« Ma famille était un réseau pédophile » : le neveu de Gérard Louvin brise le silence sur l’omerta familiale
Quatre ans après le classement sans suite de sa plainte, Olivier Agredano reprend la parole. Le neveu de Gérard Louvin revient sur les abus sexuels qu’il affirme avoir subis enfant, perpétrés selon lui par Daniel Moyne, le mari de son oncle. Mais cette fois, il va plus loin : il accuse l’ensemble de sa famille d’avoir su, couvert, et même profité financièrement de la situation. Un témoignage glaçant, recueilli par OFF Investigation.

Olivier Agredano, 36 ans de silence brisé face à la justice
L’affaire remonte à 2021. Dans le sillage du livre La Familia Grande de Camille Kouchner, plusieurs victimes d’inceste prennent la parole publiquement. Olivier Agredano fait partie de ces voix. Alors âgé de 48 ans, il dépose plainte pour « complicité de viols sur mineur de moins de quinze ans par ascendant », « viols sur mineur » et « corruption de mineur ». Sa cible : Daniel Moyne, époux de Gérard Louvin. Mais en 2022, la plainte est classée sans suite. Un coup de massue pour celui qui affirme que plus de trente-six années de sa vie ont été « bousillées, abîmées, pourries » par ces deux hommes. Les témoignages d’abus couverts par l’omerta continuent pourtant de se multiplier. Malgré le verdict judiciaire, Agredano refuse de se taire. Et ce qu’il révèle aujourd’hui dépasse le cadre d’un homme seul face à un agresseur.
Des abus « en douceur » et un oncle accusé de complicité
Dans son interview accordée à OFF Investigation le 17 mai 2026, Olivier Agredano détaille la mécanique des agressions. Tout commence par des gestes anodins en apparence : Daniel Moyne vient le border, lui fait des caresses, des « guilis ». Puis, progressivement, l’emprise s’installe. « Il prend ma main, qu’il approche de son sexe. Mon job, c’était de faire éjaculer Daniel. Je ne suis pas un humain, je suis un objet », confie-t-il. Si Agredano ne désigne que Moyne comme auteur direct des abus, il affirme que Gérard Louvin a « favorisé » ces agissements. Chaque soir, le même rituel se répétait : on envoyait l’enfant dire bonne nuit à son oncle, pendant que Moyne quittait la chambre. « Il est impossible qu’il ne savait pas », martèle la victime. « Ils m’ont colonisé comme on colonise un pays. » Cette phrase résonne comme un verdict. Mais le plus accablant reste à venir, car certaines affaires enfouies finissent toujours par ressurgir.
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Une famille entière au courant : l’omerta dénoncée par la victime et par sa propre mère
Grandir dans le silence a un coût que cette affaire illustre brutalement. Olivier Agredano affirme que ses propres parents « touchaient de l’argent en espèces » de Gérard Louvin. « Ma famille était un réseau pédophile. Tout le monde savait ce qui se passait », lâche-t-il. Et il n’est pas le seul à le dire. Dès 2021, dans un article du Monde, la sœur de Gérard Louvin — la mère d’Olivier — avait reconnu que son fils lui avait parlé des abus dans les années 2000. Sa réponse, à l’époque ? Le déni. « Je ne voulais pas y croire. Je n’associais pas l’idée de mon frère et celle d’un pédophile », avait-elle confié. Elle avait ensuite repris le travail auprès de Louvin, « comme si de rien n’était ». Avant de regretter amèrement : « J’aurais dû lui casser la gueule. »
Une mère qui savait. Un père qui encaissait l’argent. Un oncle qui envoyait l’enfant dans la chambre. Et une justice qui classe sans suite. L’affaire Louvin-Moyne n’est pas seulement l’histoire d’un agresseur présumé. C’est le portrait d’un système familial entier construit autour du silence. Combien d’autres Olivier attendent encore qu’on les écoute ?