« Nous n’avons rien fait pour éviter d’en avoir » : cette mère de 14 enfants dépense 10 000 € par mois

Pendant que la natalité s’effondre en France et chez la plupart de nos voisins européens, une Américaine a pris le contre-pied total. Shay Barbee, 44 ans, élève 14 enfants avec son mari Will. Un choix de vie qui s’accompagne d’un budget familial vertigineux, qu’elle a accepté de détailler sans filtre auprès du journal britannique The Sun.
Une tribu de 14 enfants dans un pays où l’État n’aide (presque) pas
En France, l’Insee a enregistré seulement 645 000 naissances en 2025, un plancher historique depuis la Seconde Guerre mondiale. L’indice de fécondité y plafonne à 1,56 enfant par femme, et la tendance est similaire ailleurs en Europe. Aux États-Unis, le taux de natalité suit une courbe comparable, ce qui rend le cas de la famille Barbee d’autant plus atypique.
Installée à Chicago, dans l’Illinois, Shay Barbee a mis au monde 14 enfants âgés de 5 à 25 ans. Elle assume totalement ce choix, loin de toute logique de planification stricte : « Nous n’avons pas cherché à éviter d’avoir des enfants, ni même essayé d’en avoir », confie-t-elle à The Sun. Pour elle, chaque grossesse relève d’une forme d’évidence, presque spirituelle : « Nous sommes ouverts à tout ce que le Seigneur a prévu pour nous. »
Mais gérer une famille aussi nombreuse dans un pays réputé peu généreux en aides sociales impose une organisation quasi militaire. Comme beaucoup de foyers américains confrontés à l’inflation et à la hausse du coût de la vie, les Barbee doivent absorber seuls chaque dépense, sans filet institutionnel.
10 000 euros de factures mensuelles, aucun soutien extérieur
« Nous ne recevons le soutien de personne ; nous nous occupons de tout : alimentation, cuisine et ménage », précise Shay Barbee. Résultat : les factures mensuelles de la famille grimpent à environ 10 000 euros, un montant qui donnerait des sueurs froides à n’importe quel foyer.
Le poste le plus lourd reste l’alimentation. La famille dépense près de 120 000 euros par an uniquement pour les courses, malgré un coup de pouce inattendu : 40 poules et canards qui produisent environ 180 œufs chaque semaine. De quoi limiter légèrement la facture, sans pour autant l’alléger vraiment face à l’inflation généralisée sur les produits du quotidien.
S’ajoutent 12 000 euros annuels pour les vêtements et environ 1 750 euros par enfant pour les fournitures scolaires, incluant cours bibliques, musique et arts. Shay Barbee fait elle-même l’école à la maison pour les plus jeunes, pendant que les aînés poursuivent leurs études à l’université. Son mari Will, entrepreneur et investisseur immobilier, complète les revenus du foyer.

Cinq voitures, un fourgon de 15 places et 10 ans de grossesse
Se déplacer avec une telle tribu exige aussi des moyens logistiques hors norme. Le couple possède cinq voitures, dont un fourgon de 15 places acheté spécialement pour transporter tout le monde d’un coup. « Comme mon aîné ne vient pas partout avec nous, nous tenons maintenant tous dans un seul véhicule de 15 places, mais parfois nous prenons deux véhicules », raconte Shay Barbee.
Les fêtes de famille pèsent elles aussi lourd dans la balance. Noël coûte près de 6 000 euros, et chaque anniversaire environ 500 euros, soit près de 7 000 euros supplémentaires cumulés sur l’année. Un budget que peu de familles, même bien plus petites, pourraient absorber sans sourciller face à la hausse générale des charges du quotidien.
Mais le détail le plus marquant concerne son propre corps. Shay Barbee a fait un calcul saisissant : additionner la durée de chacune de ses grossesses. Le résultat donne 10 ans et 3 mois passés à porter ses enfants, en comptant environ neuf mois par grossesse. Plus d’une décennie de sa vie d’adulte consacrée uniquement à attendre une naissance.
Quatorze enfants, dix ans de grossesse cumulés, dix mille euros de factures chaque mois : la famille Barbee incarne un mode de vie totalement à contre-courant des tendances démographiques occidentales. Un choix assumé, financé sans aide extérieure, et qui pose une question simple : combien de foyers pourraient encore tenir ce rythme aujourd’hui ?