« Ce qui se passe à Gaza est injustifiable » : Ed Sheeran s’excuse en larmes après l’exclusion de Macklemore

Un concert bondé, un chanteur habituellement souriant, et pourtant une gorge nouée face au micro. Cette nuit, au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Ed Sheeran a rompu le silence pour la première fois depuis l’affaire qui secoue sa tournée américaine. En cause : l’exclusion brutale du rappeur Macklemore, écarté après avoir scandé un slogan pro-palestinien en pleine scène. Ce que le chanteur britannique a fini par lâcher, entre excuses et aveu de faiblesse, a surpris jusqu’à ses propres fans.
Une tournée sous tension depuis le New Jersey
Tout part d’un concert dans le New Jersey, où Macklemore assurait la première partie d’Ed Sheeran. Le rappeur américain avait alors scandé « Free Palestine » face au public, un geste qui a immédiatement fait des vagues bien au-delà de la salle. Plusieurs propriétaires de stades ont menacé d’annuler purement et simplement les dates suivantes si Macklemore restait sur l’affiche.
Cette pression, très éloignée des débats habituels sur la pression subie par les artistes sur les réseaux ou en tournée, a fini par payer : le rappeur a été exclu. Une décision qui a immédiatement provoqué la colère de plusieurs collègues de tournée. Le climat, déjà électrique autour des prises de position publiques liées au conflit, n’a fait que s’aggraver, un peu comme d’autres polémiques récentes autour d’événements musicaux internationaux traversés par des tensions politiques.
Les excuses émues d’Ed Sheeran sur scène
Face à ce chaos grandissant, Ed Sheeran a choisi de s’expliquer directement devant son public. « J’ai dû prendre des décisions difficiles et j’ai commis des erreurs. Je suis vraiment désolé », a-t-il déclaré, visiblement bouleversé, selon les propos rapportés lors du concert.
Le chanteur a insisté sur sa volonté que ses concerts restent des espaces de rassemblement, loin des clivages politiques. Mais il n’a pas éludé le fond du sujet pour autant. « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a-t-il ajouté, dans une prise de position rare pour l’artiste britannique, habituellement peu enclin à s’exprimer sur ce type de sujets sensibles publiquement. Il a toutefois précisé condamner les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, tout en dénonçant aussi les injustices subies en Cisjordanie, refusant ainsi de renvoyer dos à dos les deux camps de façon simpliste, un exercice d’équilibriste que peu d’artistes osent tenter en pleine tournée.
Un effet domino qui vide déjà la tournée

À l’extérieur du stade, la pression sur l’organisation des tournées ne s’est pas arrêtée aux excuses du chanteur. Plusieurs dizaines de manifestants pro-palestiniens s’étaient rassemblés devant le stade, drapeaux et pancartes en main, scandant « Palestine libre » pour réclamer plus de solidarité et dénoncer l’éviction de Macklemore.
La polémique a surtout eu des conséquences concrètes sur le plateau artistique. Finneas, Lukas Graham et Aaron Rowe ont tous quitté la tournée dans la foulée, un départ groupé rare qui illustre l’ampleur de la fracture. Du côté des organisateurs, le milliardaire Robert Kraft, propriétaire du Gillette Stadium, a justifié son opposition à Macklemore en évoquant des propos et images qu’il juge antisémites. Le rappeur, de son côté, affirme que son engagement pour la cause palestinienne ne vise en rien la communauté juive, une clarification qui n’a pour l’instant pas calmé la controverse, comme le montrent d’autres affaires où une prise de parole publique divise l’opinion en deux camps irréconciliables.
Malgré la tempête, Ed Sheeran a terminé son concert comme prévu, déterminé à faire de la musique un terrain neutre. Reste à savoir si ses excuses suffiront à apaiser une tournée déjà fracturée, ou si d’autres artistes suivront le chemin du départ. L’affaire, elle, est loin d’être close.