Carole Bouquet, bientôt 69 ans : sa vie de vigneronne sur cette île italienne battue par les vents
Demain, Carole Bouquet soufflera 69 bougies. Mais depuis longtemps déjà, l’actrice a délaissé les plateaux de cinéma pour un tout autre décor : une île volcanique perdue entre la Sicile et la Tunisie, battue par le vent, où elle cultive ses propres vignes.

Pantelleria. Le nom sonne comme une évasion. C’est pourtant là, sur cette terre aride et sauvage, que l’ancienne James Bond girl a posé ses valises il y a plus de trente ans. Loin des paillettes, elle y mène une vie qu’on imaginerait presque contradictoire avec son statut de star.
Une île que personne ne visite par hasard
Pantelleria n’est pas une destination qu’on trouve en tapant « vacances en Italie » sur un moteur de recherche. Cette île volcanique italienne, plus proche des côtes tunisiennes que de la Sicile, reste confidentielle. Pas d’aéroport géant, pas de foule de touristes en tongs.
Ici, le paysage est fait de roches noires, de criques sauvages et de vents qui soufflent presque en permanence. Le sirocco venu d’Afrique du Nord balaie l’île, façonnant un climat unique, aride mais fertile pour certaines cultures bien précises.
C’est justement ce vent, souvent perçu comme un obstacle, qui a façonné toute l’agriculture locale. Les vignerons de Pantelleria ont dû s’adapter depuis des générations à ces conditions extrêmes.
Des vignes qui rampent presque au sol
Sur cette île, on ne cultive pas la vigne comme ailleurs. Face au vent constant, les producteurs ont adopté une technique ancestrale : la vigne basse, presque couchée sur le sol volcanique.
Cette méthode, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, protège les ceps des rafales tout en captant la chaleur du sol la nuit. Un savoir-faire transmis de génération en génération, que Carole Bouquet a fait sien.
Impossible de mécaniser les vendanges dans ces conditions. Ici, tout se fait à la main, grappe par grappe, sous un soleil qui tape fort et un vent qui ne faiblit jamais vraiment.
De James Bond girl à vigneronne au quotidien
L’actrice, révélée au grand public dans Rien que pour vos yeux aux côtés de Roger Moore, a longtemps incarné le glamour du grand écran. On la retrouve aujourd’hui les mains dans la terre, supervisant chaque étape de la production.
Elle a repris et développé un vignoble sur l’île, misant sur un cépage local emblématique : le zibibbo, utilisé pour élaborer le célèbre Passito de Pantelleria, un vin doux réputé bien au-delà des frontières italiennes.
La production reste volontairement confidentielle. Pas question de viser les grandes surfaces ni les volumes industriels : chaque bouteille porte l’empreinte d’un travail artisanal, presque méditatif.
Cette approche tranche radicalement avec l’agitation des tournages qu’elle a longtemps connue. D’ailleurs, dans un précédent portrait consacré à sa reconversion, l’actrice confiait que sa véritable passion s’était déplacée loin des caméras.
Un quotidien rythmé par les saisons, pas par les castings
À Pantelleria, le calendrier n’est pas dicté par les sorties de films ou les avant-premières. Il suit les saisons, les cycles de la vigne, les périodes de vendanges qui arrivent généralement fin août ou début septembre.
Carole Bouquet a évoqué à plusieurs reprises cet attachement viscéral à la terre, un ancrage qui lui a permis de traverser des épreuves personnelles difficiles. La perte de son père, notamment, l’a profondément marquée, comme elle l’a confié dans une interview poignante.
Le vin est devenu pour elle bien plus qu’une activité annexe : un véritable ancrage, presque une thérapie face aux turbulences de la vie publique et privée.
Pantelleria, une destination pour les voyageurs curieux
Pour les amateurs de voyage hors des sentiers battus, Pantelleria offre un dépaysement total. L’île se découvre à pied ou en scooter, entre les dammusi, ces habitations traditionnelles en pierre volcanique aux toits en dôme, et les sources chaudes naturelles.

On y vient pour la mer cristalline, mais aussi pour la gastronomie locale : câpres réputées, poissons frais, et bien sûr le Passito, souvent dégusté en fin de repas comme un digestif sucré et parfumé.
Ce genre d’îles confidentielles séduit de plus en plus de voyageurs en quête d’authenticité, à l’image de certains villages français qui ont su préserver leur mode de vie d’antan.
Une reconversion qui inspire au-delà du cinéma
À l’approche de ses 69 ans, Carole Bouquet incarne une trajectoire assez rare dans le milieu du cinéma français : celle d’une actrice qui a su bâtir une seconde vie entière, loin des projecteurs, sans jamais renier son passé.

D’autres figures du septième art ont également surpris en révélant des passions insoupçonnées ou des choix de vie inattendus, comme le montre cette confidence surprenante de Josiane Balasko.
Sur Pantelleria, entre le vent, les vignes basses et le silence des criques, Carole Bouquet a trouvé un équilibre que peu de stars osent chercher aussi loin des plateaux.