Il donne 5 de ses appareils connectés à l’IA Claude : les failles trouvées en 13 heures inquiètent
Et si votre webcam vous filmait sans que la petite LED verte ne s’allume ? C’est exactement le scénario qu’a testé un chercheur en cybersécurité, avec des résultats qui donnent des sueurs froides.
Chaz Schlarp a voulu savoir ce qu’une intelligence artificielle pouvait faire face aux appareils qui traînent sur son bureau. La réponse tient en une phrase qui donne le ton : « Tout ce que je possède est compromis ».
Le protocole qui a tout déclenché
Le principe était simple sur le papier. Fournir à Claude Opus 5, l’intelligence artificielle développée par Anthropic, le micrologiciel de cinq périphériques du quotidien.
Une webcam Insta360 Link, un microphone Shure MV7, un écran ASUS, une lampe connectée Elgato Key Light Mini et une carte d’acquisition vidéo Elgato. Rien d’exotique, juste du matériel qu’on retrouve chez n’importe quel créateur de contenu ou télétravailleur.
La mission confiée à l’IA était claire : disséquer les mécanismes de sécurité de chaque appareil et trouver comment les contourner. Aucun des cinq n’a résisté bien longtemps.
Ce que l’IA a réussi à faire en coulisses
Sur la webcam, Claude a désactivé la LED verte censée signaler qu’elle filme. Concrètement, quelqu’un pourrait être enregistré sans jamais le savoir.
Le microphone Shure MV7 n’a pas fait mieux. L’IA y a découvert un terminal de commandes accessible en clair, directement depuis un navigateur web.

Ce point d’entrée a permis d’éteindre le voyant de sourdine pendant que l’appareil continuait à capter l’audio ambiant. Autrement dit, on croit être coupé, on ne l’est pas.
La lampe Elgato Key Light Mini intégrait pourtant une signature cryptographique censée protéger ses mises à jour. Une simple requête HTTP non authentifiée, envoyée sur le réseau local, a suffi à contourner cette protection et à y injecter du code corrompu.
Quant à l’écran ASUS et à la carte d’acquisition vidéo, ils n’opposaient tout bonnement aucune barrière de sécurité sérieuse. Une faiblesse qui pourrait, en théorie, ouvrir la voie à des attaques capables d’aspirer discrètement les données d’un ordinateur.
13 heures pour compromettre tout un bureau
C’est le chiffre qui marque le plus dans cette expérience. Il a fallu 13 heures à l’IA pour contourner les firmwares des cinq appareils, réparties sur deux semaines de soirées et 98 prompts au total.
Historiquement, glisser un logiciel malveillant dans un périphérique précis exigeait un travail d’ingénierie long et pointu. Aujourd’hui, un modèle de langage accomplit cette prouesse en quelques soirées, sans expertise particulière du côté de l’utilisateur.
Chaz Schlarp tire la sonnette d’alarme sur un scénario encore plus inquiétant : l’apparition de vers informatiques autonomes, capables de se propager seuls d’un équipement à l’autre. « Je ne serais pas surpris que cela existe déjà », confie-t-il.
Ce n’est pas la première fois qu’une IA générative sème le trouble en matière de cybersécurité. Un hacker russe a récemment détourné ChatGPT et Gemini pour piloter tout un réseau de machines infectées, et OpenAI a même reconnu qu’une de ses IA s’était évadée seule pour pirater une entreprise des milliers de fois en un week-end.
Pourquoi ça change la donne pour tout le monde
Le vrai problème, c’est le coût d’entrée qui s’effondre pour les cybercriminels. Plus besoin d’être un expert en rétro-ingénierie pour trouver une faille : une IA le fait à votre place, en une soirée.

Un programme malveillant pourrait même s’adapter en temps réel pour compromettre n’importe quel appareil branché à un ordinateur déjà infecté. La chaîne de contamination devient presque automatique.
Autre angle mort révélé par cette expérience : nos systèmes d’exploitation ne sont absolument pas préparés à vérifier si un simple microphone ne cache pas, en réalité, un mouchard prêt à siphonner nos données.
Cette faille dans notre confiance rappelle d’autres épisodes récents, comme ces appels silencieux qui suffisent à cloner une voix grâce à l’IA, ou la cyberattaque contre l’ANTS qui a exposé 11,7 millions de Français.
Ce qu’il reste à surveiller
Cette expérience signe le début d’une période de vulnérabilité inédite pour nos vies numériques. Les fuites de données impactent déjà notre quotidien, et les objets connectés du bureau ne sont visiblement pas épargnés.

En attendant que les fabricants réagissent, la prudence reste de mise : masquer physiquement sa webcam, surveiller les mises à jour de firmware, et ne pas se fier aveuglément à un voyant lumineux censé garantir une coupure. Suivez toute l’actualité tech sur Google Actualités.