« René vous offre le repas » : le jour où Céline Dion a fait payer l’addition de tout un restaurant de Montréal
Un sandwich à la viande fumée, un restaurant bondé, un mardi d’été à Montréal. Rien d’extraordinaire, en apparence. Sauf que ce jour-là, une cliente pas comme les autres s’apprête à tout changer au moment de l’addition. Et la phrase qu’elle lâche devant la salle explique pourquoi cette adresse comptait tant pour elle.

Un mardi d’août 2016 chez Schwartz’s, sept mois après la mort de René Angélil
Le 23 août 2016, Céline Dion est de passage au Québec, où elle doit enchaîner plusieurs concerts. Elle en profite pour s’offrir une pause gourmande dans la cantine préférée de son défunt mari. Sept mois plus tôt, René Angélil s’est éteint.
Direction Schwartz’s, le deli mythique du boulevard Saint-Laurent. Au menu, un petit dîner, comme on dit au Québec pour le repas du midi, autour de la spécialité de la maison : le smoked meat. Une scène presque banale, selon le récit rapporté par nos confrères de Grazia.
Mais la chanteuse n’est pas là que pour manger. Elle a une idée en tête, et elle ne compte pas repartir sans l’avoir mise à exécution.
Pour comprendre ce qui se joue à cette table, il faut d’abord regarder comment la période était vécue par ceux qui entouraient la star, comme le racontait un proche inquiet de la voir si seule depuis le départ de René. Car ce restaurant n’est pas un lieu comme les autres pour elle.
Les mots de Céline Dion devant les clients, juste avant l’addition
Avant de partir, elle s’adresse aux clients présents. « Je ne peux pas passer à côté du restaurant préféré de René », lance-t-elle. Puis elle poursuit : « C’est pas possible pour moi d’être ici et de ne pas penser à René parce que c’était vraiment, vraiment sa place. »
Elle ajoute une phrase qui marque la salle : « Je sais qu’il est ici, présent avec nous. » Le silence, imagine-t-on, a dû être total quelques secondes. Les fourchettes suspendues, les regards qui se croisent.
Cette émotion-là, on la retrouve dans d’autres moments publics de la chanteuse, comme ce collier qui, selon elle, prouve que René est toujours là. Le deuil de Céline Dion passe souvent par des gestes concrets plutôt que par de grands discours.
Mais ici, la suite est encore plus inattendue. Car après les mots tendres vient une annonce qui va faire sourire toute la salle, et qui change le sens du déjeuner de chacun.
La voici, telle que la rapporte la presse : « René vous offre le repas bien sûr. C’est René qui paye pour tout ce que vous avez eu aujourd’hui. » Autrement dit, tous les clients présents ont mangé aux frais du couple. Difficile de trouver plus élégant pour dire « c’est ma tournée ».
Autographes, selfies et repas pour des associations : ce que le geste a vraiment produit
Céline Dion sait créer des moments qui touchent le public, et celui-ci ne fait pas exception. Selon le HuffPost canadien, l’interprète de My Heart Will Go On en a profité pour signer des autographes et poser avec ses fans. Une pause déjeuner transformée en rencontre improvisée.
Le geste ne s’est pas arrêté aux murs du restaurant. Avec les propriétaires, elle a aussi fait don de repas à plusieurs associations caritatives. L’hommage à René s’est donc prolongé au-delà de la salle, auprès de personnes qui n’étaient même pas là.
Le moment a été immortalisé sur les réseaux sociaux de la chanteuse, qui a partagé un cliché souvenir dans la foulée. Pas de grande mise en scène : une photo, quelques sourires, et un souvenir de plus lié à ce lieu.
Reste une question : pourquoi ce deli, et pas un autre ? La réponse remonte à mars 2012, et elle éclaire tout le geste de ce mardi d’août.

2012 : le jour où René Angélil et Céline Dion ont racheté Schwartz’s
Avant de parler de ce rachat, un détour par la vie sentimentale du couple, déjà racontée dans cette mise au point sans détour sur leurs débuts, aide à mesurer ce que cette adresse représentait.
En mars 2012, René Angélil et Céline Dion rejoignent la famille Nakis pour racheter Schwartz’s. L’institution du boulevard Saint-Laurent a été fondée en 1928 par Reuben Schwartz, un immigré roumain. Le montant n’a jamais été officialisé, mais la rumeur évoquait 10 millions de dollars, selon CTV News.
À l’époque, l’imprésario qualifiait l’adresse de « restaurant le plus unique au monde ». Il jurait aussi de ne jamais la transformer en chaîne. En 2016, son gérant assurait, d’après le Jerusalem Post, que rien n’avait changé, du fumage de la viande au pain cuit chaque jour.
Voilà le payoff : ce n’était pas qu’un investissement. Pour René Angélil, déjà passé par les restaurants Nickels dans les années 1990, ce rachat avait surtout une valeur sentimentale. Il évoquait ses nombreux souvenirs sur place « avec les gars », mais aussi avec Céline et leurs familles.
Offrir le repas à toute la salle, c’était donc offrir un morceau de cette mémoire. Rien d’un coup de com : un hommage rendu là où René avait ses habitudes.
Un deli devenu lieu de mémoire pour les fans
L’endroit est tellement culte qu’il a obtenu, d’après Atlas Obscura, le droit de garder son apostrophe malgré les règles linguistiques québécoises. Oui, à Montréal, on ne plaisante pas avec la viande fumée. Cette anecdote en dit long sur le statut du lieu.
Ce geste de 2016 s’inscrit aussi dans une longue série d’attentions. Les fans de la chanteuse guettent chacune de ses apparitions, et certains vont très loin, comme Caroline, qui a couru 920 km en 21 jours pour la voir. L’attachement du public est réel, et le restaurant en profite.
Côté chanteuse, le geste rappelle surtout une constante : René reste au centre de ses hommages. Qu’il s’agisse d’un bijou, d’une table ou d’une tournée générale, elle continue de le faire « payer » symboliquement.
Ce qu’il faut retenir de cette histoire, c’est que le smoked meat de Schwartz’s n’était pas seulement un plat. C’était un souvenir partagé, et ce jour-là, Céline Dion l’a partagé avec des inconnus.
Un déjeuner, une phrase, et tout un restaurant a eu l’impression de manger avec René. Qui est cette femme qui ne la quitte plus et qui inquiéterait le clan Dion ? La question agite les proches depuis un moment. Et la phrase de Goldman sur elle à la télévision a, elle aussi, fait beaucoup de bruit.