« Une plaisanterie » : Anny Duperey tente d’éteindre l’incendie après ses propos sur Patrick Bruel

En avril, Anny Duperey avait suggéré que Patrick Bruel aurait pu « porter plainte pour agression sexuelle » contre certaines fans. Tollé immédiat. Deux mois plus tard, l’actrice de 78 ans revient sur ses propos au micro d’Europe 1 — et ce qu’elle ajoute risque de relancer le débat plutôt que de le clore.
Anny Duperey face à la polémique : retour sur une interview qui a mis le feu
Tout part d’une séquence diffusée le 29 avril sur ABC Talk TV. Interrogée sur les accusations visant Patrick Bruel, Anny Duperey lâche une phrase qui va tourner en boucle. « J’ai vu des films de certaines sorties de concert de Bruel où je pense que c’est lui qui aurait pu porter plainte pour agression sexuelle, avec les filles qui se jetaient sur lui. »
Dans la foulée, l’actrice avait évoqué les « besoins primaires » des hommes et « l’hystérie » des femmes. Un vocabulaire qui a immédiatement enflammé les réseaux. Rappelons que sa garde à vue avait déjà secoué l’opinion quelques semaines plus tôt.
À ce moment-là, les témoignages contre le chanteur étaient moins nombreux. Mais le mal était fait. Beaucoup y ont vu une minimisation des violences sexuelles, voire un retournement de la position de victime. L’actrice, habituée aux interviews calibrées, s’est retrouvée au centre d’une tempête qu’elle n’avait visiblement pas anticipée.
Depuis, la situation judiciaire de Patrick Bruel s’est considérablement alourdie. Le parquet a pris des décisions radicales à son encontre. Une vingtaine de femmes ont porté des accusations. D’autres pourraient suivre.
Sur Europe 1, l’actrice de 78 ans nuance… et lâche une punchline inattendue
Ce jeudi 11 juin 2026, invitée de Culture Médias sur Europe 1, Anny Duperey a choisi de revenir sur l’épisode. « J’ai vu des filles se jeter sur lui en lui arrachant sa chemise », a-t-elle rappelé. Mais elle a immédiatement précisé : l’idée qu’il pourrait porter plainte était « une plaisanterie qui a été très mal reprise ».
L’actrice reconnaît que le contexte a changé. Les témoignages se sont multipliés. Et sa conclusion ne manque pas de sel : « Depuis, je pense effectivement que ce Monsieur, que je n’ai jamais rencontré d’ailleurs, a de sérieux problèmes de quéquette. » Une formule crue, à des kilomètres du registre feutré qu’on attend d’une figure du cinéma français.
Elle a aussi concédé que la polémique autour de ses propos d’avril était « peut-être avec raison ». Un demi-aveu qui montre que l’affaire Bruel continue de bousculer même ceux qui pensaient pouvoir la commenter à distance. La veille, le chanteur avait été mis en examen pour viol et agression sexuelle, puis placé sous contrôle judiciaire.
Mais Anny Duperey ne s’est pas arrêtée là. Et c’est la suite de son intervention qui risque de faire le plus de bruit. Car l’actrice a choisi de élargir le débat bien au-delà du cas Bruel.

« Il y a un mec connu à abattre chaque semaine » : le discours qui divise
La télévision française vit au rythme des scandales, et Anny Duperey le sait. « Il y a un mec connu à abattre à peu près toutes les semaines. D’ailleurs, je le sais, il y en a un nouveau qui va arriver », a-t-elle lancé sur Europe 1. Une phrase qui sonne comme un avertissement autant que comme une lassitude.
Pour l’actrice, la médiatisation des affaires impliquant des personnalités masque un problème bien plus grave. « Ça n’empêche pas les féminicides d’augmenter », a-t-elle martelé. Selon elle, les femmes « battues dans leur cuisine, qui n’osent pas porter plainte, et qui si elles le font, ne sont pas prises au sérieux » restent dans l’ombre.
Un constat que peu contesteront sur le fond. Mais la forme interroge. Opposer les victimes anonymes aux victimes de personnalités connues, c’est un terrain glissant. D’autres affaires récentes montrent justement que la médiatisation peut parfois libérer la parole des anonymes.
Anny Duperey marche sur un fil. D’un côté, elle reconnaît la gravité des accusations contre Patrick Bruel. De l’autre, elle questionne un système médiatique qui, selon elle, instrumentalise les scandales sans faire reculer les violences quotidiennes. Un discours qui divise — et qui ne laisse personne indifférent.
Entre la « plaisanterie » d’avril et le coup de gueule de juin, Anny Duperey aura au moins réussi une chose : forcer tout le monde à se demander si la lumière braquée sur les affaires people éclaire vraiment les victimes qui en ont le plus besoin. Et vous, vous en pensez quoi ?