Ils construisent pendant 2 ans et demi une serre de 400 m² autour de leur maison : cinq ans après, ils y cultivent des abricots en Suède

Imaginez une maison dont le jardin ne gèle presque jamais, même au cœur de la Suède. Roja Brimalm et Johan Holmstedt l’ont construite eux-mêmes, sous une immense verrière. Résultat : des abricots dans le verger, des légumes toute l’année et, selon la source, un chauffage qui reste éteint. Reste à comprendre comment un tel miracle tient debout.
Une verrière de 400 m² posée autour d’une maison, en pleine campagne suédoise
Tout commence à Vadstena, dans la campagne suédoise. Roja et Johan auraient pu choisir une maison classique. Ils ont préféré une idée bien plus folle : enfermer leur habitation dans une serre en verre de 400 m².
Le chantier a duré environ deux ans et demi. Aidés d’amis, ils ont pratiquement tout fait eux-mêmes. La maison principale compte un sous-sol et deux étages, donc rien d’un abri de jardin amélioré.
Leur modèle ? Les natur’houses, imaginées par l’architecte suédois Bengt Warne. Le principe : un habitat biodynamique où une grande serre entoure la maison pour créer un écosystème autosuffisant.
Cinq ans plus tard, le couple ne regrette rien. « J’adore cette maison. Le résultat est bien meilleur que ce que nous avions imaginé », confie Roja. Ils ne sont pas les seuls à tenter l’aventure : cet architecte de l’Eure qui garde 23 °C chez lui sans climatiseur prouve aussi qu’on peut repenser la maison autour du climat.
Mais comment une simple paroi de verre peut-elle transformer l’hiver scandinave ?
Du verre trempé de 4 mm, des toits automatiques et un climat qui rappelle la Méditerranée
La clé tient d’abord dans les vitres. Elles sont en verre trempé de 4 millimètres. Elles protègent la maison du vent tout en laissant entrer soleil et lumière.
Dès que le soleil tape sur la verrière, la chaleur grimpe vite à l’intérieur. Le couple vit ainsi dans un microclimat qui permet de cultiver des légumes toute l’année, malgré le froid suédois. Et quand il fait trop chaud, des panneaux de toit automatiques assurent la ventilation.
À l’intérieur, on retrouve un climat méditerranéen une grande partie de l’année. Roja, d’origine iranienne, fait même pousser des abricots dans son verger. Un fruit qui lui rappelle des souvenirs d’enfance.
Autre détail qui change tout : l’eau. Selon SVT Nyheter, les eaux usées passent par plusieurs réservoirs au sous-sol. Leurs nutriments nourrissent les plantes, puis l’eau est assez propre pour être rejetée dans la nature. Pour un autre exemple de technique ancienne qui conserve les légumes sans électricité, la logique d’autonomie est la même.
Alors, ce système tient-il vraiment sans chauffage ? Voici ce que raconte le couple.

Pas de chauffage, mais des bougies : la vérité sur les nuits d’hiver
Parlons du détail qui fait lever les sourcils. Quand on parle d’isolation et de chauffage, on pense radiateurs et factures. Ici, selon la source, le couple n’allume jamais le chauffage.
Tout n’est pourtant pas parfait. Quand la nuit tombe ou que le ciel reste gris, la température peut chuter de quelques degrés. En hiver, malgré la serre, elle peut même devenir négative dans le jardin.
Roja a alors sa parade, toute simple : elle allume quelques bougies pour aider ses fleurs à supporter le froid. Pas de technologie sophistiquée, juste un geste de jardinière.
Les visiteurs, eux, sont bluffés. « Beaucoup rêvent de construire une maison comme celle-ci. Ils sont surpris, en y entrant, de constater qu’il n’y fait ni trop chaud, ni trop humide », explique Roja. Un couple venu du Canada est même passé voir le système, avec l’idée d’en bâtir une.
Voilà la réponse : un verre qui capte la chaleur, une ventilation automatique et un sous-sol qui recycle l’eau. Reste la question qui fâche : combien ça coûte ?
Un surcoût de 30 % et déjà de nouveaux projets
Le prix est le revers de la médaille. Ces maisons coûtent 30 % plus cher à construire que des maisons traditionnelles. Mais comme leurs habitants chauffent très peu, ils font des économies sur le long terme.
Le modèle séduit de plus en plus de monde. Il pourrait, selon la source, se généraliser dans les pays froids. Pour qui rêve d’un chez-soi différent, c’est une piste sérieuse. Dans un autre registre, cette chambre de bonne de 19 m² transformée en studio pastel montre qu’on peut tout repenser.
Roja et Johan, eux, n’ont pas fini. Ils veulent installer une deuxième serre pour cultiver davantage de fruits et légumes. Ils rêvent aussi d’une pool house, une petite annexe à côté d’une piscine.
Ils ne sont pas seuls dans cette voie : un homme a construit sa tiny house au milieu d’une serre et vend ses légumes à un restaurant. Et si vous cherchez une idée plus modeste pour votre jardin, cette mini-piscine sans permis séduit déjà les propriétaires français.
Une chose est sûre : leur maison inspire bien au-delà de la Suède.
Vivre sous verre, cultiver des abricots sous le ciel suédois, laisser le chauffage éteint : le rêve de Roja et Johan est devenu quotidien. Et si les anciens avaient déjà des réponses simples, le geste qui garde les tomates fraîches jusqu’à Noël pourrait vous surprendre. Quant à la chaleur, saviez-vous que fermer ses volets en plein jour fait gagner jusqu’à 5 °C ?