Hulk Hogan et la réincarnation : ces enregistrements secrets révèlent les propos les plus sombres du catcheur

On connaissait Hulk Hogan pour ses combats légendaires sur le ring, sa moustache iconique et ses répliques cultes. Mais un nouveau documentaire Netflix, Hulk Hogan: Real American, vient rappeler que derrière le personnage de scène se cachait un homme aux propos d’une violence raciste rare. Et si les premiers enregistrements avaient déjà choqué l’Amérique en 2015, un second enregistrement — bien moins connu — va encore plus loin.
Le premier scandale qui a fait tomber une légende

En 2015, la WWE licencie purement et simplement Hulk Hogan. Pas pour une blessure, pas pour un conflit contractuel. Pour des propos racistes captés à son insu. La scène se déroule dans une sextape filmée alors que le catcheur couchait avec la femme de son meilleur ami. Sur la bande, on l’entend affirmer que « tout le monde est raciste, à un certain degré », avant d’utiliser à répétition une insulte raciale. Il exprime aussi son dégoût à l’idée que sa fille puisse fréquenter un homme noir.
Le scandale est immédiat. La WWE efface toute trace de Hogan de son site, le retire du Hall of Fame, coupe les ponts. L’affaire donne lieu à un procès retentissant contre le site Gawker qui avait diffusé la sextape — un procès financé secrètement par le milliardaire Peter Thiel, qui aboutira à la faillite pure et simple du média.
Mais cette histoire, aussi sordide soit-elle, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car il existe un second enregistrement, réalisé dans un contexte totalement différent, et dont le contenu est peut-être encore plus accablant.
Dans le parloir d’une prison, un père parle à son fils
Pour comprendre ce second enregistrement, il faut revenir en arrière. Nick Bolea, le fils de Hulk Hogan, purge alors une peine de huit mois de prison pour conduite dangereuse. Son imprudence au volant a provoqué un accident gravissime : son ami John Graziano se retrouve plongé dans le coma. C’est dans ce contexte que le catcheur rend visite à son fils en prison.

Les conversations au parloir sont enregistrées — une pratique courante dans les établissements pénitentiaires américains. Hulk Hogan ne semble pas s’en soucier. Ou peut-être l’a-t-il oublié. Toujours est-il que ces bandes finiront par fuiter. Et ce qu’on y entend dépasse le simple dérapage verbal.
Au cours de la discussion, Hogan utilise à plusieurs reprises des insultes raciales, comme dans le premier enregistrement. Puis il dérive vers un sujet inattendu : la réincarnation. Il confie à son fils que « Dieu leur a donné cette énergie, cette vibration » qui leur permettra de « vivre pour toujours ». Avant d’ajouter, très explicitement, qu’il espère que ni lui ni son fils ne reviendront sur Terre en tant qu’hommes noirs.
La phrase est posée là, sans hésitation, sans recul. Comme une évidence partagée entre un père et son fils. Certaines célébrités traînent des secrets de famille dévastateurs — chez les Hogan, le racisme semble être un héritage assumé.

Des excuses à géométrie variable
Face au premier scandale — celui de la sextape —, Hulk Hogan avait fini par prendre la parole. En 2015, il publie un communiqué calibré au millimètre : « Il y a huit ans, j’ai utilisé un langage offensant au cours d’une conversation. C’était inacceptable. Il n’y a aucune excuse et je m’en excuse. Ce n’est pas ce que je suis. »
La formule classique. Le « ce n’est pas ce que je suis » qui revient dans chaque excuse de personnalité prise en flagrant délit. Il ajoute croire « très fermement que chaque personne dans le monde est importante et ne devrait pas être traitée différemment en raison de sa race, de son genre, de son orientation ou de ses croyances religieuses ».
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Mais voilà le détail qui change tout : Hogan n’a jamais pris la parole publiquement au sujet des enregistrements du parloir. Pas un mot. Pas une ligne. Comme si ces propos-là, prononcés dans l’intimité d’une visite à son fils, n’avaient jamais existé. Le silence est parfois plus révélateur que n’importe quel communiqué.
Le retour controversé au Hall of Fame
Trois ans après son licenciement, en 2018, la WWE réintègre Hulk Hogan dans son Hall of Fame. La décision fait l’effet d’une bombe en coulisses. Kofi Kingston, au nom du trio The New Day — trois catcheurs noirs considérés comme l’un des meilleurs tag teams de l’histoire de la WWE — publie un communiqué sur X (anciennement Twitter) qui ne mâche pas ses mots.
« Quand quelqu’un fait des commentaires racistes et haineux sur une race ou un groupe de personnes, surtout au degré où Hogan l’a fait à propos de notre peuple, nous trouvons difficile d’oublier simplement — peu importe le temps qui s’est écoulé ou les circonstances dans lesquelles ces commentaires ont été faits. »
La phrase suivante est encore plus cinglante dans sa retenue : « Peut-être que si nous le voyons faire un effort sincère pour changer, notre opinion changera avec lui. Le temps nous le dira. » Un conditionnel lourd de sens. Comme un verdict suspendu qui ne tombera jamais vraiment.
Le parallèle avec d’autres personnalités rattrapées par leurs actes est tentant. En France aussi, des figures publiques se retrouvent parfois dans de sales draps face à la justice ou l’opinion publique.
Hulk Hogan est mort en juillet 2025 — et le documentaire relance tout
Terry Bolea, de son vrai nom, est décédé en juillet 2025. Lors des hommages, la majorité des tributes se sont concentrés sur sa contribution indéniable au catch américain et au divertissement mondial. L’homme qui a rempli des stades de 90 000 personnes, qui a popularisé le catch bien au-delà du ring, qui a été l’un des premiers « entertainers » sportifs de l’ère moderne.
Mais une partie du public n’a pas pu — ou pas voulu — célébrer sa mémoire de la même façon. Les enregistrements étaient toujours là, quelque part dans un coin de l’internet, comme une tache indélébile sur un parcours par ailleurs titanesque.
Le documentaire Netflix Hulk Hogan: Real American, disponible dès maintenant, confronte directement le catcheur à ses pires controverses. Et notamment à ces deux enregistrements. La question que pose le film, en creux, est aussi vieille que la célébrité elle-même : peut-on séparer l’artiste de l’homme ? Et surtout, peut-on pardonner quand les excuses ne concernent qu’une partie des faits ?
Hulk Hogan n’a jamais commenté les propos tenus dans ce parloir. Le documentaire, lui, les met en lumière. À chaque spectateur de décider ce qu’il en fait.