Cinquième canicule en préparation : ce créneau du mois d’août inquiète déjà les météorologues
Un petit répit, mais pas de quoi crier victoire. Ce mardi 4 août 2026, les températures redescendent enfin sur une grande partie de la France. Sauf que les météorologues voient déjà la suite se profiler, et elle ressemble beaucoup aux épisodes qu’on vient de vivre.

Un répit qui ne dit pas son nom

Sur la moitié sud et est du pays, la chaleur reste bien installée malgré la baisse générale des températures. Les valeurs demeurent au-dessus des normales de saison jusqu’à la mi-août, selon les dernières prévisions météo.
Le météorologue et océanographe Yann Amice est formel sur actu.fr : « pas de pluie à l’horizon avant le 17 août, au mieux ». Une phrase qui en dit long sur l’ampleur du déficit hydrique accumulé depuis juin.
Ce lundi 3 août, des orages localement très forts ont pourtant traversé le pays. Mais ces épisodes pluvieux, même violents, restent bien trop ponctuels pour changer la donne sur les sols asséchés.
Ce fameux « creux » des 6 et 7 août
Entre le 6 et le 7 août, un bref moment de fraîcheur relative est attendu à l’échelle nationale. Mais Yann Amice tempère immédiatement l’enthousiasme : cette fenêtre reste « bien modeste et largement insuffisante pour inverser la tendance de déficit hydrique cumulé ».
Autrement dit, ce sont deux ou trois jours de répit, pas un changement de régime météo. Et c’est justement ce qui inquiète : le schéma qui se dessine ensuite reproduit presque à l’identique celui des épisodes précédents.
Car depuis le mois de mai, un phénomène revient sans cesse perturber l’atmosphère au-dessus de la France, un blocage qui favorise systématiquement le retour du soleil et de la chaleur.
Le mécanisme qui revient encore et encore
Les modèles météo évoquent un « repositionnement de la dorsale via un creux de géopotentiel relatif transitoire », suivi d’une « reconstruction anticyclonique à partir du 8-9 août en surface ». Un jargon technique, mais un scénario limpide : l’anticyclone se réinstalle.
Depuis mai, ces situations de blocage anticyclonique se succèdent à proximité immédiate de la France, provoquant de longues périodes de calme, de soleil et de chaleur qui reviennent presque en boucle.
Cette fois, une nouvelle dorsale anticyclonique en altitude devrait se bloquer sur le sud de l’Europe. Un phénomène amplifié par une mer Méditerranée anormalement chaude pour la saison.
Vers un cinquième épisode caniculaire

D’après les modélisations disponibles à cette échéance, du très chaud est attendu « entre le 10 août et le 14 août au moins », en particulier dans le sud du pays. L’indicateur thermique national, qui moyenne les températures sur 30 stations réparties dans toute la France, devrait repasser au-dessus du seuil de canicule.
Bonne nouvelle relative : ce nouvel épisode ne devrait pas atteindre les extrêmes de fin juin, du moins en l’état actuel des modélisations. Mais le sud du pays restera clairement en première ligne.
Le scénario rend « très probable » un cinquième épisode caniculaire entre le 12 et le 14 août, selon Yann Amice. De quoi allonger encore une liste déjà longue en cet été 2026.
Un été qui n’a laissé aucun répit
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut revenir sur le fil de l’été. Un épisode caniculaire précoce dès mai n’avait pas atteint les seuils officiels de vague de chaleur. Puis un premier épisode intense a frappé du 17 au 30 juin.
La deuxième vague de chaleur de l’été, du 4 au 19 juillet, s’est démarquée par sa durée exceptionnelle de 15 jours. Une partie du pays n’est d’ailleurs toujours pas sortie de la dernière vague, débutée le 28 juillet.
Ce lundi 3 août, l’alerte canicule reste maintenue dans 20 départements, du Territoire de Belfort à la Corse en passant par le Var. Un signal qui confirme que la sécheresse des sols continue de s’aggraver, semaine après semaine.
Ce que cette répétition change pour les prochaines semaines
Ce cinquième épisode caniculaire, s’il se confirme, viendrait allonger une saison déjà marquée par des alternances brutales entre chaleur extrême et orages violents. Un rythme qui pèse autant sur les organismes que sur les sols.
Reste que les modèles météo à cette échéance comportent toujours une marge d’incertitude, notamment sur l’intensité exacte du pic annoncé autour du 10-14 août. Les prochains jours permettront d’affiner ces prévisions.
En attendant, mieux vaut anticiper : petits gestes pour garder la maison fraîche sans clim, réflexes à adopter la nuit, et vigilance sur l’hydratation restent de mise. Ajoutez votre ville en favori pour suivre l’évolution heure par heure.