Emmanuel-Philibert de Savoie a confié à sa fille Vittoria, 22 ans, une œuvre offerte par Salvador Dalí en personne

Un été à Cadaqués, un peintre de légende, et un cadeau resté secret pendant quarante ans. C’est l’histoire que vient de raconter Emmanuel-Philibert de Savoie dans les colonnes du quotidien italien Il Messaggero. Une amitié d’enfance avec Salvador Dalí qui a débouché sur un héritage artistique hors norme, aujourd’hui transmis à la génération suivante.
Un été 1984 qui allait tout changer
Tout commence en Espagne, dans la petite ville catalane de Cadaqués. La famille royale de Savoie y loue un vieux château pour les vacances. Emmanuel-Philibert n’a alors que 12 ans. À quelques pas de là se trouve Portlligat, la maison où vit un ami proche de son père : Salvador Dalí lui-même, déjà considéré comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle.
Ce voisinage improbable va marquer durablement le jeune prince. Comme le rapportent régulièrement les médias people, ce genre de rencontre d’enfance façonne parfois toute une vie, un peu à la manière de ces histoires familiales qui traversent les décennies, à l’image de la transmission entre générations qu’on retrouve dans d’autres grandes familles. Emmanuel-Philibert se souvient avec une émotion intacte de ces journées passées à observer l’univers fascinant du peintre catalan.
Mais l’été 1984 n’a pas laissé que des souvenirs immatériels. La famille de Savoie est repartie avec bien plus que des anecdotes à raconter, comme le prince l’a lui-même confirmé dans son témoignage récent, loin des rumeurs qu’on peut parfois lire sur les familles royales ou nobiliaires européennes.
Des cadeaux qui valent une fortune
Salvador Dalí n’a pas offert une simple babiole à ses jeunes voisins. Emmanuel-Philibert de Savoie détaille avec précision les présents reçus cette année-là : plusieurs tableaux, dont une œuvre intitulée Femme à la baguette sur la tête, ainsi qu’une sculpture d’une rare originalité représentant une femme-girafe.
« Elle a un très long cou et de petits tiroirs intégrés à son corps », a-t-il expliqué, décrivant une pièce typiquement surréaliste, dans la veine des créations les plus reconnaissables du maître catalan. Un cadeau d’artiste qui n’a rien d’anodin quand on connaît la cote atteinte aujourd’hui par les œuvres de Dalí sur le marché de l’art international.
Quarante ans plus tard, ce trésor familial n’a jamais quitté le cercle privé des Savoie. Il a simplement changé de gardienne. C’est Vittoria de Savoie, fille d’Emmanuel-Philibert née de sa relation avec l’actrice Clotilde Courau, qui en a désormais la responsabilité. Une transmission qui dépasse largement le simple cadre patrimonial, un peu comme d’autres transmissions d’objets à forte valeur symbolique, à l’image de certains héritages oubliés qui refont surface avec le temps.

Une passion transmise jusqu’au Japon
Vittoria de Savoie a aujourd’hui 22 ans, et elle ne se contente pas d’être la simple héritière d’un tableau ou d’une sculpture. La jeune femme s’est pleinement investie dans le monde de l’art, allant jusqu’à organiser elle-même des expositions autour de ce patrimoine familial.
Une démarche qui témoigne d’un attachement bien réel, loin des clichés qu’on pourrait avoir sur les héritières de grandes lignées, à l’inverse de certaines polémiques comme celle qui a visé Élodie Gossuin ou d’autres figures publiques scrutées de près.
Cette complicité artistique entre le père et la fille s’est encore illustrée récemment, à des milliers de kilomètres de la Catalogne. Du 26 au 28 avril, Emmanuel-Philibert et Vittoria se sont rendus à Tokyo pour participer à deux soirées de gala caritatives, organisées sous l’égide des Ordres dynastiques de la Maison royale de Savoie.
Sur les photos partagées par le prince sur son compte Instagram, l’ambiance semble détendue, presque familiale, malgré le faste de l’événement. En légende, il a résumé l’esprit de ce voyage nippon en une phrase : « Deux soirées inoubliables, unies par un seul but : l’art comme cadeau aux nouvelles générations ».
Les fonds récoltés lors de ces galas étaient destinés à soutenir l’Institut d’art Savoia, preuve que le lien entre la famille et la création artistique ne s’arrête pas aux murs d’un salon privé.
D’un été catalan de 1984 à une soirée de gala tokyoïte en 2026, l’histoire de cette œuvre signée Dalí raconte surtout une chose : certains héritages ne se comptent pas en euros, mais en souvenirs transmis. Et si Vittoria de Savoie perpétue aujourd’hui cette passion, on peut légitimement se demander à qui, dans quarante ans, reviendra la fameuse femme-girafe.