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« Ça m’a gelé le sang » : une bénévole des Restos du cœur raconte ce qu’elle a vu de Patrick Bruel aux Enfoirés

Publié par Cassandre le 28 Mai 2026 à 15:38

Patrick Bruel fait face à plus de trente accusations de violences sexuelles. Depuis mars 2026, les témoignages s’enchaînent et dessinent un tableau accablant. Ce mercredi 27 mai, une ancienne bénévole des Restos du cœur a pris la parole sur la Radio Télévision Suisse pour raconter une scène survenue en coulisses des Enfoirés — et ses mots font froid dans le dos.

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Lyon, 2012 : quand la production des Enfoirés « prévenait » les bénévoles

Mathéa Léger avait 22 ans en 2012. Elle participait comme bénévole au spectacle des Enfoirés à Lyon. Sa mission : monter sur scène avec une autre bénévole pour un tableau aux côtés des artistes. Parmi eux, Patrick Bruel. Avant même que le show ne commence, la production aurait pris les devants. « On nous a dit : pour celle de vous deux qui va tomber dans le bateau de Patrick Bruel, il va tenter quelque chose », a-t-elle confié dans La Matinale de la RTS.

Cette phrase, lâchée comme une évidence logistique, pose une question vertigineuse. Si l’équipe de production savait, depuis combien de temps savait-elle ? Et combien d’autres bénévoles ont reçu ce genre d’avertissement avant de monter sur scène ? Flavie Flament, qui a porté plainte pour viol alors qu’elle n’avait que 16 ans, fait partie des accusatrices les plus connues. Le silence institutionnel semble avoir duré des années.

« Il venait rôder, comme un prédateur » : ce que la bénévole décrit en coulisses

D’après Mathéa Léger, le scénario redouté s’est joué exactement comme prévu. Sa collègue est tombée dans le bateau du chanteur. De retour en coulisses, Patrick Bruel lui aurait immédiatement demandé de le suivre dans sa loge. Un membre de la production serait alors intervenu : « C’est une bénévole, il faut la laisser tranquille. » La jeune femme n’a pas voulu remonter dans le bateau ensuite.

Mais le plus marquant dans ce témoignage, c’est la suite. Mathéa Léger décrit un homme qui « scannait » les femmes autour de lui, qui en emmenait certaines « aux toilettes », et qui revenait régulièrement dans l’espace réservé aux bénévoles. « Il venait rôder, comme un prédateur, dans l’espace bénévole », résume-t-elle. Le chanteur de 67 ans, qui fait l’objet d’accusations couvrant une période de près de trente ans — de 1991 à 2019 —, n’a pas souhaité commenter ce nouveau récit.

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Ce récit n’est pas isolé. Parmi les accusatrices figurent Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, qui a porté plainte pour tentative de viol et agression sexuelle. Une masseuse bénévole au Paléo Festival de Nyon, en Suisse, avait déjà témoigné en 2019 — entraînant l’annulation de la participation de Bruel cette année-là. Ce qui frappe dans le témoignage de Mathéa Léger, c’est la mécanique décrite : un environnement où le comportement du chanteur était connu, anticipé, presque géré comme un paramètre logistique.

Un seul regard du chanteur a suffi à la terrifier. « Ça m’a gelé le sang. On ne m’a jamais regardée comme ça de toute ma vie. » Si elle a choisi de parler, c’est pour montrer que « c’est une personne problématique ». Les avocats de Patrick Bruel ont assuré à plusieurs reprises qu’il n’avait jamais forcé une femme à quoi que ce soit. Il reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

Un regard, un avertissement de la production, un couloir où l’on « rôde » — parfois, c’est dans les détails les plus banals que se dessine un système. Reste une question : combien de spectacles se sont déroulés exactement de la même façon, sans que personne ne prenne le micro pour le dire ?

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