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« J’ai préféré dormir dehors » : JoeyStarr se souvient de ses années SDF loin de son père

Publié par Hannah le 31 Août 2026 à 13:50
« J'ai préféré dormir dehors » : JoeyStarr se souvient de ses années SDF loin de son père

Il y a des confidences qu’on n’attend pas un dimanche après-midi devant sa télé. Dans Un dimanche à la campagne, diffusé ce 30 août sur France 2, JoeyStarr a pourtant ouvert une page de sa vie qu’il évoque rarement. Face à Frédéric Lopez, le chanteur et comédien est revenu, avec un mélange de pudeur et de nostalgie, sur cette période où il n’avait ni toit, ni argent, ni adresse fixe.

Une fuite loin d’un père trop dur

Tout commence par un retour de Milan. Didier Morville, son vrai nom, rentre en France et sait déjà qu’il ne veut pas retrouver le foyer paternel. Dans Le Petit Didier, publié en 2021 chez Robert Laffont, il décrivait son père comme « un salaud mais un beau personnage », une figure qui l’a fait vivre dans la peur des coups.

Face à Frédéric Lopez, connu pour ses portraits sensibles dans des émissions comme celles consacrées à des parcours atypiques, JoeyStarr raconte ce déclic. Son père lui aurait lancé : « De toute façon, tu seras là dans deux semaines ». Une phrase qui a eu l’effet inverse de celui espéré.

Plutôt que de céder, l’adolescent choisit la rue. Un choix radical, presque une revanche silencieuse, qui va dessiner plusieurs années de sa jeunesse et forger, sans qu’il le sache encore, l’énergie brute qui allait porter son groupe.

On pense parfois que ces récits de galère sonnent tristes ; ici, c’est tout l’inverse qui frappe.

Toits, catacombes et système D pendant deux ou trois ans

« J’ai eu vraiment deux, trois ans comme ça où j’ai vécu sans argent », confie-t-il, presque léger. La vie s’organise alors autour de l’école du graffiti, un réseau informel où les clés du métro et des portes cochères circulent entre initiés. On grimpe sur les toits, on descend dans les catacombes, on dort où l’on peut.

Frédéric Lopez, surpris par le ton enjoué du récit, l’interrompt : « Vous racontez ça comme une aventure… ». Et JoeyStarr de confirmer sans détour : Paris était alors « une ère de jeu ». La débrouille devient une discipline à part entière.

On arrive chez quelqu’un avec une pièce de viande dont on ne sait pas la provenance, on cuisine, et en échange on obtient une douche, parfois un canapé pour la nuit.

Ce système d’entraide informelle, presque une économie parallèle, rappelle à quel point la marge peut aussi être un espace de solidarité insoupçonnée, loin des clichés sur la précarité urbaine.

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De la rue au rap : la naissance de NTM

C’est dans cette période que se noue l’histoire qui va tout changer. Kool Shen et JoeyStarr forment déjà un crew de graffeurs quand un soir, dans le métro, ils croisent un rappeur du moment. On est au début des années 80, aux prémices du rap français, un genre qui n’a alors ni codes ni légitimité établie.

Le type les toise et lâche une phrase qui va tout déclencher : « Votre truc, là, c’est rien. Vous pensez que vous avez laissé une trace en écrivant sur les murs ? ». Piqués dans leur fierté, les deux amis répondent du tac au tac qu’ils feront mieux.

« Je te promets que du jour au lendemain, on a commencé à écrire nos premiers textes », se souvient JoeyStarr, évoquant des punchlines pleines d’arrogance juvénile, sur des couronnes où l’on empile toutes les têtes des rivaux. C’est ainsi, presque par défi de trottoir, que naît le groupe qui deviendra NTM.

Une trajectoire qui a marqué toute une génération, un peu comme d’autres figures populaires ont su transformer une rupture personnelle en tournant décisif de carrière.

De la rue aux scènes, du graffiti aux textes qui ont marqué une génération : le parcours de JoeyStarr rappelle que les plus grandes trajectoires naissent parfois d’un simple coup de fierté blessée. Et si la véritable rébellion n’était jamais celle qu’on imagine ?

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