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« J’ai pété les plombs » : pourquoi Catherine Ringer s’est fait interner en 2008

Publié par Hannah le 18 Sep 2026 à 22:28
catherine ringer @didier scheltienne

La disparition de Catherine Ringer, emportée par un cancer foudroyant dans la nuit du 14 au 15 septembre, ravive le souvenir d’une autre épreuve. En 2008, quelques mois après la mort de son grand amour Fred Chichin, la chanteuse des Rita Mitsouko avait pris une décision radicale. Une hospitalisation volontaire, longtemps mal comprise, dont elle a fini par livrer les vraies raisons.

Une tournée terminée seule, pour honorer une dernière promesse

Fin 2007, Fred Chichin meurt brutalement d’un cancer. Le duo qu’il formait avec Catherine Ringer depuis près de trente ans, au cœur des Rita Mitsouko, s’effondre du jour au lendemain.

Malgré le choc, la chanteuse choisit de terminer seule la tournée de l’album Variéty. Une décision dictée par les derniers mots de son compagnon : « Continue sans moi. Je suis remplaçable en tant que guitariste. C’est toi qui fais le show ».

Ce choix, elle l’expliquera plus tard comme une manière de tenir. « Dans un deuil violent, le fait de travailler vous tient », confiait-elle à Paris Match en 2020, évoquant ce refus assumé de céder au chagrin en public.

Un aéroport, un billet perdu, et les plombs qui sautent

Mais la lumière des projecteurs éteinte, le contrecoup survient. En 2008, Catherine Ringer se rend aux États-Unis pour travailler sur son nouvel album, quand un incident anodin fait tout basculer.

« J’ai eu un souci de billet d’avion à l’aéroport et j’ai pété les plombs. J’étais à cran », racontera-t-elle en 2011 au Parisien. Derrière cet accès de nerfs, l’accumulation de la mort de Fred, de la reprise de la tournée et de la préparation de l’album.

Contrairement à ce que beaucoup ont cru, cette hospitalisation en psychiatrie n’a rien d’un internement imposé. Il s’agit d’un appel à l’aide conscient : « Je n’étais pas angoissée mais surexcitée plutôt. J’ai passé quatre semaines en internement psychiatrique avant quatre mois d’arrêt », précisait-elle, évoquant un cerveau fatigué qui réclamait du repos.

Chambre d'hôpital calme avec guitare posée près de la fenêtre

La reconstruction, puis un rapport apaisé à la mort

Submergée par une déprime profonde, la mère de Ginger, Simone et Raoul avait compris qu’elle risquait de sombrer sans un cadre médical strict. Un détail qui éclaire tout le récit : elle ne s’est pas effondrée, elle a demandé de l’aide avant de basculer.

Cette parenthèse en clinique s’avérera salutaire. Elle y trouve le repos nécessaire pour traverser la phase la plus sombre de son deuil, avant un retour poignant en solo avec l’album Ring’n Roll en 2011, dédié tout entier à Fred Chichin, un peu à l’image du souvenir laissé par Michel Berger pour ses proches.

Cette expérience a nourri, des années plus tard, un rapport transparent à la fin de vie. En janvier dernier, dans Soir Mag, elle confiait : « Je suis contente d’avoir 68 ans, d’être une senior. Je suis heureuse que la vie avance et je suis aussi contente qu’elle se termine un jour ». Une lucidité rare, à l’image de la place qu’occupe désormais la chanson française en deuil.

Catherine Ringer laisse le portrait d’une femme qui a choisi d’affronter ses failles plutôt que de les cacher. Une honnêteté qui, aujourd’hui encore, dit beaucoup de la manière dont elle a vécu, aimé et chanté jusqu’au bout.

1 commentaire

  • P
    Polka
    18/09/2026 à 23:53
    Choquée par le départ de Catherine Ringer qui a rejoint son mari Frédéric.Sincères condoléances à la famille.J adore les Rita Mitsouko ! On voyait lors de leurs interprétations la passion qui les unissait dans la musique ! On ne vous oubliera pas !! Merci pour tout ce que vous laissez en héritage musical.

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