« Il en existe » : Julien Odoul évoque les femmes « malveillantes » dans l’affaire Bruel, le tollé enfle

L’affaire Patrick Bruel continue de secouer la sphère médiatique, alors que le chanteur s’apprête à lancer sa tournée anniversaire. Déjà, plus de 15 villes ont annoncé refuser d’accueillir ses concerts. Dans ce climat électrique, un invité de CNews a pris la parole avec des mots qui ne sont pas passés inaperçus, et le teaser est simple : une phrase sur les femmes qui « mentent » a mis le feu aux poudres.
Une affaire qui embrase déjà 15 villes de France
Pour comprendre l’ampleur de la polémique, il faut revenir au point de départ. Patrick Bruel fait l’objet de plus de 30 plaintes pour des faits de viol et d’agression sexuelle, dans une affaire qui a éclaboussé sa carrière au pire moment possible : celui de sa tournée anniversaire. Résultat, une quinzaine de municipalités ont déjà fait savoir qu’elles ne voulaient pas accueillir ses concerts sur leur territoire.
Ce climat tendu s’inscrit dans un mouvement plus large de vigilance sociétale, où chaque prise de parole publique est scrutée à la loupe. Un peu comme lorsque certains sujets de société deviennent soudain centraux dans le débat public, l’affaire Bruel cristallise des tensions bien plus larges sur la parole des victimes.
C’est dans ce contexte explosif que Julien Odoul, député du Rassemblement national, s’est exprimé sur le plateau de CNews ce jeudi 27 août 2026. Un passage télé qui, loin d’apaiser les esprits, a rajouté une couche de controverse à une affaire déjà sous tension maximale.
Les mots qui font polémique : « la femme ne peut jamais mentir »
D’abord, l’élu a rappelé un principe juridique de base : Patrick Bruel bénéficie, à ce stade, de la présomption d’innocence. « Tant que la justice n’est pas passée, Patrick Bruel est présumé innocent », a-t-il déclaré sans détour.
Mais c’est la suite de son intervention qui a déclenché le tollé. « Moi, je suis frappé de voir que pour certains, la femme est toujours une victime, la femme ne peut jamais être malveillante, la femme ne peut jamais être une manipulatrice, il en existe, la femme ne peut jamais mentir », a lâché Julien Odoul face caméra. Une phrase filmée, largement relayée sous les hashtags #Odoul et #Bruel, qui a circulé bien au-delà des cercles habituels sur Twitter.
Pour appuyer son propos, le député a évoqué un précédent : « C’est arrivé, avec de faux témoignages. Je parle notamment de l’affaire Ary Abittan ». Une référence directe à un dossier où l’humoriste avait finalement bénéficié d’un non-lieu, que Julien Odoul utilise ici comme argument pour justifier la prudence face aux accusations. Le problème ? L’affaire Bruel repose sur plus de 30 plaintes, un volume que beaucoup jugent difficilement comparable à un cas isolé.

Bruel se défend, la présomption d’innocence au cœur du débat
De son côté, comme d’autres personnalités confrontées à des révélations difficiles, Patrick Bruel a choisi de répondre directement sur Instagram, sans détour ni langue de bois. « Jamais je n’ai forcé une femme », a-t-il assuré, avant d’ajouter : « Jamais je n’ai drogué, manipulé ou cherché à soumettre qui que ce soit. Je ne me suis jamais servi de ma notoriété pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties ».
Le chanteur a conclu son message avec une tonalité combative, évoquant son entourage et son public. « Je me défendrai, pour ceux qui me soutiennent, pour ma famille, pour mon équipe, pour mes amis, pour mon public avec lequel j’ai un lien fidèle et indéfectible », a-t-il écrit, avant de citer les principes qu’il entend défendre : « la présomption d’innocence, le droit à une enquête équitable, et la Justice ».
Sur les réseaux sociaux, les réactions aux propos de Julien Odoul n’ont pas tardé. Nombre d’internautes lui reprochent d’avoir instrumentalisé une exception, celle de l’affaire Abittan, pour jeter le doute sur l’ensemble des trente plaignantes de l’affaire Bruel. D’autres, au contraire, saluent un rappel « nécessaire » de la présomption d’innocence dans un contexte où, selon eux, l’accusé est parfois jugé avant même l’ouverture d’un procès.
Une chose est sûre : cette sortie médiatique replace le débat sur un terrain glissant, entre défense d’un principe juridique fondamental et accusation de minimiser la parole des victimes. La suite de l’instruction judiciaire dira si les propos d’Odoul auront pesé sur l’opinion publique, ou s’ils seront restés une simple polémique de plateau télé.
Entre principe juridique et polémique de plateau, l’affaire Bruel n’a visiblement pas fini de diviser. Reste à savoir si la justice, elle, tranchera plus sereinement que les réseaux sociaux.