« L’été grignote les autres saisons » : jusqu’à 36 °C cette semaine, une vague de chaleur menace la France
Fin mai, la France essuyait déjà un épisode caniculaire qui a duré près d’une semaine. On pensait souffler un peu. Raté : les températures sont reparties à la hausse ce week-end, avec des pointes à 36 °C en Nouvelle-Aquitaine et sur le pourtour méditerranéen.
Et selon Météo France, ce n’est que le début. Le prévisionniste Corentin Perrot prévient : une possible vague de chaleur pourrait s’installer dès jeudi sur le pays. Voici ce qui vous attend, jour par jour.
Lundi : la façade ouest prend cher en premier

Les conditions anticycloniques sont à l’œuvre. Concrètement, l’air « continue de se réchauffer sur lui-même par compression », explique Corentin Perrot. Traduction : pas de vent, pas de nuages, et un soleil qui tape sans relâche sur la quasi-totalité de l’Hexagone.

Seule la pointe du Finistère pourrait voir quelques pluies faibles en matinée. Un temps plus gris, avec de la bruine, est aussi attendu du côté de Cherbourg et du Havre dans l’après-midi. Pour le reste du pays, c’est grand bleu.
Côté thermomètre, les maximales se concentrent sur l’ouest. Bordeaux et Nantes grimpent jusqu’à 35 °C. Bourges, Limoges et Toulouse atteignent 33 °C. Même Rennes et Alençon flirtent avec les 32 °C — des valeurs inhabituelles pour ces villes en mi-juin.
Dans la moitié nord, les après-midi oscillent entre 19 °C et 32 °C. Au sud, comptez entre 23 °C et 33 °C. « Les maximales seront plus localisées en début de semaine », précise le prévisionniste. Mais la suite s’annonce autrement plus généralisée.
Mardi et mercredi : la barre des 30 °C envahit le pays
Mardi, la masse d’air chaud se décale vers les régions centrales et les bords de la Méditerranée. Perpignan et Montpellier visent les 35 °C. Toulouse reste à 33 °C. Le Grand Est se réchauffe aussi, malgré un ciel plus couvert : jusqu’à 28 °C y sont attendus.
Sur la côte Atlantique, les températures redescendent légèrement, entre 20 °C et 30 °C. L’air chaud a simplement migré vers l’est. Si vous êtes à Bordeaux ou Marseille, la journée de mardi reste lourde, mais c’est mercredi qui marque le vrai tournant.
Car mercredi, « la barre des 30 °C devrait être atteinte dans l’ensemble du pays, excepté sur les côtes de la Manche et la Bretagne », observe Corentin Perrot. Autrement dit : il fera chaud partout.
Les régions les plus exposées ? L’Occitanie intérieure, la Nouvelle-Aquitaine, le Centre-Val de Loire et la Bourgogne, où les thermomètres pourraient afficher entre 35 °C et 36 °C. Des niveaux qui rappellent la vague de chaleur historique de mai. Et pourtant, le pire pourrait arriver le lendemain.
À partir de jeudi : le mot « canicule » revient sur la table
Jeudi marque une bascule. Une masse d’air chaud venue du sud s’apprête à recouvrir le pays. Selon Corentin Perrot, on entre alors dans le territoire d’une « possible vague de chaleur », définie par un indicateur thermique national que Météo France surveille de près.
Le problème, ce n’est pas seulement la journée. « Les maximales comme les minimales s’annoncent chaudes », pointe le spécialiste. Les nuits ne redescendront pas sous 20-22 °C dans de nombreuses régions — un seuil critique pour le corps humain, qui ne récupère plus correctement. Si vous avez un ventilateur à la maison, c’est le moment de vérifier que vous l’utilisez correctement.

Du côté des maximales, les 33 à 34 °C seront « souvent dépassés dans différentes parties du territoire ». Une canicule officielle reste incertaine à ce stade, mais la dynamique est clairement enclenchée.
Pour les personnes âgées, les jeunes enfants et ceux qui travaillent en extérieur, ces journées exigent une vigilance renforcée. Un coup de chaleur peut survenir en quelques heures seulement. Et si vous vous demandez si vous pouvez venir au bureau en short, la réponse est plus nuancée que vous ne le pensez.
Pourquoi ces épisodes se multiplient — et ce n’est pas près de s’arrêter
Ce qui frappe, c’est la répétition. Fin mai, une canicule. Début juin, une deuxième vague inattendue. Mi-juin, rebelote. Trois épisodes de forte chaleur en moins d’un mois — et l’été n’a même pas officiellement commencé.
Corentin Perrot résume la situation en une phrase : « En raison du changement climatique, ces épisodes de chaleur sont amenés à être de plus en plus remarquables, intenses, durables et fréquents. » Les modèles climatiques le confirment année après année.
Et le prévisionniste ajoute un constat qui donne à réfléchir : « L’été grignote de plus en plus les saisons qui l’entourent. » On a vu 32 °C au Pays basque dès le 6 avril cette année. De la neige en mai, puis 36 °C trois semaines plus tard. Le yoyo thermique devient la norme.
Si les projections de Météo France pour l’été 2026 se confirment, certaines régions pourraient vivre leur été le plus chaud jamais enregistré. Autant s’y préparer dès maintenant — parce que cette semaine n’est probablement qu’un avant-goût.