« Je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker » : quand Jean-Louis Murat chargeait Patrick Bruel bien avant les plaintes
Patrick Bruel est aujourd’hui mis en examen pour viol, tentative de viol et agression sexuelle. Mais près de trente ans avant les plaintes, un autre artiste avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Jean-Louis Murat, décédé il y a trois ans, avait confié à un journaliste une scène qui glace le sang. Et ce témoignage refait surface au pire moment.

Patrick Bruel mis en examen : une chute brutale pour le chanteur
Tout a basculé ces dernières semaines pour l’interprète de Casser la voix. Placé en garde à vue, déféré, puis présenté à quatre juges d’instruction, le sexagénaire a été mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel dans quatre affaires distinctes.
Le juge des libertés et de la détention a finalement ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire. Mais les conditions sont strictes. Patrick Bruel ne peut ni quitter le territoire français, ni entrer en contact avec les victimes, ni fréquenter un salon de massage. Pour ce qui se serait passé en garde à vue, les détails font froid dans le dos.
Le papa d’Oscar et Léon, compagnon de Clémence, tente désormais de se faire oublier. Mais c’est précisément le moment que choisit un ancien journaliste romand pour sortir du silence. Et ce qu’il raconte remonte à 1996, bien avant que quiconque imagine la suite. D’autres proches du chanteur ont aussi témoigné de son état d’esprit ces derniers jours.
Jean-Louis Murat et cette scène de poker qui l’avait dégoûté
L’ancien journaliste, qui a préféré garder l’anonymat, s’est confié auprès de 20 Minutes. En 1996, il avait rencontré Jean-Louis Murat, l’auteur-compositeur qui a collaboré avec Mylène Farmer. Lors d’une discussion sur le rapport des artistes aux femmes, Murat avait lâché une phrase sans détour.
« Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C’est le comble de l’abjection. » Les mots sont crus. Directs. Et ils décrivent une scène où une adolescente aurait servi de mise lors d’une partie de cartes entre vedettes.
Ce témoignage recoupe d’ailleurs une déclaration publique de Murat lui-même. Lors d’un entretien avec la journaliste Pascale Clark, le chanteur auvergnat avait raconté la même histoire sans citer de nom.
« J’ai vu deux énormes vedettes de la chanson française jouer aux cartes une petite nana de 16 ans avec qui j’avais discuté. Elle était complètement à la rue. Il fallait la traiter comme une enfant. » Un récit glaçant, bien différent de ceux qui prennent sa défense aujourd’hui.
Jean-Louis Murat est décédé il y a trois ans. Mais sa parole, elle, continue de résonner. Et dans le contexte actuel, elle prend une dimension encore plus troublante. D’autres accusations très graves se sont ajoutées depuis.

« Il est hyper fier de son sexe » : les indices que personne n’a voulu voir
Les réactions dans le milieu artistique se multiplient depuis la mise en examen. Mais pour le journaliste romand, rien de tout cela n’est une surprise. « J’ai croisé Bruel deux ou trois fois dans ma carrière. Le terme Babar, je l’ai déjà entendu il y a des années », confie-t-il.
Ce surnom, devenu tristement célèbre, circulait visiblement depuis longtemps dans les coulisses du showbiz. Le journaliste précise avoir entendu ces mots d’une connaissance travaillant dans la télévision. La phrase qu’elle prononçait ne laisse aucune place au doute : « Il est hyper fier de son sexe, il l’exhibe en permanence. »
L’histoire de cette partie de poker avec une adolescente de 16 ans, le surnom qui circulait en coulisses, les témoignages qui s’empilent. Tout dessine un schéma que beaucoup semblaient connaître sans jamais le dénoncer. Le milieu savait-il ? C’est la question qui brûle désormais. Dans une époque où la parole se libère, ces silences pèsent de plus en plus lourd.
Il faut le rappeler : Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. La justice suit son cours. Mais les mots d’un artiste disparu il y a trois ans résonnent aujourd’hui comme un avertissement que personne n’a voulu entendre.
Murat avait vu. Murat avait parlé. Trente ans plus tard, on comprend enfin pourquoi il ne pouvait pas « piffer » Patrick Bruel. Reste à savoir combien d’autres savaient — et combien ont préféré regarder ailleurs.