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« Immensément triste et soulagé » : Julien Alluguette pleure Arnaud Denis, euthanasié à 43 ans

Publié par Hannah le 24 Sep 2026 à 21:34

Un comédien de 43 ans, un combat médical de trois ans, une décision prise en pleine conscience : l’histoire d’Arnaud Denis bouleverse la profession. L’acteur du biopic Yves Saint Laurent s’est fait euthanasier en Belgique, mettant fin à des années de souffrances qu’il jugeait insupportables.

« Immensément triste et soulagé » : Julien Alluguette pleure Arnaud Denis, euthanasié à 43 ans

Parmi les hommages qui affluent, celui de Julien Alluguette, ancien visage d’Ici tout commence, résonne particulièrement. Ses derniers mots, publiés avant sa mort, éclairent d’une lumière crue le parcours qui l’a mené à ce choix.

Un calvaire médical qui a duré trois ans

Tout commence en 2023, avec une opération banale : la pose d’un implant pour soigner une hernie inguinale. Ce qui devait être une intervention de routine tourne au cauchemar pour Arnaud Denis. L’acteur, connu du grand public pour son rôle dans le biopic consacré au couturier Yves Saint Laurent, voit son état de santé se dégrader mois après mois.

Il évoquera plus tard une encéphalomyélite myalgique, une pathologie invalidante et encore mal comprise, qui l’a progressivement privé de son autonomie. Comme d’autres personnalités confrontées à la maladie, à l’image de Florent Pagny lors de sa confession sur son cancer ou de Matthieu Lartot après l’annonce de sa maladie, Arnaud Denis avait choisi de témoigner publiquement de son calvaire, refusant de le taire.

Dans un entretien accordé au Dauphiné Libéré en mars dernier, il confiait déjà l’ampleur de sa détresse. « Ma décision est prise depuis au moins six mois, quand j’ai commencé à ne plus pouvoir me laver tout seul et à tomber d’indignité en indignité », avait-il expliqué. Une phrase qui annonçait, sans le nommer encore, le choix radical qu’il s’apprêtait à faire.

L’hommage bouleversant de Julien Alluguette

C’est en Belgique, où l’euthanasie est encadrée par la loi, qu’Arnaud Denis a mis fin à ses jours à l’âge de 43 ans. La nouvelle a immédiatement suscité une vague d’émotion dans le milieu du théâtre et de la télévision, où le comédien comptait de nombreux proches.

Parmi eux, Julien Alluguette, qui avait partagé une partie de son parcours artistique avec lui, a publié un message poignant sur son compte Instagram. « Je suis à la fois immensément triste et soulagé pour toi… », a-t-il écrit, résumant en une phrase la contradiction que vivent souvent les proches face à une fin de vie choisie après une longue souffrance, comme dans certains parcours de maladies diagnostiquées trop tardivement.

L’ancien acteur d’Ici tout commence, aujourd’hui metteur en scène, a poursuivi son message avec une sincérité rare : « Tout ce que j’avais à te dire, je te l’ai dit mais ton départ n’est pas moins déchirant. Tu vas manquer ici-bas.

» Un texte sobre, loin des formules toutes faites, qui traduit à la fois le chagrin et une forme de paix face à la fin des souffrances de son ami, un dilemme que rencontrent aussi les familles confrontées à des parcours de soins qui tournent mal.

Lit d'hôpital vide baigné de lumière du soir

Le dernier message d’Arnaud Denis contre la « maltraitance médicale »

C’est un système de soins parfois défaillant qu’Arnaud Denis a voulu dénoncer une dernière fois. Ce mardi 22 septembre, la veille de son décès, il publiait un ultime message sur Facebook : « J’en ai fini avec la maltraitance médicale. J’ai déjà largement raconté mon histoire. 3 ans interminables d’altération de l’état général depuis une chirurgie de hernie en 2023. »

Dans ce texte, le comédien revenait sur son errance médicale et sur des « souffrances multiples et dégradantes » vécues pendant trois années. Il évoquait sans détour ce qu’il considérait comme des « fautes médicales répétées », après un parcours de soins qu’il jugeait chaotique. « Les gens, d’ordinaire, pensent, un peu naïvement, qu’il suffit d’aller à l’hôpital pour aller mieux et se faire soigner. C’est faux hélas », écrivait-il, amer.

Le point le plus douloureux de son témoignage concerne l’accès aux soins palliatifs, qu’il affirme s’être vu refuser en France malgré ses demandes répétées, comme le rapportait Le Dauphiné Libéré.

« Je n’ai même pas eu accès aux soins palliatifs en France, malgré mes demandes, alors que je suis réduit à un état de grabataire », déplorait-il, avant de qualifier l’euthanasie de « délivrance » face à l’« horreur absolue » de sa maladie.

Un parcours qui rappelle celui décrit dans les avancées récentes sur l’accompagnement des malades.

Derrière l’hommage de Julien Alluguette se cache un message plus large : celui d’un homme qui a choisi de partir en pleine conscience, après avoir raconté sans filtre les failles d’un système censé le soigner. Son témoignage relance, une fois de plus, le débat sur l’accès aux soins palliatifs en France. Qui, aujourd’hui, prendra le temps de vraiment l’entendre ?

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