travailler. L’Insee a comparé les 41 communes de plus de 100 000 habitants sur cette pratique, et l’écart entre la première et la dernière place est vertigineux.
Devine qui termine tout en bas de ce classement, malgré des milliers de vélos en libre-service à disposition… Et ce n’est pas la seule surprise qui t’attend dans ce top 8.
Ces grandes villes où le vélo reste un détail du quotidien
Commençons par la fin, là où on ne l’attendait pas forcément. Paris, pourtant équipée de plus de 1 500 stations Vélib’ et de 17 000 vélos en libre-service, ne pointe qu’à la 18e place sur 41 grandes villes françaises. Seuls 4,2 % des actifs parisiens vont travailler à vélo, juste derrière Orléans et juste devant Nancy.

Un score presque anecdotique face au trafic automobile et à la pollution générée par la circulation dans la capitale. Juste devant, on trouve Besançon, 16e du classement avec 4,4 % de cyclistes parmi les actifs.
Dijon fait un peu mieux : 5,5 % des actifs y utilisent le vélo pour se rendre au travail, ce qui la place en 11e position nationale. La ville dispose pourtant d’un système de location en libre-service et d’aménagements cyclables dédiés, sans que cela suffise à rivaliser avec les championnes du classement.
Alors, qui grimpe soudain très haut dans ce classement ? Direction le Sud, où la pratique a littéralement explosé en quelques années.
Dans le Sud, la petite reine a pris le pouvoir en un temps record
À Montpellier, 6 % des actifs allaient au travail à vélo en 2015. Quatre ans plus tard, ils étaient plus de 8 %, l’une des progressions les plus rapides de France.
Même scénario à Toulouse, en encore plus marqué : la part de cyclistes est passée de 7 % en 2015 à 10 % en 2019. La crise sanitaire a ensuite accéléré ce changement de pratiques dans toute la région.
Cette croissance est aussi portée par l’arrivée de nombreux nouveaux habitants dans ces métropoles, un phénomène qu’on retrouve d’ailleurs dans les départements où l’on déménage le plus.
Bordeaux, elle, caracole déjà à 11,8 % des actifs, la troisième meilleure performance parmi les grandes villes françaises. Elle devance même des villes réputées très cyclables comme Nantes ou Rennes.
Encore deux marches avant le sommet. Et la suivante appartient à une ville qu’on n’imaginait vraiment pas cycliste.
Cette ville entourée de montagnes bat presque tout le monde à vélo
Grenoble grimpe à la deuxième place du classement national avec 15,2 % des actifs se déplaçant à vélo pour travailler. Un chiffre spectaculaire pour une ville encerclée par des massifs montagneux.
L’explication tient en un détail géographique : Grenoble est en réalité la ville la plus plate de France, malgré les sommets qui l’entourent. De quoi transformer chaque trajet domicile-travail en balade quasiment sans dénivelé.
Reste une seule ville capable de la devancer. Et elle écrase littéralement toute la concurrence nationale.
Cette ville où le vélo a quasiment remplacé la voiture pour aller travailler
Sans surprise pour ceux qui la connaissent, Strasbourg trône au sommet du classement national. 16 % des actifs strasbourgeois vont travailler à vélo, un score que personne d’autre n’approche parmi les grandes villes françaises.

La ville a construit le premier réseau cyclable de France, une longueur d’avance qui date de plusieurs décennies déjà. L’Insee elle-même a surnommé Strasbourg le « maillot jaune de la petite reine » dans une de ses publications.
Le département du Bas-Rhin confirme cette suprématie : avec 6,1 % des actifs à vélo, c’est le département le plus cycliste de France, loin devant tous les autres territoires.
Cette pratique quotidienne n’est sans doute pas étrangère à la bonne santé cardiovasculaire de ses habitants, un facteur qu’on retrouve aussi dans le classement des villes où l’on vit le plus vieux.
À l’échelle nationale, seuls 2 % des actifs français vont travailler à vélo, un chiffre resté quasi stable pendant des années. Il a toutefois progressé de deux points dans les centres-villes entre 2015 et 2020, pour atteindre 6 % début 2020.
Le vélo, nouveau critère pour choisir sa ville ?
Ce classement confirme une tendance de fond : plus une ville est dense et équipée en pistes cyclables, plus ses actifs délaissent la voiture. Un critère qui s’ajoute désormais à d’autres classements consultés par les Français avant de déménager, comme celui des villes où les loyers sont les moins chers ou des villes où l’eau coûte le moins cher.
Alors, tu aurais deviné que Strasbourg écrase Paris à ce point sur le vélo ? Si l’envie de changer de vie te chatouille, un détour par le classement de la meilleure ville du monde pour la retraite, une autre capitale du deux-roues, pourrait bien achever de te convaincre.