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Charlotte Cardin évoque ses débuts de mannequin : « Des photographes m’ont fait poser dans des positions très problématiques alors que j’étais mineure »

Publié par Hannah Maline le 11 Oct 2026 à 23:30

On la connaît pour sa voix et ses tubes, pas pour ce qu’elle a traversé avant. Entre 15 et 20 ans, Charlotte Cardin a été mannequin, bien avant d’exploser sur la scène musicale. Dans une interview à ELLE, elle lâche des mots forts sur cette période, sur des photographes et sur ce qui lui a permis de tenir. Un détail de son enfance explique pourquoi elle s’en est sortie.

Avant la chanson, une adolescence passée devant l’objectif

Charlotte Cardin n’a pas toujours été chanteuse. Avant de s’imposer dans la musique, la Québécoise a posé devant les objectifs pendant cinq ans, de ses 15 à ses 20 ans. Une tranche de vie que l’on associe rarement à son image actuelle.

Ces années-là, selon ce qu’elle confie à ELLE, l’ont marquée. Et pas forcément pour de bonnes raisons, comme le résume le magazine. Elle n’a pas fait de cette période un conte de fées : elle en parle comme d’un apprentissage rugueux.

Dans cet entretien, la chanteuse revient plus largement sur ses débuts artistiques et sur le sexisme auquel elle a été exposée. Elle évoque d’abord des situations problématiques rencontrées dans le milieu de la musique, un univers où ce type de comportement n’est pas rare.

Mais la comparaison tourne vite. Pour elle, le monde de la musique n’est pas le plus dur qu’elle ait connu. C’est ailleurs que se trouvent, dit-elle, les épisodes les plus choquants. Et le mot qu’elle emploie pour les qualifier est sans équivoque.

Reste à savoir ce qui s’est réellement passé pendant ces séances. Pour comprendre la portée de son témoignage, il faut d’abord regarder ce qu’elle dit de l’industrie dans laquelle elle a grandi, et d’un autre parcours qui a bouleversé le monde des agences de mannequins.

« Bien plus scandaleuses » : la comparaison qui change l’échelle

La chanteuse, compagne d’Aliocha Schneider, ne minimise pas ce qu’elle a vécu dans la musique. Elle reconnaît des moments difficiles, des remarques, des attitudes déplacées. Puis elle remet les choses en perspective avec une phrase nette.

« J’ai vécu beaucoup de choses bien plus scandaleuses quand j’étais mannequin », confie-t-elle. La hiérarchie est posée : pour Charlotte Cardin, c’est bien le mannequinat, et non la scène, qui reste la période la plus éprouvante.

Ce constat éclaire la suite de l’interview. Il ne s’agit pas d’un détail glissé en passant, mais du cœur de son propos sur le sexisme dans les métiers de l’image. Sur ce sujet, d’autres femmes de la scène française ont aussi levé le voile, comme Sylvie Tellier sur les coulisses de Miss France.

Elle ne cite aucun nom dans les propos rapportés par la source, et ne désigne aucune agence. Elle parle d’un environnement, d’habitudes, d’une façon de travailler qu’elle a vue de l’intérieur, dès l’adolescence.

Reste la question que tout lecteur se pose : que s’est-il passé exactement devant l’appareil photo ? C’est là qu’elle emploie les mots les plus durs de l’entretien, et la précision qu’elle ajoute sur son âge change tout.

Des photographes, « au nom de l’art », et une adolescente de moins de 18 ans

Voici le passage central. Charlotte Cardin évoque des séances photo au cours desquelles des photographes « m’ont fait poser dans des positions très problématiques au nom de l’art, au nom de la photo, alors que j’étais mineure ».

Trois éléments se répondent dans cette phrase. L’argument invoqué, d’abord : l’art, la photo, la création. Le qualificatif choisi, ensuite : « très problématiques ». Et le fait qu’elle précise elle-même son âge de l’époque, mineure.

Elle ne détaille pas les poses dans les extraits publiés, et nous ne les inventerons pas. Ce que son témoignage établit, c’est le mécanisme : une jeune fille face à des adultes qui justifient leurs demandes par une ambition artistique, dans un cadre où il est difficile de refuser.

Ce type de justification, « c’est pour l’art », est précisément ce qui rend la contestation délicate pour une adolescente. Charlotte Cardin le dit à sa manière, sans pathos, en nommant simplement ce qu’elle a subi.

Elle insiste pourtant sur un point : elle a pu « se sortir de situations extrêmement difficiles ». Comment une adolescente de cet âge y est-elle parvenue ? La réponse tient à sa famille, et à une grand-mère dont le combat éclaire tout le reste.

Studio photo vide avec appareil sur trépied et micro

Ce que sa famille lui avait appris bien avant les studios

Pour faire face, Charlotte Cardin explique avoir eu une chance : l’éducation reçue chez elle. Dans sa famille, l’égalité et les droits des femmes se discutaient naturellement, sans tabou ni gêne.

« J’ai parlé de féminisme très jeune avec mon père, ma mère, ma grand-mère, qui a milité, elle, pour le droit à la pilule contraceptive », précise-t-elle. Trois générations, donc, dont une qui a participé à un combat historique pour les droits des femmes.

Elle ajoute : « J’ai eu la chance de grandir dans un entourage où il n’y avait pas de tabou autour de cette lutte. » Ce vocabulaire de la chance revient : elle ne présente pas sa lucidité comme un mérite, mais comme un héritage.

Et c’est là le payoff de son récit. « Ça m’a permis d’avoir conscience des côtés toxiques que peut avoir cette industrie et j’ai pu me sortir de situations extrêmement difficiles. » Autrement dit : savoir nommer le problème a été sa première protection.

Un enseignement qui dépasse son cas. Mais que change-t-il pour celles qui n’ont pas eu cette chance, et que dit-il du monde de l’image aujourd’hui ?

Ce que ce témoignage ajoute à une parole qui se libère

Charlotte Cardin n’est pas la seule personnalité à raconter l’envers du décor. Dans le même esprit, Sylvie Tellier est revenue sur un soir de décembre qu’elle n’a jamais digéré, preuve que ces récits remontent souvent des années plus tard.

Ce qui frappe ici, c’est la tonalité. Pas de procès, pas d’accusation nominative dans les extraits publiés : une description posée, presque pédagogique, d’un système où une mineure peut se retrouver à poser pour des adultes qui parlent d’art.

Le témoignage rappelle aussi que le sexisme ne s’arrête pas à une seule industrie. Musique, mannequinat : la chanteuse relie les deux, tout en gardant une échelle de gravité claire.

Autre enseignement : la parole se transmet. Si la grand-mère a milité pour la pilule, la petite-fille parle aujourd’hui dans un grand magazine. Un fil de conversation entre femmes d’une même famille, qui a fini par devenir un outil de défense.

Chez d’autres, l’histoire est plus lourde encore : Mimie Mathy a confié trente ans de combat silencieux derrière le sourire.

Pour l’instant, la chanteuse n’a pas annoncé d’autre prise de parole sur le sujet. Ce qu’elle a dit à ELLE suffit déjà à poser une question que le milieu ne pourra pas éviter.

Une adolescente qui sait nommer le problème est une adolescente mieux armée : c’est la leçon de Charlotte Cardin. Et si les coulisses du spectacle vous intriguent, ce que l’accord de 2020 a réellement rapporté aux héritiers Hallyday vous réserve une tout autre surprise. Quant à ceux qui parlent trop franchement, les mots de Florent Pagny sur son couple ont fait grincer plus d’une dent.

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