Catherine Ringer, voix indomptable des Rita Mitsouko, s’est éteinte à 68 ans
Une nouvelle qui tombe comme un couperet dans le monde de la musique française. Catherine Ringer, la voix flamboyante des Rita Mitsouko, s’est éteinte à l’âge de 68 ans. Une disparition brutale, qui laisse derrière elle des décennies de tubes et une personnalité artistique unique en son genre. Retour sur le destin fulgurant d’une femme qui n’a jamais rien fait comme tout le monde.

Une annonce qui a stupéfié tout un pays
C’est son manager qui a confirmé la nouvelle au Figaro, ce mardi. Catherine Ringer serait décédée d’un cancer, dans la nuit du 14 septembre 2026, selon un communiqué transmis par sa famille. Le texte évoque un « cancer foudroyant », sans plus de précisions médicales.
La chanteuse avait pourtant annulé plusieurs dates cet été pour des raisons de santé, sans qu’aucune information ne filtre à l’époque sur la nature exacte du mal. Un silence qui, avec le recul, prend un sens glaçant.
Cette disparition rappelle à quel point la maladie peut frapper vite et fort, un sujet qui touche de nombreux Français chaque année. Le monde du spectacle, régulièrement endeuillé, doit une fois de plus faire le deuil d’une de ses figures les plus attachantes, à l’image du récent hommage rendu à une autre personnalité publique disparue cette année.
De la scène punk aux plus grands tubes français
Le parcours de Catherine Ringer ne ressemble à aucun autre. Née d’un père peintre polonais et d’une mère architecte, elle quitte le foyer familial à seulement 13 ans pour vivre avec son amant. Un choix radical, révélateur d’une personnalité déjà libre et insoumise.
Après des études et une initiation au théâtre et à la danse, elle tourne, vers ses vingt ans, dans quelques films pornographiques. Loin de renier cette période, elle la qualifiera plus tard « d’aventure moderne », fidèle à son franc-parler légendaire.
Tout bascule en 1979 lorsqu’elle rencontre le guitariste Frédéric Chichin au théâtre. De cette rencontre naît un duo mythique : les Rita Mitsouko. Dès 1985, le titre Marcia Baila propulse le groupe au sommet, suivi par une avalanche de tubes intemporels comme Andy, C’est comme ça ou encore Les Histoires d’A, des morceaux qui ont marqué toute une génération, un peu comme les souvenirs de cette époque restent gravés dans les mémoires.
Une renaissance artistique après le drame
En 2007, la disparition brutale de Fred Chichin aurait pu marquer la fin de son parcours musical. Catherine Ringer choisit pourtant de continuer, portée par son amour du rock et sa fidélité à des artistes comme Brassens ou le Velvet Underground.
Deux ans plus tard, elle surprend son public en interprétant Je kiffe Raymond, un titre provocateur consacré à Raymond Domenech, alors très impopulaire. Une pirouette artistique typique de son tempérament, toujours à contre-courant.
On la retrouve ensuite sur la bande originale du film Liberté de Tony Gatlif, puis sur celle des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Luc Besson. Ses admirateurs, toujours plus nombreux, attendaient avec impatience son nouvel album Ring N’Roll, prévu pour la fin avril.
Un projet qui restera, hélas, son dernier grand rendez-vous avec le public, à l’image de ces artistes dont la disparition bouleverse toute une industrie, comme évoqué dans certaines actualités récentes du monde des célébrités.
Catherine Ringer laisse derrière elle bien plus qu’une discographie. Elle laisse l’image d’une artiste libre, radicale, jamais lisse, qui a fait de sa différence une force. La scène musicale française perd l’une de ses voix les plus singulières, celle qui a su transformer chaque provocation en éclat de génie.