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Clémentine Célarié abusée à 12 ans par une religieuse : « Elle me caressait les cuisses »

Publié par Hannah le 18 Juil 2026 à 10:20

Un texte de théâtre, quelques lignes lues à voix haute, et soudain un souvenir remonte, intact, après des décennies de silence. C’est ce qui est arrivé à Clémentine Célarié, qui a choisi de raconter cet épisode douloureux face caméra, sans détour.

CLÉMENTINE CÉLARIÉ violences

L’actrice, habituée des rôles engagés sur les violences faites aux femmes, a cette fois parlé en son nom propre. Un témoignage rare, livré avec la même franchise que celle qu’elle met dans ses interprétations.

Un souvenir qui refait surface pendant une répétition

Le 20 janvier, Clémentine Célarié était l’invitée de C l’Hebdo la suite. En travaillant le texte de sa prochaine pièce, quelque chose s’est débloqué en elle.

« Je me rends compte que j’ai été approchée par une bonne sœur il y a longtemps », confie-t-elle à l’antenne, visiblement encore troublée par la netteté de ce souvenir resurgi.

La présentatrice Aurélie Casse comprend immédiatement la gravité de ce qui est en train de se dire. Ce n’est pas une anecdote lointaine, c’est un fait qui a marqué l’enfance de l’actrice.

Des gestes qu’elle ne savait pas nommer à l’époque

Clémentine Célarié avait 12 ans. Un âge où l’on ne sait pas toujours mettre des mots sur ce qui dérange, où l’on ressent un malaise sans pouvoir l’expliquer.

« Elle ne m’a rien fait, mais elle me caressait un peu les cuisses de temps en temps », précise-t-elle, employant des mots simples pour décrire des gestes qui n’avaient rien d’anodin.

Ces attouchements, commis sur une enfant par une figure d’autorité religieuse, s’inscrivent dans une longue liste d’abus longtemps tus au sein d’institutions religieuses, comme l’ont montré d’autres affaires révélées ces dernières années.

« Je trouvais ça bizarre », reconnaît l’actrice, résumant en trois mots la confusion typique des victimes mineures face à des comportements qu’elles ne comprennent pas encore.

Aujourd’hui, Clémentine Célarié refuse de donner l’identité de cette religieuse, probablement décédée. Une discrétion qui n’enlève rien à la portée de son témoignage.

Le rôle qui a tout fait remonter

Ce n’est pas la première fois que Clémentine Célarié évoque des violences vécues. En décembre 2025, elle se confiait déjà à Télé Magazine sur son personnage dans la série Le Diplôme.

Le rôle de Delphine, victime de violences conjugales, a réveillé chez elle des souvenirs douloureux liés à sa propre histoire. « Ce rôle, c’est un cadeau à condition de garder la bonne distance », expliquait-elle alors.

Couloir d'un couvent ancien, ambiance religieuse feutrée

Pour préserver son équilibre, l’actrice a dû maintenir une frontière claire entre elle et son personnage tout au long du tournage. Un exercice d’équilibriste qu’elle a mené avec lucidité.

« Ce n’était pas douloureux pour moi parce que je considère que c’était nécessaire d’en parler », ajoutait-elle, convaincue de l’utilité de mettre ces sujets en lumière.

Pour Clémentine Célarié, il faut « faire exploser les tabous » qui entourent encore les violences masculines. « Plus les femmes en parleront, plus on pourra s’occuper d’elles », martèle-t-elle.

Le poids du silence et la mémoire du corps

Il y a quelques jours, l’actrice expliquait à Télé 7 Jours comment ce rôle a déclenché chez elle une véritable prise de conscience. Comme beaucoup de victimes, elle avait gardé le silence pendant des années.

« Être violentée par un homme qu’on aime, c’est inimaginable », confesse-t-elle, mettant des mots sur un vécu que de nombreuses femmes taisent par honte ou par culpabilité.

« On se dit qu’on est nulles, responsables », dénonce-t-elle, pointant ces mécanismes d’autoaccusation qui empêchent tant de victimes de parler, un sujet que d’autres personnalités ont aussi abordé publiquement, comme dans le témoignage de Flavie Flament.

Clémentine Célarié avait « complètement verrouillé ces violences dans un coin de sa tête », jusqu’au visionnage du documentaire Vivante(s), de Claire Lajeunie. Un électrochoc qui a libéré une parole longtemps contenue.

Sur le tournage, son partenaire Charles Berling s’est montré « très attentif » et ne lui « a jamais fait mal » lors des scènes les plus difficiles à jouer.

« J’ai découvert pendant ce tournage que le corps a une mémoire », conclut l’actrice. Une phrase qui résume à elle seule pourquoi ces souvenirs d’enfance ont pu remonter des décennies plus tard, intacts.

Des témoignages comme celui-ci s’ajoutent à une vague plus large de libération de la parole, à l’image de celle qui a suivi les accusations visant Patrick Bruel ou d’autres affaires récentes touchant le monde du spectacle.

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