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Corinne Masiero, victime d’inceste à 8 ans, raconte ces souvenirs que « le cerveau fait oublier »

Publié par Hannah le 26 Juin 2026 à 10:38

Elle est l’une des actrices les plus cash du paysage audiovisuel français. Corinne Masiero, inoubliable Capitaine Marleau, a choisi de mettre la même énergie brute dans un combat bien plus intime. Celui contre le silence qui entoure l’inceste. À quelques heures du retour de sa série culte sur France 2, la comédienne revient sur un traumatisme d’enfance longtemps enfoui — et sur ces mécanismes troublants qui permettent au cerveau d’effacer les pires souvenirs.

« Dans toutes les familles on est confronté à ça » : Corinne Masiero se confie sur l'inceste qu'elle a subi

Marleau revient, et cette fois Yvan Attal lui donne du fil à retordre

Ce vendredi 26 juin, France 2 diffuse La der des der, un nouvel épisode de Capitaine Marleau. L’intrigue démarre lors d’une reconstitution historique sous l’Empire. Deux hommes s’affrontent en duel avec des armes censées tirer à blanc.

Sauf que l’un des participants s’effondre, touché par une balle réelle. Marleau arrête immédiatement le tireur présumé, un avocat médiatique incarné par Yvan Attal. Face à elle, Amira Casar complète un casting solide.

Le suspect clame son innocence et affirme être victime d’une machination. Quelqu’un aurait remplacé les munitions à son insu. L’enquête bascule dans le personnel quand on découvre que les deux protagonistes partagent un passé commun.

Réalisé par Josée Dayan, cet épisode est l’un des plus théâtraux de la série. Costumes d’époque, manipulation psychologique, affrontements tendus : le cocktail habituel de Marleau, poussé à son maximum. Mais derrière la fiction, c’est une tout autre histoire que Corinne Masiero porte avec elle depuis des décennies.

« Victime d’inceste à 8 ans » : une révélation qui avait secoué la France

Avant d’être une figure du petit écran, Corinne Masiero a traversé une jeunesse marquée par la précarité et des blessures profondes. En 2022, elle révélait publiquement avoir été victime d’inceste à l’âge de 8 ans. L’auteur des faits était l’un de ses cousins.

Cette prise de parole avait profondément marqué l’opinion. Pas seulement parce que la comédienne est connue et appréciée. Mais parce qu’elle avait posé des mots crus, sans filtre, sur une réalité que des millions de personnes connaissent dans le silence.

Pièce baignée de lumière dorée évoquant un témoignage difficile et une introspection profonde

En France, les violences sexuelles sur mineurs restent un fléau massif. Selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste), 160 000 enfants en sont victimes chaque année. Un chiffre vertigineux qui donne une idée de l’ampleur du tabou.

Pour Masiero, ce combat dépasse largement sa propre histoire. Et quelques semaines avant le retour de Marleau, elle a choisi de revenir sur les raisons de sa prise de parole. Avec une franchise qui lui ressemble.

« Des trucs dégueulasses que le cerveau fait oublier »

Ce qui frappe dans le témoignage de Corinne Masiero, c’est la lucidité avec laquelle elle décrit les mécanismes de l’oubli traumatique. Ce phénomène, bien documenté en psychologie, permet au cerveau de « verrouiller » des souvenirs trop violents pour être supportés consciemment.

« On peut vivre des trucs dégueulasses que le cerveau fait oublier, et qui réapparaissent parfois 20, 30 ans après », confie-t-elle. Une phrase simple qui résume à elle seule le calvaire silencieux de milliers de victimes.

Car l’amnésie traumatique n’est pas un choix. C’est un mécanisme de survie. Le cerveau enfouit l’insupportable pour permettre à l’enfant de continuer à vivre. Mais ces souvenirs ne disparaissent jamais vraiment. Ils ressurgissent, parfois des décennies plus tard, déclenchés par un détail, une odeur, une situation.

C’est exactement ce que décrit la comédienne. « Trouver la force de parler, c’est un parcours qui peut être très long », ajoute-t-elle. Un message qui s’adresse directement à celles et ceux qui n’ont pas encore trouvé les mots — ou qui doutent de leurs propres souvenirs.

« Ce ne sont pas des choses personnelles » : pourquoi elle refuse de se taire

Ce qui distingue Masiero d’autres témoignages publics, c’est son refus catégorique de cantonner l’inceste à la sphère privée. Pour elle, les violences sexuelles sont un problème collectif, pas un drame individuel.

« Les violences sexuelles, conjugales, celles sur les enfants, ce ne sont pas des choses personnelles. Elles concernent toute la société », martèle-t-elle. Une conviction qui guide son engagement depuis plusieurs années.

L’actrice pointe du doigt la « culture du secret » qui a longtemps verrouillé la parole des victimes. Dans de nombreuses familles, l’injonction au silence reste la norme. On ne dit pas. On ne dénonce pas. On « protège » le clan, au détriment de l’enfant. Des mécanismes de silence familial que d’autres personnalités ont également dénoncés ces dernières années.

Elle rappelle aussi que chaque victime avance à son rythme. Certaines ressentent le besoin de parler sans en avoir la force. D’autres choisissent d’attendre avant d’entamer des démarches judiciaires. Aucun de ces chemins n’est plus légitime qu’un autre.

Deux documentaires pour prolonger le combat

Corinne Masiero ne se contente pas de parler. Elle agit. L’actrice participe actuellement à deux projets documentaires consacrés aux violences faites aux femmes et aux enfants.

Salle de projection vide aux lumières ambrées pour un documentaire sur un sujet grave

Le premier, Inceste, le dire et l’entendre, s’attaque frontalement au tabou en donnant la parole aux victimes et à ceux qui les accompagnent. Le second, Nous les femmes, l’art qui répare, explore le rôle de la création artistique dans la reconstruction après un traumatisme.

Deux œuvres qui prolongent un engagement de plus en plus visible dans le paysage médiatique français. Car au-delà des affaires judiciaires retentissantes, c’est dans ce type de projet que le regard de la société peut réellement changer.

Masiero mène ce combat avec la même détermination que son personnage de Marleau. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas de résoudre une enquête fictive. Il s’agit de convaincre un pays entier qu’aucune victime ne devrait être condamnée au silence. Et vu la force de sa parole, elle est plutôt bien partie.

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