Selon Météo France, cette deuxième vague de chaleur extrême pourrait frapper dès début juillet et durer jusqu’au 14

La France suffoque déjà sous des températures historiques. Mais le pire n’est peut-être pas derrière nous. Météo France anticipe un scénario redouté : le retour de chaleurs extrêmes dès la première semaine de juillet, avec une intensité qui pourrait tenir jusqu’au 14 juillet. Et le gouvernement admet que le pays n’est pas prêt.
Record de chaleur battu en plein mois de juin : la France déjà à genoux
Mardi 24 juin 2026, la France a enregistré sa journée la plus chaude jamais mesurée à cette période de l’année. Pas un record symbolique. Un record absolu. Pannes d’électricité dans le Finistère, fermetures d’écoles anticipées, sites touristiques bouclés avant l’heure : la canicule actuelle a mis à nu les failles du pays.
Invitée au micro de France Inter, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a tenté de rassurer en annonçant une « pause relative » pour la semaine suivante. Sauf que cette accalmie s’annonce brève. Et surtout, très inégale selon les régions. Météo France prévient : la sortie de canicule sera lente, et ne se fera pas partout en même temps.
Ce qui inquiète, c’est la suite immédiate. Car derrière cette courte trêve se dessine un scénario que les météorologues qualifient déjà de vague de chaleur intense. Et les modèles climatiques pointent vers un enchaînement sans précédent. Un phénomène que certains scientifiques relient directement aux bouleversements climatiques en cours.
« De fortes probabilités » de chaleurs extrêmes dès début juillet selon la ministre
Les mots de Monique Barbut ont fait l’effet d’une douche froide — si l’on ose dire. « Météo France nous indique qu’il y a de fortes probabilités pour qu’à partir de la semaine d’après, nous revenions à des chaleurs extrêmes qui pourraient effectivement nous amener jusqu’au 14 juillet », a-t-elle déclaré. Deux semaines potentielles de fournaise. Minimum.
Face à l’emballement médiatique, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a rapidement tempéré. « Il faut être prudent quand on parle de prévisions météorologiques », a-t-elle nuancé lors du compte rendu du conseil des ministres. Selon elle, le scénario de canicules répétées est « l’un des scénarios plausibles » — pas une certitude absolue.
L’entourage de la ministre a précisé que ses déclarations portaient sur les scénarios de préparation, pas sur une prévision figée. Ces scénarios « vont au-delà des seules prévisions météo pour anticiper les différentes situations auxquelles le pays pourrait être confronté ». Autrement dit : le gouvernement se prépare au pire. Ce qui, en soi, n’a rien de rassurant. Car si l’État anticipe un tel scénario, c’est que les modèles météorologiques le rendent suffisamment crédible pour mobiliser des moyens.

« Un mur d’investissements » : pourquoi la France n’est pas prête pour ces étés brûlants
La météo extrême n’est plus un événement ponctuel. C’est le nouveau normal. Et Monique Barbut l’a admis sans détour : la France se trouve face à « un mur d’investissements » en matière d’adaptation au changement climatique. Réseaux urbains, réseaux d’eau, infrastructures SNCF — tout doit être repensé.
« C’est clairement pas suffisant », a reconnu la ministre. « L’adaptation, c’est une politique de long terme. Il faut revoir tous nos réseaux. C’est pas des choses qu’on va faire ni en cinq ans, ni en dix ans, mais il faut les inscrire dans la durée. » Un aveu d’impuissance qui en dit long sur le retard accumulé.
Interrogée sur les récents gels de crédits dans le Fonds vert, elle a botté en touche. Les collectivités auraient formulé peu de demandes cette année, élections municipales obligent. Un argument qui passe mal quand les écoles ferment et que les centrales électriques peinent à suivre. Le dérèglement climatique n’attend pas les calendriers électoraux.
Deux vagues de canicule en moins de quinze jours, un gouvernement qui reconnaît son retard, des infrastructures qui craquent : l’été 2026 pourrait marquer un tournant dans la conscience collective française. La vraie question, maintenant, c’est simple : quand est-ce qu’on passe de la préparation au pire… à l’action pour l’éviter ?