45,7°C en septembre : l’Espagne bat un record vieux de 9 ans, et l’été 2026 s’annonce pire encore

Le thermomètre s’est encore emballé de l’autre côté des Pyrénées. Jeudi, à El Granado, dans le sud-ouest de l’Espagne, les stations météo ont affiché 45,7°C. Un chiffre qui claque, en plein début septembre, quand on s’attend d’ordinaire à voir les températures redescendre. Reste à comprendre pourquoi ce record n’a rien d’un accident isolé, et ce qu’il annonce pour la suite.
Un record qui n’en est pas vraiment un
Ce qui frappe d’abord, c’est que 45,7°C n’est pas un chiffre inédit. C’est exactement la même valeur qui avait été enregistrée le 6 septembre 2016 à Montoro, toujours en Andalousie. Neuf ans plus tard, l’Espagne égale donc son propre record de chaleur pour un mois de septembre, sans le dépasser, mais sans non plus s’en approcher timidement.
L’agence météorologique espagnole, l’Aemet, a confirmé l’information vendredi. Elle précise aussi que ce relevé constitue la température la plus élevée mesurée dans le pays depuis le début de l’année 2026. Autrement dit : ni juillet, ni août, mais bien le début de septembre qui décroche la palme absolue.
De quoi rappeler que la saison chaude, en Europe du Sud, ne suit plus vraiment le calendrier qu’on lui connaissait, un peu comme l’été 2026 qui a déjà marqué l’histoire en France.
Certaines régions andalouses, mais pas celle d’El Granado, avaient d’ailleurs été placées en alerte rouge canicule la veille. L’Aemet a souligné un fait rare : c’est la première fois depuis la création de ce système d’alerte en 2007 qu’un tel niveau est activé en septembre pour cause de chaleur. Un signal qui s’ajoute à une série d’épisodes extrêmes qui ont ponctué la saison, comme cette deuxième vague de chaleur redoutée dès juillet.
Une année déjà classée parmi les plus chaudes de l’histoire
Le plus inquiétant ne tient pas à ce seul jeudi de septembre. C’est la tendance de fond que l’Aemet met en avant. Selon l’agence, la période allant de janvier à août 2026 a été « la plus chaude de toute la série historique » en Espagne continentale.
L’écart n’est pas anecdotique : l’Aemet parle d’« une nette avance » sur les quatre années précédentes, elles-mêmes déjà considérées comme exceptionnellement chaudes. En clair, l’Espagne n’a pas connu une chaude année isolée, elle a battu ses propres records récents, année après année, sur une trajectoire ascendante.
L’agence ne mâche pas ses mots pour qualifier ce constat : « un signe sans équivoque que, en Espagne, le réchauffement s’accélère ». Une phrase qui résonne avec ce que d’autres pays du pourtour méditerranéen observent aussi, à l’image de cette eau à 33°C en Méditerranée qui inquiète les météorologues avant même l’arrivée de l’automne.
Cette accélération se traduit concrètement par une multiplication des épisodes de chaleur extrême tout au long de l’été 2026, sans répit durable entre deux vagues, un schéma que l’on retrouve aussi en France avec ce court répit météo qui n’a pas duré.

Pourquoi septembre change la donne
Un record de chaleur en plein cœur de l’été, en juillet ou en août, surprend peu désormais. Ce qui rend celui-ci particulier, c’est sa date : début septembre, quand l’ensoleillement diminue et que les nuits commencent, normalement, à rafraîchir l’atmosphère.
Voir un thermomètre grimper à 45,7°C à cette période traduit un déséquilibre plus profond que la simple répétition d’une canicule estivale, un peu comme cette vague de chaleur historique observée dès le mois de mai en amont de la saison.
Les scientifiques observent depuis plusieurs années un allongement de la fenêtre des chaleurs extrêmes, qui déborde désormais largement sur l’automne et parfois même sur l’hiver. L’activation, en Andalousie, du niveau d’alerte rouge canicule pour la première fois en septembre depuis 2007 illustre ce glissement calendaire de façon très concrète.
Reste une question que l’Aemet ne tranche pas explicitement dans son communiqué : combien de temps encore cette chaleur tardive va-t-elle persister avant l’arrivée d’un automne plus classique ? Les prochaines semaines diront si El Granado restera un pic isolé ou l’amorce d’une nouvelle séquence, tant les scénarios météo redoutés par les experts se sont multipliés cette année, à l’image de ce scénario de canicule jugé très probable quelques mois plus tôt.
Un chiffre égalé, une alerte rouge inédite en septembre, une année déjà classée parmi les plus chaudes : la chaleur espagnole ne fait plus de pause, elle change simplement de calendrier. Reste à savoir combien de records tomberont encore avant que l’automne ne s’installe pour de bon.