Chalençon jugé pour ses insultes racistes après les débordements liés à la victoire du PSG

Une vidéo de deux minutes, publiée en pleine liesse footballistique, va valoir à Pierre-Jean Chalençon de s’expliquer devant la justice. L’ancien chroniqueur d’Affaire conclue avait laissé éclater sa colère après des débordements survenus à Paris. Ce qu’il a dit dans cet enregistrement pourrait désormais lui coûter bien plus qu’une simple polémique sur les réseaux sociaux.
Une vidéo tournée en pleine tension parisienne
Le 7 mai dernier, Pierre-Jean Chalençon, 56 ans, publie une vidéo face caméra. Le contexte est brûlant : des célébrations de la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des champions ont dégénéré dans plusieurs quartiers de la capitale. Voitures brûlées, affrontements, un adolescent grièvement blessé : la soirée a viré au chaos, un scénario qui s’est d’ailleurs répété lors d’autres rencontres, comme les tensions observées sur les Champs-Élysées après une victoire face au Bayern.
Face à ces images, le collectionneur s’en prend directement à ceux qu’il juge responsables. « Mais vous avez vu la violence de ces gens-là ? Est-ce que ce sont vraiment des sportifs ? », lance-t-il, avant d’ajouter que ces personnes « ne travaillent pas » et vivent « des aides sociales ».
Le ton monte encore. Chalençon enchaîne des propos qui vont bien au-delà de la simple indignation post-match, ciblant nommément une religion et employant des termes déshumanisants envers une partie de la population.
Des propos qui déclenchent une procédure judiciaire
Dans la suite de son monologue, l’ancien participant de télé-réalité lâche : « On n’en peut plus de tous ces islamistes. Vous êtes des islamistes. On n’en peut plus de cette religion de m****. Vous êtes écœurants, vous êtes des cancrelats, vous êtes des racailles. » Des mots qui ne sont pas restés sans conséquence.
Le député LFI Thomas Portes signale immédiatement les faits à la procureure de Paris, en s’appuyant sur l’article 40 du Code de procédure pénale. La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines porte également plainte et se constitue partie civile, refusant de laisser l’affaire s’éteindre dans les commentaires. « Là où beaucoup d’affaires people s’arrêtent aux indignations, aux tweets et aux déclarations, la Ligue a choisi le terrain judiciaire », a expliqué l’organisation, en écho à d’autres actions similaires comme celle menée par Cyril Hanouna pour porter plainte contre des affiches jugées polémiques.
Résultat : Chalençon est convoqué le 13 janvier devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour injure publique à caractère raciste et provocation publique à la haine.

Un passif qui pèse lourd sur cette nouvelle audience
Ce n’est pas la première fois que Pierre-Jean Chalençon dérape publiquement. En juin 2024 déjà, il avait fait l’objet d’une plainte après une altercation avec une journaliste d’origine marocaine lors d’un dîner parisien. Selon le récit rapporté à l’époque, il aurait interrogé pourquoi « les Marocains ne pouvaient pas s’intégrer en France », avant de lâcher des propos autrement plus violents envers elle.
Ce passif alourdit considérablement le dossier qui s’ouvre le 13 janvier. Car le collectionneur traîne une réputation sulfureuse depuis plusieurs années : révélé au grand public par Affaire conclue, il avait quitté l’émission de France 2 en 2020 après la diffusion d’une photographie le montrant aux côtés de Dieudonné, lors d’un anniversaire de Jean-Marie Le Pen. Un cliché qui avait suffi à rompre le contrat avec la chaîne publique, bien avant les faits jugés aujourd’hui.
Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient depuis la diffusion de la vidéo, entre indignation et appels à des sanctions sévères. D’autres figures polémiques du paysage médiatique, comme dans ses précédents dérapages publics, avaient déjà suscité des vagues d’indignation comparables sans toujours déboucher sur des poursuites aussi concrètes.
Le verdict du 13 janvier dira si la justice tranche dans le sens réclamé par la LDVR et le député Thomas Portes. Une chose est sûre : cette fois, l’affaire ne s’arrêtera pas à une simple polémique en ligne.
Entre indignations virtuelles et convocations bien réelles, l’écart se resserre pour Pierre-Jean Chalençon. Reste à savoir si la 17e chambre correctionnelle imposera enfin la sanction que ses détracteurs réclament depuis des années.