« Même pas bien, elle luttait pour garder bonne figure » : le fils d’Anémone raconte ses derniers mois

Elle restera à jamais Thérèse, l’inoubliable personnage du Père Noël est une ordure. Sept ans après la mort d’Anémone, son fils Jacob a accepté de raconter ses derniers mois, loin des plateaux et des projecteurs. Entre fatigue, pudeur et refus de décevoir son public, il dessine le portrait d’une femme qui a lutté jusqu’au bout. Et ce qu’il dit de la maladie est plus direct qu’on ne l’imagine.
Sept ans de silence, puis la voix de Jacob, le fils d’Anémone
Le 30 avril 2019, Anémone, de son vrai nom Anne Bourguignon, s’éteignait à l’âge de 68 ans. Un cancer du poumon l’avait emportée. Sa disparition avait profondément ému les Français, ainsi que tout le monde du cinéma.
Ses obsèques s’étaient déroulées à Poitiers, en présence de quelques proches seulement. Pas de grand cortège, pas de cérémonie spectaculaire : une sobriété à l’image d’une actrice qui avait fini par s’éloigner des projecteurs. Le contraste avec la célébrité de Thérèse était saisissant.
Sept ans ont passé. Jacob Bourguignon, fils d’Anémone et du réalisateur Pascal Aubier, a choisi de revenir sur ces derniers moments. C’était dans Le Jet de Luxe, face à Jordan de Luxe, lors d’un entretien daté du jeudi 8 octobre que rapporte Voici.
Ce qu’il raconte n’a rien d’un déballage. Jacob parle d’une mère très pudique sur sa vie privée, mais aussi d’une femme capable de fous rires mémorables. Il en retient d’abord la joie, avant la maladie.
Autour d’elle, la bande du Splendid a beaucoup occupé l’actualité ces dernières années. La disparition de Michel Blanc, autre figure de la troupe, a par exemple valu un dernier message poignant de sa femme. Chez Anémone, le récit commence pourtant par un éloignement, et il pose une vraie question : de quoi s’était-elle détournée ?
Une actrice éloignée de tout, sauf de la scène
Malgré le succès, Anémone était restée une femme simple. Avec les années, elle avait choisi de s’éloigner des projecteurs. Elle vivait entre le Poitou-Charentes et Cascais, au Portugal.
Son fils y voit une part de lassitude. « Je pense aussi parfois que quand on perd le plaisir de la vie, on lâche prise », a-t-il expliqué. Une phrase qui éclaire la suite sans la trancher.
Il garde pourtant d’elle une image lumineuse. Quand elle allait bien, dit-il, c’était « une personne incroyable, exceptionnelle ». Il lui doit « les plus belles crises de rire » de sa vie, des moments où l’on rigolait et où l’on était bien.
Jacob évoque aussi des déceptions. « Elle n’est peut-être pas toujours tombée sur les bonnes personnes dans sa vie », avance-t-il. Elle aurait voulu s’isoler elle-même et, « au bout d’un moment, juste elle en a eu marre ».
Ces mauvaises rencontres justifieraient, selon lui, son envie de prendre ses distances avec le monde médiatique. Voici rappelle d’ailleurs qu’elle était en froid avec la troupe du Splendid. D’autres membres de la bande ont continué de faire parler d’eux, comme Christian Clavier et sa décision radicale.
Mais s’éloigner n’a jamais voulu dire s’arrêter. Jusqu’à la fin de sa vie, Anémone a continué à tourner. Elle est même remontée sur scène dans ses derniers mois.
« Même à la toute fin, vous regardez sa filmo, jusqu’à la fin elle a quand même tourné », a pointé Jacob. Sa dernière apparition sur les planches, dans la pièce Les Nœuds au mouchoir, date d’une période où la comédienne était déjà malade. Et elle n’a pas voulu s’arrêter. Comment a-t-elle tenu ?
Le cancer, le tabac et la phrase qui résume tout
Le rapport viscéral à la scène, d’autres comédiennes de cette génération le racontent aussi, à l’image de Josiane Balasko et sa franchise sur la chirurgie esthétique. Chez Anémone, il prenait une tournure particulière.
Ce que Jacob dit de la maladie est limpide. Sa mère était très pudique sur sa vie privée, mais pour elle, « son public c’est ce qui comptait le plus ». Elle devait donc tenir, pour lui.
C’est là que tombe la phrase qui résume tout : « Même malade, même pas bien, elle luttait pour garder bonne figure. » Sur scène, personne ne devait deviner ce qu’elle traversait.
Anémone n’a pourtant rien caché à ses proches. « Elle nous l’a dit, par la force des choses », raconte Jacob. « On l’a su un petit peu avant mais c’était assez rapide effectivement. Elle n’a rien caché là-dessus. »
Le diagnostic est tombé après une série de « tests ». Voici rapporte que l’actrice « fumait deux paquets par jour », selon les mots de son fils. La cause de sa mort, c’est donc un cancer du poumon, découvert tardivement et annoncé simplement à la famille.
Voilà la réponse : pas de dissimulation envers les siens, mais une discrétion totale envers le public. Jusqu’au bout, la comédienne se sera battue pour continuer à vivre sa passion du théâtre. Reste à mesurer ce que ce témoignage change dans l’image qu’on garde d’elle.
Ce que ce témoignage change dans l’image d’Anémone
Ce récit rétablit une nuance de taille. On a pu retenir d’Anémone une actrice retirée, brouillée avec la troupe, discrète jusqu’à l’effacement. Jacob montre au contraire une artiste qui n’a jamais cessé de jouer.
Il rappelle aussi un fil plus intime de son histoire. C’est en 2021 qu’il a fait un test ADN pour connaître l’identité de son père, le réalisateur Pascal Aubier. Cette quête donne à sa parole un poids particulier quand il évoque sa mère.
Les confidences de proches sur les figures du Splendid se multiplient depuis quelques années. Jean-Paul Rouve a ainsi confié cette action qu’il ne peut plus réaliser depuis le décès de Michel Blanc. La bande continue visiblement d’habiter les mémoires.
Côté public, le souvenir de Thérèse reste intact : le personnage qu’elle a incarné demeure, comme le dit la source, inoubliable. Et ce nouvel éclairage apporte une dimension humaine à celle qu’on ne connaissait que par ses rôles.
D’autres comédiennes de la troupe, elles, assument pleinement leur image aujourd’hui. Josiane Balasko pose en maillot de bain à 75 ans, loin de toute discrétion. Deux manières opposées de traverser les années.
À défaut de nouvelle confidence, cet entretien suffit à rouvrir le dossier des derniers mois d’Anémone, avec ses silences et sa dignité. Et il laisse une question : que reste-t-il d’une carrière quand l’actrice a tout fait pour qu’on ne voie pas la fin ?
Anémone n’a rien caché à ses proches, mais elle a tout donné à son public, jusqu’à la dernière réplique. Une pudeur qui force le respect. Et si vous pensez avoir fait le tour de la bande du Splendid, ce que Thierry Lhermitte raconte de ses folies avec Coluche pourrait vous surprendre.
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