Florent Manaudou : « J’ai perdu 70% », la douche froide de l’après-JO qu’il n’a pas vue venir
Il y a deux ans, Florent Manaudou décrochait deux médailles de bronze aux JO de Paris 2024, en individuel et en relais. La consécration d’une carrière déjà bien remplie. Mais depuis, le nageur vit une réalité bien moins glorieuse côté finances. Dans une interview sans filtre, il balance un chiffre qui fait mal, et surtout la raison, glaçante de cynisme, qui se cache derrière.

Une gloire olympique qui ne dure jamais très longtemps
Le compagnon d’Elsa Bois n’a jamais été du genre à tourner autour du pot quand il s’agit d’argent. Un sujet encore largement tabou en France, ce qui le fait justement sortir de ses gonds. Dans les colonnes du Journal du Dimanche, paru le 9 août, il s’interroge : pourquoi cacher un salaire quand ça ne change strictement rien à la vie de personne d’autre ?
Avant les Jeux, la période avait pourtant été très lucrative pour le frère de Laure Manaudou. Les marques se bousculaient, les contrats pleuvaient. Un peu comme dans d’autres secteurs où l’argent reste un sujet sensible pour beaucoup de Français, l’athlète assume au contraire une transparence totale sur ses revenus.
Mais l’euphorie post-olympique a un revers qu’on connaît bien : elle retombe aussi vite qu’elle est montée. Et c’est précisément ce qui attendait Florent Manaudou une fois le rideau tombé sur Paris 2024. La suite s’est révélée bien plus rude que prévu, et il ne l’a visiblement pas anticipée à ce point.
Le chiffre qui claque : 70% de sponsors envolés
La confidence tombe, brute, sans détour : « J’ai perdu 60 à 70% des sponsors après les Jeux de Paris ». Un effondrement financier vertigineux pour un athlète qui venait pourtant de monter deux fois sur le podium olympique quelques mois plus tôt seulement.
Son manager, Jean-François Salessy, tente de relativiser la chute en la présentant comme mécanique : « Avant les JO de Paris, on a eu davantage de contrats, c’est donc logique qu’on les perde ». Une explication presque comptable, comme certains mouvements financiers spectaculaires qui s’expliquent finalement par des logiques bien plus prosaïques qu’il n’y paraît.
Mais Florent Manaudou ne s’en satisfait pas vraiment. Il préfère dire les choses telles qu’il les a vécues, sans langue de bois, quitte à égratigner au passage l’image d’un pays soudainement épris de sport olympique. Car derrière ce chiffre brutal se cache une mécanique bien plus cynique qu’un simple ajustement de calendrier commercial.

« C’est juste de la com’ » : le constat sans détour du nageur
Le champion olympique n’y va pas par quatre chemins pour décrire ce qu’il a observé pendant les JO. « Les boîtes se sont dit : « On va se payer des athlètes parce que ça fait bien » », lâche-t-il, presque désabusé. Selon lui, l’engouement affiché autour du sport français n’était qu’un vernis marketing éphémère. Un discours qui contraste avec l’image d’unité nationale vendue pendant l’été 2024.
« On nous a fait croire que les gens s’intéressaient au sport, qu’on était un pays de sport, etc. C’est juste de la com’ », résume-t-il, sans amertume apparente mais avec une lucidité désarmante. Aujourd’hui, il continue tout de même de décrocher quelques contrats, notamment une campagne pour la plateforme d’épargne Yomoni.
Côté aides publiques, ses deux médailles de bronze lui ont rapporté 40 000 euros, une somme loin de garantir une réelle sécurité financière pour un athlète de haut niveau. Depuis la fin des JO, il a diversifié ses activités : on l’a vu sur le parquet de Danse avec les stars, où il a d’ailleurs rencontré sa partenaire, puis à l’affiche de la série policière A priori sur France Télévisions.
Une reconversion qui lui laisse justement le temps qu’il recherchait tant. Car pour lui, la vraie richesse n’a jamais été une question de chiffres sur un compte en banque.
« Je veux juste être libre et avoir du temps pour moi. Si demain je veux aller voir mon meilleur pote en Australie et prendre une semaine de vacances, je peux le faire. C’est ça pour moi, être riche », confie-t-il, philosophe. Une définition du succès qui vaut sans doute mieux que tous les contrats de sponsoring envolés. Et si la vraie médaille, finalement, c’était celle-là ?