Menaces de la DZ Mafia : Jul contraint de fuir Marseille, sa ville de cœur

Mai 2024 : Jul allume la vasque olympique sur le Vieux-Port, sous les yeux de toute la France. L’image restera comme l’un des symboles forts de ces Jeux. Deux ans plus tard, c’est une tout autre histoire qui s’écrit pour le rappeur marseillais.
Fin juillet 2026, plusieurs sources évoquent un départ précipité de l’artiste. Direction un lieu tenu secret, loin de sa ville, celle qu’il n’a jamais cessé de chanter dans ses morceaux.
Un exil qui n’a rien de volontaire
Selon Le Parisien, Jul aurait quitté ses terres marseillaises dans l’urgence. Son dispositif de sécurité personnelle a été « drastiquement renforcé », face à des menaces jugées suffisamment sérieuses pour justifier ce niveau d’alerte.
Du côté de son label D’Or et de Platine, c’est le silence radio. Le média précise que « Jul n’a communiqué aucune déclaration publique concernant ces allégations, maintenant le silence sur sa situation personnelle ».
Un mutisme qui, dans ce genre d’affaire, en dit parfois plus long qu’un communiqué. Mais qui cherche à faire plier l’artiste le plus streamé du pays ?
La DZ Mafia et sa taxe sur les célébrités

Le nom revient sans cesse dans les conversations marseillaises depuis plusieurs mois : la DZ Mafia. Ce groupe criminel, qui domine une bonne partie du trafic de stupéfiants local, aurait une nouvelle cible de choix, les personnalités issues des quartiers populaires.
Damien Delseny, journaliste au Parisien, est formel : l’organisation « s’est entreprise de racketter Jul, comme d’autres rappeurs ». Une information confirmée par le site spécialisé Hip Hop Corner, qui précise que « l’organisation criminelle aurait estimé que le rappeur devait lui reverser une partie de ses revenus ».
Autrement dit, une véritable taxe sur le succès. Et selon les informations disponibles, c’est justement le refus de Jul de s’y soumettre qui aurait provoqué cette escalade de tension.
Carla Moreau, autre cible du même mode opératoire
Jul n’est pas un cas isolé. Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2026, le véhicule de l’influenceuse Carla Moreau a été volontairement incendié devant sa résidence marseillaise.
Sur place, les enquêteurs ont retrouvé une lettre signée par le cartel. Le message était sans équivoque : une demande de 60 000 euros, adressée directement à l’influenceuse.
Le parquet de Marseille a immédiatement ouvert une enquête pour tentative d’extorsion en bande organisée. Sur Instagram, le 28 juillet, Carla Moreau a tenu à rassurer ses abonnés : « Je suis en sécurité et bien entourée », avant d’ajouter qu’elle ne souhaitait « pas s’exprimer davantage pour le moment sur les évènements des derniers jours ». Une affaire qui a révélé au grand public l’ampleur du phénomène.
Marseille, ville sous tension pour ses artistes

Ce climat anxiogène n’épargne aucun secteur du divertissement marseillais. Il rappelle un précédent glaçant : l’attaque meurtrière ayant visé l’équipe du rappeur SCH à La Grande-Motte, en août 2024.
Le narco-banditisme redessine peu à peu les rapports entre les artistes populaires et leur territoire d’origine. Un phénomène qui touche aussi les quartiers de la ville, où des adolescents sont recrutés via les réseaux sociaux pour le compte des réseaux criminels.
Certains faits divers récents dans la région, comme cette découverte macabre dans une forêt près d’Allauch, illustrent la brutalité de ce climat. Une réalité qui dépasse largement Marseille, comme à Toulouse où des trafiquants armés filtrent des rues entières.
Pour Jul, une rupture avant tout symbolique
Toute la carrière de Jul s’est construite sur un ancrage local assumé. Ses textes, ses clips, ses featurings : tout renvoie aux quartiers nord de Marseille, sa ville, son identité artistique.
Cet exil forcé marque donc bien plus qu’un simple déménagement pour des raisons de sécurité. C’est une rupture douloureuse avec l’endroit qui a façonné toute son œuvre, et que des milliers de fans, dont Mia Khalifa elle-même, associent indéfectiblement à son nom.
Face à l’ampleur de ce phénomène, certains responsables politiques appellent déjà à des mesures plus fermes. Le député Karl Olive a récemment proposé l’envoi de militaires dans les quartiers les plus sensibles pour endiguer la spirale du narcotrafic.
Pour l’instant, ni Jul ni son entourage n’ont confirmé officiellement la nature exacte des menaces reçues. L’affaire reste entre les mains des enquêteurs, et la France entière attend de voir si son artiste le plus écoulé prendra un jour la parole.