Après un répit de quelques jours, une 6e vague de chaleur se prépare en France dès septembre

Après un été marqué par cinq vagues de chaleur successives depuis la mi-juin, la France respire enfin un peu depuis le 21 août. Les températures sont repassées sous les normales de saison, une première depuis plus de deux mois. Mais cette accalmie pourrait n’être qu’un court sursis avant un nouveau coup de chaud à la rentrée.
Un été harassant qui vient tout juste de marquer une pause
Le 19 août a marqué le dernier pic caniculaire de la saison sur le sud, le centre et l’est du pays. Depuis, l’atmosphère s’est enfin calmée : entre le 24 et le 30 août, les valeurs restent de 1 à 3°C sous les normales selon le modèle européen ECMWF. Un vrai bol d’air après un été qui a mis à rude épreuve les organismes, les jardins fragilisés par la sécheresse et les réserves en eau.
Cette trêve arrive après un été 2026 déjà entré dans les annales, puisqu’il s’agit du plus chaud jamais enregistré depuis 1900 dans l’Hexagone, loin devant l’épisode de 2003. De quoi comprendre pourquoi ce répit, aussi bref soit-il, a été accueilli comme une bouffée d’oxygène par des millions de Français, épuisés par des semaines de clim tournant à plein régime et de factures qui grimpent.
Mais du côté des instituts météorologiques, personne ne s’y trompe : ce n’est qu’une parenthèse. Plusieurs modèles numériques, dont l’institut officiel Météo-France, convergent déjà vers un scénario commun pour la suite. La question n’est plus de savoir si la chaleur va revenir, mais quand exactement elle va reprendre ses droits sur le pays.
Ce que révèlent les modèles pour le mois de septembre
Sur le site spécialisé Météo-Paris, l’accalmie de fin août n’est qu’un simple intermède avant un mois de septembre nettement plus chaud que la normale. Le modèle européen ECMWF prévoit une anomalie de +1 à +1,5°C par rapport aux normales 1991-2020 sur la majeure partie du territoire, ce qui placerait la France parmi les pays les plus excédentaires d’Europe pour ce mois.
Le modèle américain va dans le même sens, avec un excédent estimé entre +1 et +2°C, particulièrement marqué sur la façade ouest. Les deux modélisations ne s’accordent pas au degré près, mais elles dessinent bien la même tendance : un mois de septembre globalement plus chaud que d’habitude. Un signal qui rappelle celui observé lors de la canicule tardive déjà redoutée début septembre par certains modèles.
La Chaîne Météo confirme cette trajectoire, avec un excédent thermique attendu entre 1,5 et 2°C sur l’ensemble du pays, et une probabilité supérieure à 60% que les températures restent au-dessus des normales sur tout le mois. Le déroulé resterait toutefois progressif : les premiers jours de septembre s’annoncent proches des valeurs habituelles, avant un excédent qui se creuserait surtout en fin de mois. La rentrée elle-même ne devrait donc pas être franchement plus chaude que d’ordinaire, contrairement à ce que redoutent certains, comme évoqué dans les prévisions sur la météo de la rentrée.

La vraie question : une sixième canicule est-elle vraiment possible ?
C’est justement la question que pose Météo-Paris à propos de ce retour de chaleur annoncé. Et la réponse est plutôt rassurante pour ceux qui redoutent une sixième vague de chaleur aussi intense que celles de juillet et août. Le risque d’une véritable canicule y est jugé quasi nul, pour une raison simple : les nuits s’allongent nettement à cette période de l’année, ce qui permet à l’air de mieux se rafraîchir après le coucher du soleil.
Des après-midis très chauds restent malgré tout possibles si un épisode anticyclonique venait à se bloquer sur le pays, mais sans la persistance nocturne qui caractérise une canicule au sens strict. Ce détail change tout : une canicule se définit officiellement par une chaleur qui se maintient de jour comme de nuit pendant plusieurs jours consécutifs, un seuil que l’allongement naturel des nuits de septembre rend chaque année plus difficile à franchir.
Dans ses tendances climatiques à trois mois, Météo-France retient d’ailleurs un trimestre août-septembre-octobre plus chaud que la normale comme scénario le plus probable pour la France et la Corse, avec des hautes pressions plus fréquentes sur l’Europe du Nord. Sur le pourtour méditerranéen, un temps plus humide est envisagé, propice aux épisodes pluvio-orageux. L’institut insiste toutefois sur les limites de l’exercice : il s’agit d’une tendance probabiliste à l’échelle de vastes régions, pas d’une prévision jour par jour, et des épisodes plus frais restent tout à fait possibles au sein même d’un mois globalement excédentaire.
Le climat de cette rentrée 2026 tient donc en une phrase : chaud, mais sans le piège nocturne des grandes canicules estivales. De quoi souffler un peu avant la dernière quinzaine de septembre, période où l’essentiel du réchauffement pourrait finalement se jouer. Reste à voir si les modèles confirmeront cette tendance dans les prochains jours.