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Carole Bouquet et la mort de son père : « Je ne m’en suis jamais remise »

Publié par Hannah le 10 Août 2026 à 8:05
Carole Bouquet et la mort de son père : « Je ne m'en suis jamais remise »

Carole Bouquet a beaucoup donné au cinéma français. Des rôles marquants, une carrière solide, une image de femme forte et discrète. Mais derrière cette carrière, l’actrice porte des blessures qu’elle n’a jamais vraiment cicatrisées.

À l’approche de ses 69 ans, qu’elle célébrera le 18 août à Pantelleria, elle s’est confiée à Paris Match comme rarement. Son enfance, sa famille, ses douleurs physiques, et surtout, ses disparitions.

Parmi tous ces souvenirs, celui de son père occupe une place à part. Une place qui, visiblement, ne s’efface pas avec le temps.

Un retour de New York qui arrive trop tard

Carole Bouquet avait quitté la France pour vivre un temps à New York. Elle espérait, en revenant, retrouver son père et construire enfin une relation plus apaisée avec lui.

Mais le temps ne lui a pas laissé cette chance. « Quand je suis revenue de New York, il était déjà malade. Il est parti en un an », confie-t-elle à Paris Match.

Un an. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la maladie emporte cet homme qu’elle décrit comme brillant et travailleur. Un an pendant lequel elle a dû, malgré elle, apprendre à dire au revoir.

Ce moment à l’hôpital qu’elle n’a jamais réussi à oublier

Sa sœur est restée très présente à ses côtés durant cette période difficile. Mais un jour, Carole Bouquet s’est retrouvée seule avec son père, dans un moment particulièrement éprouvant.

Affaibli par la maladie, il tenait à peine debout. Elle a alors pris la décision de l’emmener à l’hôpital, sans se douter que cette scène la marquerait à vie.

« Je n’oublierai jamais ce moment où il a dû s’inscrire lui-même à l’hôpital, pour aller au-devant de sa propre mort. Je ne m’en suis jamais remise », raconte-t-elle avec une sincérité qui bouleverse. Voir son propre père accomplir cette démarche administrative, seul, alors qu’il savait ce qui l’attendait : une image qu’elle garde encore aujourd’hui, intacte.

Cette disparition a marqué un véritable tournant dans son existence. Au même titre que la mort de Francis Giacobetti ou celle de Jean-Pierre Rassam, père de son fils Dimitri, elle parle de véritables « séismes » qui ont changé son regard sur la vie. D’autres personnalités ont vécu ce même basculement face au deuil, comme Laura Smet après la perte de son père, ou encore Laurent Baffie, toujours marqué un an après la disparition de Thierry Ardisson.

Face à la mort, une force qu’elle dit tenir de lui

Couloir d'hôpital vide dans une lumière chaleureuse

On pourrait croire que ce souvenir l’a fragilisée face à la maladie et à la mort. C’est tout l’inverse. Au fil des années, Carole Bouquet a été confrontée à de nombreuses disparitions, notamment celles de proches emportés par le sida dans les années 80 et 90.

« Je n’ai pas peur de la mort et de la maladie. Je peux supporter et aider dans ces situations-là, peut-être mieux que beaucoup d’autres », affirme-t-elle sans détour. Une phrase qui résume à elle seule le chemin parcouru depuis ce moment à l’hôpital.

Cette force, elle en a aussi besoin au quotidien. Une chute survenue en 2013 dans sa maison de Pantelleria, en Sicile, lui a laissé des douleurs chroniques que les traitements n’ont jamais totalement fait disparaître.

« Rester fidèle à son héritage »

Malgré ces souffrances persistantes, l’actrice refuse de renoncer. Elle explique puiser son courage directement dans le souvenir de son père, cet homme profondément attaché au mérite et au travail.

« Cela me donne l’impression de rester fidèle à son héritage, en ne renonçant pas », confie-t-elle. Une phrase pudique, mais qui en dit long sur la manière dont elle continue, à sa façon, de faire vivre celui dont les derniers instants restent son plus grand regret.

Maison de Pantelleria au coucher du soleil

D’autres figures publiques ont récemment livré des confidences tout aussi intimes sur leurs proches disparus, comme Michel Drucker face au deuil ou la famille de Michael Schumacher confrontée au deuil blanc. Des témoignages qui rappellent que derrière chaque parcours public se cache souvent une histoire familiale bien plus douloureuse qu’on ne l’imagine.

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